Marc Villard

Poète influencé par la Beat Generation, grand amateur de rock et de jazz (de Willy DeVille à Miles Davis), auteur de nombreux romans noirs, Marc Villard s’est avant tout imposé au fil du temps comme un des plus brillants novellistes français, capable de croquer en quelques lignes, avec un art de l’épure consommé, le monde qui l’entoure. À l’occasion de la parution d’un nouveau recueil chez Gallimard, Ciel de réglisse, où l’on retrouve bon nombre de ses thèmes de prédilection (Les habitants des quartiers interlopes et populaires de Paris, le jazz…), Marc Villard nous livre sa sélection.

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En Physique

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En Physique
  • Ciel de réglisse

    Marc Villard - Livre - Gallimard - 2023

    De la Syrie au Nouveau Mexique, de Barbès à Marseille, de la Chine du XIIIe arrondissement de Paris à Barcelone, en huit nouvelles Marc Villard brouille les frontières et redistribue les cartes du destin transformant une travailleuse sociale bénévole en mère adoptive, un chercheur en hydrogène du CEA en espion amoureux, ou encore en envoyant un joueur de trompette derrière les murs de Fleury. En huit pages comme en soixante, Marc Villard raconte le monde qui nous entoure et que beaucoup ne voient pas. Lui, si.

  • Kaddish

    Allen Ginsberg - Livre - Christian Bourgois - 1956

    Kaddish, c’est un recueil de poèmes que Ginsberg a publié dans les années cinquante. À cette époque, je lisais plutôt de la littérature française et, avec Ginsberg, j’ai non seulement découvert la littérature américaine, mais aussi la poésie américaine, notamment celle des écrivains de la Beat Generation. Ça a été fondateur pour moi parce que c’est un recueil de poèmes en prose, une prose poétique, narrative, dans laquelle il parle, entre autres, de sa mère qui a été longuement internée en psychiatrie. Mais c’est surtout la technique d’écriture de Ginsberg qui m’a frappé. J’en étais resté à des poètes comme René Char que j’aimais bien mais qui travaillait beaucoup sur le secret et la nature puisqu’il était provençal. Avec Ginsberg je débarquais dans autre chose, c’est le côté narratif de cette poésie qui m’a intéressé. À peu près au même moment, je lisais Solitudes de Bob Kaufmann, un autre poète américain de cette époque. La découverte de la poésie des beatniks m’a poussé moi-même à écrire, et j’ai donc écrit de la poésie durant une dizaine d’années.

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    Le Privé

    Robert Altman - Video - Potemkine films - 1973

    Cette adaptation du roman The Long Goodbye a été pas mal décriée par les puristes, notamment parce que dans les romans de Chandler, Philip Marlowe ne tue jamais personne. Or dans cette version réalisée par Robert Altman, à la fin du film Marlowe tue son ami qui l’a trahi. À mon sens, la vraiment bonne idée qu’a eu Altman, c’est de confier le rôle de Marlowe à Elliott Gould dont la dégaine décontractée, cravate desserrée et clope au bec, ne collait a priori pas à l’image plus classique qu’on avait du personnage. J’ai vu ce film tellement de fois que toutes les scènes me mettent en joie. Le Privé donne une assez bonne idée de la faune friquée de la Californie à cette époque, dans les années Flower Power. Même la fin avec Marlowe frustré et déçu ne m’a jamais gêné. C’est un film qui n’est pas d’hier mais qui pour moi est important.

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    Inherent Vice
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    L'Ami américain

    Wim Wenders - Video - Carlotta films - 1977

    Ce film est une adaptation par Wim Wenders du roman de Patricia Highsmith, Ripley s’amuse. C’est Dennis Hopper qui tient le rôle de Ripley. Bruno Ganz joue, lui, le rôle d’un encadreur atteint d’une maladie incurable prêt à commettre un meurtre contre une somme d’argent qui mettrait sa famille à l’abri du besoin. Le personnage de Bruno Ganz est assez pathétique, coincé dans une spirale de la terreur et qui va tout faire pour ne pas mourir. Il y a notamment cette scène où pour endormir son enfant, Bruno Ganz allume une lampe dont la chaleur fait tourner un petit train en ombre chinoise sur l’abat-jour. Cette séquence me touche parce que, plus jeune, j’étais allé voir le poète Bernard Delvaille chez lui, avec mon fils de 7 ans, et, pour l’amuser, Bernard Delvaille lui avait allumé exactement la même lampe. Ce sont ces petites choses, un peu nostalgiques, qui font que parfois on reste attaché à un film.

  • Sylvia

    Howard Fast - Livre - Rivages Noir - 1962

    Howard Fast est aussi l’auteur de Spartacus. Dans Sylvia, il imagine qu’un milliardaire engage un détective privé, Alan Macklin, pour constituer un dossier sur la femme qu’il envisage d’épouser. Boulot désagréable, mais Macklin n’a pas les moyens de refuser. Pour démarrer son enquête, le privé ne dispose que d’un recueil de poésies de la jeune femme, sa photo, et une carte manuscrite. Au fil de son enquête, Macklin découvre, en remontant la vie de cette femme, qu’elle a eu un parcours difficile qui ne ressemble en rien à celui du milliardaire qu’elle s’apprête à épouser. Et, bien sûr, plus il avance dans son enquête, plus il devient amoureux d’elle. La fin est très émouvante mais je ne la raconterai pas ici.

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    Sketches of Spain

    Miles Davis - Audio - Columbia - 1959

    Il y a des morceaux mythiques sur ce disque, comme « Solea » qu’aimait beaucoup Jean-Claude Izzo, « Concierto de Aranjuez », « The Pan Piper »de Gil Evans qui dirige l’orchestre et signe les arrangements. L’ensemble constitue un disque plus abordable que certains albums de jazz, Sketches of Spain est un disque lumineux, très solaire. C’est le premier album de Miles Davis que j'ai découvert dans les années soixante, celui qui m’a ouvert le champ de son œuvre. Il existe aussi un enregistrement live enregistré à Montreux de Sketches of Spain avec Miles et un grand orchestre dirigé par Quincy Jones que je regarde souvent.

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    Jean-Michel Jarre in English (EN)
    Jean-Michel Jarre
    Pedro Almodovar
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    Stick To Me

    Graham Parker And The Rumour - Audio - Mercury - 1977

    Graham Parker est un des piliers de cette scène typiquement anglaise qu’était le pub rock. En plus d’avoir l’énergie de deux guitares (dont celle de Brinsley Schwarz), Parker s’était adjoint une section de cuivres qui donnait toute son ampleur à son répertoire. C’était un rockeur très influencé par le rythm ‘n’ blues et la soul music. Deux titres sur cet album sont indépassables : « Stick To Me » et « The Heat in Harlem », deux titres formidablement construits que j’écoute toujours. 

  • Oiseaux des Mohicans

    Daniel Biga - Livre - 1970

    Daniel Biga est un poète niçois proche de la bande de Ben. Il a créé et animé une revue qui s’appelait « Chorus » avec, notamment, Franck Venaille. A peu près à la même époque, il a publié ce recueil de poèmes, Oiseaux Mohicans, une sorte de poésie pop, un peu l’équivalent à la française de la poésie beatnik. Une poésie urbaine, assez sentimentale, assez intime aussi, c’était nouveau à l’époque, au début des années soixante-dix. Après avoir animé une maison de la poésie à Nantes, Daniel Biga est retourné dans le Sud. Il a vraiment été pour moi un poète marquant.

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    Les Combattants

    Thomas Cailley - Video - France Télévision distribution - 2015

    Ce qui me plait dans ce film, c’est que tout est inversé. C’est l’histoire d’un garçon (Kévin Azaïs), dont le père vient de mourir, qui fait des travaux de menuiserie chez un particulier dans le Sud de la France. Là, il croise la fille de la maison interprétée par Adèle Haenel. Lui est un peu fragile quand elle est une super battante qui se prépare pour la fin du monde et s’entraîne à la dure. Elle est prête, lui est un peu suiviste, fasciné par cette fille. Tous les deux vont s’inscrire à une préparation militaire, et peu à peu cette préparation va les rapprocher. Le traitement des personnages est subtil, ce n’est pas une jeune fille fragile, et lui, sans être efféminé, n’est pas non plus un va-t’en guerre. Et ce couple un peu bancal va vivre une aventure qu’on ne souhaite à personne, mais qui leur permettra d’aborder la vie d’une façon plutôt saine. 

  • Dieu gît dans les détails : La Borde, un asile

    Marie Depussé - Livre - P.o.l - 2014

    À une certaine période de ma vie, je me suis beaucoup intéressé à tout ce qui concernait la psychiatrie. Marie Depussé nous parle ici de La Borde, une clinique avec une psychiatrie ouverte, créée par Jean Oury et Félix Guattari qui tous les deux dirigeaient ce centre. J’ai un ami qui a passé dix ans à La Borde et qui a eu du mal à s’en défaire, parce que quand on est entouré de gens qui sont ouverts, vous encouragent, jouissant en plus d’une certaine liberté, c’est formidable. C’est tout ça que décrit Marie Depussé dans son livre, des moments qui surgissent entre les malades, les soignants, Guattari… C’est très factuel mais j’ai trouvé ça passionnant. 

  • Le Vin des rues

    Robert Giraud - Livre - Le dilettante - 1955

    Robert Giraud est un journaliste qui s’est installé à Paris et qui est devenu au fil des ans un pilier de bistrot, un habitué des bars à vin, à l’époque où les Halles existaient encore. Robert Giraud a connu aussi les apaches de la nuit, les fortifs, Fréhel… Tout un univers. C’était un titi parisien doublé d’un bon écrivain, qui un jour a rencontré Robert Doisneau et lui a servi de poisson pilote dans ce Paris des lieux marginaux. D’ailleurs Doisneau citait souvent Robert Giraud quand il était interviewé. J’adore ce côté parisien… moi qui suis né à Versailles et qui ai trouvé ma ville de coeur quand, à 20 ans, je suis arrivé à Paris.

  • Façon de perdre

    Julio Cortázar - Livre - Gallimard L'imaginaire - 1977

    Julio Cortázar, argentin, parle beaucoup de l’Amérique du Sud. Dans ce recueil, il y a des textes rédigés contre les dictatures, et une nouvelle que j’aime beaucoup d’un combat de boxe organisé par Alain Delon entre Carlos Monzón et José Nápoles. Au commencement, on pense que le drame se joue sur le ring et puis on comprend qu’il se joue en fait dans la salle entre deux hommes qui ont à voir avec l’espionnage. Cortázar est un fabuleux narrateur qui ne cherche pas à être aussi cultivé que Borgès. Il est plus concerné par la vie au quotidien. C’est un des recueils de nouvelles les plus importants pour moi avec La Ronde et autres faits divers de Le Clézio. 


Ciel de réglisse
Marc Villard

Kaddish
Allen Ginsberg

Le Privé
Robert Altman

L'Ami américain
Wim Wenders

Sylvia
Howard Fast

Sketches of Spain
Miles Davis

Stick To Me
Graham Parker And The Rumour

Oiseaux des Mohicans
Daniel Biga

Les Combattants
Thomas Cailley

Dieu gît dans les détails : La Borde, un asile
Marie Depussé

Le Vin des rues
Robert Giraud

Façon de perdre
Julio Cortázar

Dans cette sélection

  • Marc Villard | Ciel de réglisse
  • Allen Ginsberg | Kaddish
  • Robert Altman | Le Privé
  • Wim Wenders | L’Ami américain
  • Howard Fast | Sylvia
  • Miles Davis | Sketches of Spain
  • Graham Parker And The Rumour | Stick To Me
  • Daniel Biga | Oiseaux des Mohicans
  • Thomas Cailley | Les Combattants
  • Marie Depussé | Dieu gît dans les détails : La Borde, un asile
  • Robert Giraud | Le Vin des rues
  • Julio Cortázar | Façon de perdre

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