16 janvier 2026
« Avec Foudroyants, j’ai voulu faire une série pour la jeunesse qui embarquerait tous les publics dans une grande aventure. Dans les épisodes à venir il sera beaucoup question d’écologie. »
Icare est un jeune berger qui vit sur l'Atlantide avec sa grand-mère. Épris de la ténébreuse Kalio et brutalisé par un camarade d'école, Icare fait l'expérience d'émotions telles qu'elles déclencheront en lui un pouvoir à la fois spectaculaire et terrifiant... Étincelles, foudre : il peut créer de l'élektricité ! Et peut-être alors ramener l'énergie qui a disparu dans sa civilisation ? Mais la mystérieuse et terrible armée de Neptune veille et risque fort de venir le chercher.
« Ursula K. Le Guin est une autrice de science-fiction qui, dès la fin des années soixante, a abordé les thèmes du féminisme et de l’écologie. Dans La main gauche de la nuit, paru en 1969, elle interroge déjà les questions de genre. Dans Les Dépossédés (prix Hugo et Nebula du meilleur roman 1975), Ursula K. Le Guin imagine une planète si peu riche en ressources que les gens se doivent d’être solidaires pour survivre. Ce qui pourrait être vu comme une contrainte, offre en fait aux habitants une vie plus riche, pleine de sens. Elle le fait dès 1974, et de manière très poétique ! Il faut (re)découvrir Ursula K. Le Guin ! »
« Je n’avais pas lu Stephen King avant de lire La Tour sombre, et comme j’aime beaucoup les grandes séries, j’ai été gâté. C’est génial. C’est une série que Stephen King a écrite sur une période d’une trentaine d’années, en même temps qu’il écrivait ses autres romans. La Tour sombre a donc influencé ses autres livres, comme ses autres livres ont influencé La Tour sombre. J’ai été littéralement happé. »
« D’une manière générale, je déteste autant les films de super-héros que je raffole des films d’animation. Mais ici les cartes sont rebattues. D’abord avec ce mélange d'images en 2D et 3D, ce qui était nouveau à l’époque de la sortie du film et qui lui donne un vrai charme. Nouveau aussi ce super-héros Noir qui changeait des canons de l’époque. Ça parle aussi de monde parallèle qui est un sujet qui me passionne vu que j’ai fait une BD sur la physique quantique. Ça me fait rêver ! »
« En ce moment je n’ai plus trop le temps de regarder des films, donc mes références sont un peu datées. Fargo est un film policier qui, à la manière des films des frères Coen en général, brouille les codes du genre, notamment avec ces personnages inattendus, comme cette enquêtrice enceinte, dans cette ville paumée et sous la neige. Ils prennent les codes du polar pour les inverser. Et ça marche. »
« À l’origine il s’agit d’un manga, mais l’adaptation en série animée est particulièrement réussie. C’est un shōnen à la Dragon Ball, vraiment pensé stratégie du combat, chaque personnage développant son propre pouvoir, son Nen, qu’il peut adapter à la situation. Dans l’animé, grâce aux mouvements, c’est encore mieux que dans le manga. Et puis les personnages sont hyper touchants. »
« J’aime les séries historiques et les récits bien documentés. Dans The Knick, on est projeté dans un grand hôpital New Yorkais du début du XXème siècle. On suit tout particulièrement deux médecins brillants et prometteurs, mais un est accroché à la cocaïne, et l’autre est Noir… On est avant les antibiotiques et au tout début de la radiologie. C’est une série à la fois très documentée et très crue qui m’a accroché… bien que j’ai toujours fui le monde médical - ma mère est radiologue ! Âme sensible s’abstenir. »
« J’ai poncé cet album tellement je l’ai écouté. Robert Wyatt est un énorme musicien qu’on a découvert dans Soft Machine, un groupe qui se permettait absolument tout, assez ésotérique, étrange, qui mêlait jazz, rock… Après un accident qui l’a laissé tétraplégique, Robert Wyatt a sorti cet album aux influences multiples qui est un pur moment de poésie. Et cette voix qui n’appartient qu’à lui, si douce… Il me touche énormément. On peut être un peu décontenancé à la première écoute, mais il faut replonger, insister, et on touchera la grâce ! »
« La Fève est rappeur de la new wave, qui renoue avec la trap d’Atlanta bien qu’il soit né dans le XXème arrondissement de Paris. C’est moins les paroles de ses morceaux que la mélodie de sa voix, son flow, sa façon de poser ses mots qui m’émeuvent. Quand j’écoute du rap, ça me donne vraiment la pêche. La Fève fait vraiment partie de ceux-là. »
« C’est le premier tome de l’autobiographie de Shigeru Mizuki, 80 ans, dont la vie extraordinaire s’inscrit dans l’histoire du Japon. Les trois tomes de cette autobio proposent un témoignage unique sur la mutation d'un monde, une extraordinaire fresque romanesque qui embrasse un siècle de chaos et d'inventions, une société qui allait donner naissance au manga. C’est d’ailleurs le seul manga qui m’a fait pleurer. »
« Le mot chef d'œuvre est souvent galvaudé, mais ici, avec L'homme sans talent, il est amplement mérité. C’est un joyau noir. Initialement publié en 1985 au Japon et traduit en français en 2004, c’est l’histoire d'un homme « inutile » qui vend des cailloux qu’il ramasse dans les rivières, vit de petits boulots, mais qui ne trouve plus l'énergie de reprendre son ancien travail de mangaka. Il ne veut plus être en conformité avec les exigences de la société japonaise. Le dessin est juste magnifique et le tout est d’une grande poésie. »
« Il s’agit d’un livre d’images qui présente un navire de la marine de guerre du début du 19ème siècle découpé en huit tranches verticales. Chacune montre les trois-ponts du vaisseau avec son équipage de huit-cents marins. J’aime tellement les récits documentés, historiques, qu’étant gosse j’ai lu, relu et rerelu À bord d’un vaisseau de guerre, notamment parce qu’à chaque lecture je pouvais me créer mon propre récit. C’est un peu Où est Charlie ? mais une version historique et très documentée ! »