Orson Welles

en collaboration avec Arte

Véritable mythe, Orson Welles aurait eu 100 ans le 6 mai dernier. Producteur d’émissions de radio, acteur, réalisateur, écrivain, scénariste, prestidigitateur, jeune premier devenu ogre, génie maudit d’Hollywood, mari de Rita Hayworth, Welles qui disait de lui-même : « J'ai commencé au sommet et après, je n'ai fait que descendre » est aujourd’hui encore considéré comme un des mètres étalon du cinéma. 100 ans, c’est l’occasion de redécouvrir les constellations d’un homme total et insaisissable, cinéaste fondamental et aventurier du XXe siècle.

< La sélection >

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  • La Guerre des Mondes

    Herbert George Wells - 1898
    Bien avant d’être modernisé au cinéma par Steven Spielberg en 2005, le classique de Herbert George Wells, La Guerre des Mondes, a d’abord été adapté en 1938 pour la radio par le jeune Orson Welles. L’invasion de la terre par des Martiens franchement hostiles, prend, grâce au génie sonore de Welles, une dimension réaliste et effrayante qui provoqua chez les auditeurs éberlués une énorme panique devenue légendaire. C’était le premier coup de tonnerre d’un jeune prodige qui n’en restera pas là...
  • Othello

    William Shakespeare - 1604
    L’ombre de Shakespeare plane sur la vie et l’œuvre d’Orson Welles, fasciné par l’univers grotesque, magique et profondément existentiel du dramaturge anglais. La légende veut qu’il ait mis en scène et interprété seul Le Roi Lear à l’âge de sept ans, tandis qu’il monte Macbeth en version haïtienne à Harlem à 21 ans. Mais c’est au cinéma que la passion shakespearienne de Welles va s’épanouir pleinement en particulier avec Othello, la plus belle de ses trois adaptations cinématographiques. Othello, Desdémone, Iago, déploient leurs passions et leurs intrigues dans l’architecture complexe d’Essaouira, au Maroc. Et l’une des plus grandes pièces de Shakespeare devient un des plus beaux films de Welles.
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    Le Roman d’un Tricheur

    Sacha Guitry - Video - 1936
    Parmi les influences revendiquées par Orson Welles figure en tête de liste, Le Roman d’un Tricheur de Sacha Guitry. Flash-back, voix-off, caméra subjective, générique parlé, autant de procédés inaugurés par Guitry dans cette autobiographie drolatique d’un joueur et d’un menteur et repris par Welles dès Citizen Kane et dans la plupart de ses films suivants. La rencontre physique entre les deux monstres sacrés aura lieu un peu plus tard, dans la première moitié des années 50, puisque Sacha finira par confier à Orson le rôle de Benjamin Franklin dans Si Versailles m’était conté.
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    Apocalypse Now

    Francis Ford Coppola - 1979
    Un peu avant Citizen Kane, Orson Welles a eu le projet d’adapter Au Cœur des Ténèbres, la fascinante plongée de Joseph Conrad dans une Afrique fantôme. Le projet ne vit finalement pas le jour. Mais c’est à Francis Coppola qu’il reviendra, quarante plus tard, de mener une adaptation très personnelle du chef-d’œuvre de Conrad sous le nom d’Apocalypse Now. Même s’il est habité par les effluves de la guerre du Vietnam, le film de Coppola est wellesien par sa démesure et sa folie. La preuve : Coppola, barbu et bedonnant, a fini par devenir une réincarnation physique du maître Welles.
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    Bon Anniversaire, Richard !
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    Magic in the Moonlight

    Woody Allen - Video - 2014
    Même si les liens entre Woody Allen et Orson Welles ne relèvent pas de l’évidence absolue, Magic in the Moonlight, l’avant-dernier film du New-Yorkais tisse un lien ténu entre les deux cinéastes. Welles était passionné de magie et de prestidigitation : il en a fait la matière de son dernier film, Vérités et Mensonges, et il aurait rencontré le grand Harry Houdini dans sa jeunesse. Or, le personnage de l’illusionniste dans Magic in the Moonlight est précisément inspiré par Houdini et ce n’est pas la première fois qu’Allen fraie avec ce genre de personnages... Et si, pour Woody comme pour Orson, le cinéma n’était qu’une forme de prestidigitation, un art de faussaire ?
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  • Alphaville

    Jean-Luc Godard - Studiocanal - 1965
    Dans Alphaville, film de science-fiction très personnel, Godard a fait un certain nombre d’emprunts à Welles. D’abord, il a choisi le compositeur de Mr. Arkadin, Paul Misraki. Ensuite, il a récupéré pour le casting d’Alphaville un des acteurs mythiques du cinéma de Welles : Akim Tamiroff, figure excentrique d’Arkadin et de La Soif du mal. Et surtout, le film est totalement imprégné du style rapide et expressionniste du maître. En ce milieu des années 60, Godard était bien un des fils spirituels de Welles, comme, par exemple Roman Polanski ou, plus tard, Lars von Trier.
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  • That Bad Eartha

    Eartha Kitt - 1953
    Au début des années 50, Orson Welles découvre l’actrice-chanteuse Eartha Kitt et l’engage pour jouer le rôle de Hélène de Troie dans sa mise en scène théâtrale du Docteur Faustus de Christopher Marlowe. Il est fasciné par cette créature qu’il qualifiera de « femme la plus géniale du monde ». Très proches l’un de l’autre, ils n’auront pourtant pas d’histoire d’amour au sens classique du terme... Juste après, Eartha Kitt enregistre ses premiers albums parmi lesquels l’excellent That Bad Eartha où l’on peut retrouver sa version mythique de « C’est si Bon » ou encore la chanson de Cole Porter, « My Heart Belongs to Daddy », immortalisé quelques années par Marilyn Monroe dans Le Milliardaire de George Cukor.
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  • Histoire et dictionnaire de la tauromachie

    Robert Bérard - 2014
    On ne le sait pas forcément mais Orson Welles avait une véritable passion pour la tauromachie qu’il avait contractée lors d’un séjour à Séville au début des années 1930. Il cherche même à devenir torero mais, après deux blessures au cou et à la cuisse, il renonce à cette carrière. Dans cette Histoire et dictionnaire de la tauromachie, remarquable ouvrage encyclopédique, on pourra retrouver les héros de la geste tauromachique que Welles aura tellement aimé et, notamment, son ami de toujours Antonio Ordonez, grand torero qui fascinait également cet autre aficionado qu’était Ernest Hemingway.
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    Citizen Kane

    Orson Welles - Video - 1941
    Pierre angulaire de la modernité cinématographique, Citizen Kane a longtemps été considéré comme le plus beau film du monde. Même s’il a été récemment détrôné par le Vertigo d’Hitchcock, le premier long-métrage d’Orson Welles, inspiré par la vie du magnat William Randolph Hearst, reste un objet ébouriffant, un train électrique bourré de trouvailles éblouissantes. Du fameux « Rosebud » au goût des métamorphoses de l’acteur Welles en passant par l’utilisation sidérante de la profondeur de champ, tout le génie d’un cinéaste profondément baroque est déjà entièrement palpable dans Citizen Kane.
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    Franck Bouysse
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    La Soif du Mal

    Henry Mancini - 1958
    Dans La Soif du Mal, la musique d’Henry Mancini, entre rock n’roll et rythmes afro-cubains, est une pièce maîtresse qui contribue largement à la réussite du film noir majeur d’Orson Welles. C’est la première grande B.O. du futur auteur de « Moon River », encore sous contrat exclusif avec Universal, et, même si la légende veut que le cinéaste et le musicien se soient à peine rencontrés, le résultat est à la hauteur d’un film profondément musical et sonore qui longe la frontière américano-mexicaine avec un incomparable sens des climats moites et tordus.
  • En tête-à-tête avec Orson (1983 – 1985)

    Henry Jaglom , Orson Welles - 2015
    Pendant les deux dernières années de sa vie, au milieu des années 80, Orson Welles a déjeuné chaque semaine avec son ami cinéaste Henry Jaglom. Les conversations étaient enregistrées et auraient dû constituer la matière d’une autobiographie du cinéaste. Finalement, elles donneront lieu, beaucoup plus tard, à ce En tête-à-tête avec Orson, livre de conversations atypique et foutraque mais totalement passionnant où Welles balance beaucoup de vacheries mais fait également un bilan lucide de sa vie en tentant de casser le mythe de son autodestruction.

La Guerre des Mondes
Herbert George Wells

Othello
William Shakespeare

Le Roman d’un Tricheur
Sacha Guitry

Apocalypse Now
Francis Ford Coppola

Magic in the Moonlight
Woody Allen

Alphaville
Jean-Luc Godard

That Bad Eartha
Eartha Kitt

Histoire et dictionnaire de la tauromachie
Robert Bérard

Citizen Kane
Orson Welles

La Soif du Mal
Henry Mancini

En tête-à-tête avec Orson (1983 – 1985)
Henry Jaglom , Orson Welles

Dans cette sélection

  • Herbert George Wells | La Guerre des Mondes
  • William Shakespeare | Othello
  • Sacha Guitry | Le Roman d’un Tricheur
  • Francis Ford Coppola | Apocalypse Now
  • Woody Allen | Magic in the Moonlight
  • Jean-Luc Godard | Alphaville
  • Eartha Kitt | That Bad Eartha
  • Robert Bérard | Histoire et dictionnaire de la tauromachie
  • Orson Welles | Citizen Kane
  • Henry Mancini | La Soif du Mal
  • Henry Jaglom , Orson Welles | En tête-à-tête avec Orson (1983 – 1985)

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