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Rêves d’étoiles

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Entre les succès des films Gravity et Interstellar, il y a eu surtout, le 12 novembre dernier, l’épopée merveilleuse et bien réelle de ce petit robot, Philae, lâché par la sonde Rosetta sur la surface de la comète « Chury », après un voyage de dix ans dans l’espace. Des robots avaient déjà foulé le sol de Mars, comme Spirit et Opportunity en 2004 ; la sonde Voyager 1, lancée en 1977 et qui est sortie du système solaire en 2012 pour poursuivre son voyage hors de notre galaxie… L’espace intersidéral, sorte d’horizon indépassable puisqu’infini, nourrit nos rêves et nos fantasmes depuis la nuit des temps, et la science flirte toujours avec la poésie, car c’est peut-être dans le scintillement d’une étoile que nous saurons d’où nous venons… Alors soyons cosmiques !

Into the wild

Sean Penn
2007 -
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Rivers and Tides

Thomas Riedelsheimer
2001 -
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Besoin de mirages

Gilles Lapouge
1999 - Seuil
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Art robotique

Jusqu’au 4 janvier 2015 - Cité des Sciences et de l’Industrie
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La Machine à explorer l’espace

Christopher Priest
1976 - Folio SF
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Dune

David Lynch
1984 -
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The Rise and Fall of Ziggy Stardust and The Spiders from Mars

David Bowie
1972 -
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The Phoenix

Fhloston Paradigm
2014 -
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Aldebaran

Leo
1999 - Dargaud
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Autobiographie d’une machine ktistèque

Raphaël A. Lafferty
1971 - Actes Sud
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Éloge du carburateur

Matthew B. Crawford
2009 - La Découverte
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Ma vie de chien

Lasse Hallström
1985 -
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I, ROBOT

Alex Proyas
2004 -
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Chronique des atomes et des galaxies

Hubert Reeves
2007 - Seuil
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Léviathan 99

Ray Bradbury
2004 - Folio SF
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Into the wild

Sean Penn - 2007 -

En 1992, un certain Christopher McCandless, étudiant brillant nourri des écrits de Thoreau et obnubilé par l’idée du retour à la nature, décide de partir pour un périple dans le fin fond de l’Alaska. Il vit à bord d’un autobus, se nourrit de baies et de gibier qu’il chasse avec plus ou moins de bonheur. Quand des chasseurs retrouvent son corps, des mois plus tard, un journaliste décide de remonter la piste de cet idéaliste ayant choisi l’ « appel du monde sauvage » cher à Jack London. Le destin tragique d’un homme qui refusait de vivre une vie qui aurait été tracée et décidée par d’autres, « celle qu’on vit quand on décide de rester ».

Rivers and Tides

Thomas Riedelsheimer - 2001 -

Des sculptures de pierres assemblées qui forment des œufs de taille humaine, des feuilles mortes tissées entre elles et qui dessinent une longue tige ondulante portée par le courant d’une rivière... Pour l’Anglais Andy Goldsworthy, chantre du land art connu en France pour les refuges d’art qu’il a créés en Haute-Provence, ce qui fait la beauté d’une œuvre éphémère est aussi ce qui va la détruire, comme la lumière du soleil traversant une sculpture faite de stalactites de glace, et qui la rend étincelante avant de la faire fondre. De quoi nous guérir de l’envie de toujours vouloir comprendre le mouvement de la Nature et de l’Univers, pour accepter de simplement l’accompagner.

Besoin de mirages

Gilles Lapouge - 1999 - Seuil

L’écrivain-voyageur, né en 1923, écrit : « Mes géographies sont plates, je suis hostile aux globes terrestres ». Il n’a cessé, des décennies durant, de tailler la route, et il a collectionné les mirages, comme d’autres le font avec des pierres ou des papillons. Il est allé les « cueillir » entre l’Inde et l’Amazonie, l’Islande et le Sahara. Cela pouvait être une fausse nappe d’eau dans le désert, ou la beauté d’une jeune femme entrevue rapidement, alors que le vent lui arrachait les paupières. « Récolter des mirages, écrit encore Lapouge, nécessite de savoir se perdre, d’ignorer la géographie, d’oublier sa mémoire ».

Art robotique

- Jusqu’au 4 janvier 2015 - Cité des Sciences et de l’Industrie

Les artistes sont de plus en plus nombreux à lier leurs performances et leurs œuvres aux technologies telles que l’électronique, l’informatique, la bionique ou la robotique. Si Tinguely fait figure de parrain éloigné, ayant joué sur la mécanique et l’optique, on est émerveillé par l’imaginaire d’un Theo Jansen, par l’art digital de Till Nowak, par les « Cosmic Birds » de Shun Ito ou les « Nonsense machines » de Maywa Denki. L’occasion aussi de voir fonctionner la « Totemobile » de Chico MacMurtrie, une sorte de DS qui se déplie et se déploie jusqu’à se transformer en totem de 18 mètres de haut, ou les œuvres graphiques réalisées en direct par la machine du collectif Robotlab. Soit l’expo du futur, avec des œuvres qui sont soit des robots, soit conçues par des robots...

La Machine à explorer l’espace

Christopher Priest - 1976 - Folio SF

En 1893, sous le règne de Victoria, Edward, un représentant de commerce, et sa collègue, la belle Amélia, sont envoyés sur Mars avec une machine à explorer le temps, parce qu’on y a observé des canaux artificiels et qu’on pense y trouver de la vie. Ils mettront à jour une conspiration liée à l’invasion de la Terre, en découvrant les tripodes, ces machines de guerre martiennes. Un bel et original hommage à Wells, qui est aussi l’un des personnages du roman.

Dune

David Lynch - 1984 -

L’ « épice », la substance qui permet de voyager dans l’univers, et donc la plus convoitée, ne se trouve que sur Dune, une planète plutôt inhospitalière. Un maître absolu, l’empereur Shaddam IV, extermine un peuple, les Atréides, mais devra compter sur un rescapé du massacre décidé à rétablir la justice. Devenu, certes, un peu kitch, et moins subtil que le roman de Frank Herbert dont il est adapté, il demeure l’un des films les plus emblématiques et spectaculaires du space opéra, avec ses paysages interstellaires et ses combats à l’échelle de l’espace infini. Et, de l’écrasement des peuples à la puissance du messianisme, on apprécie toujours la parabole...

The Rise and Fall of Ziggy Stardust and The Spiders from Mars

David Bowie - 1972 -

Avant de devenir un concept-album, il s’agissait d’abord d’une sorte de cabaret rock futuriste et décadent, lancé en février 1972. Bowie y incarnait sur scène un personnage androgyne venu du fin fond de l’espace pour annoncer à l’Humanité qu’elle n’avait plus que cinq ans à vivre. Les morceaux qui s’articulent autour de Five Years tissent peu à peu une histoire, celle de la dernière rock star avant l’Apocalypse. Passionné d’Asimov et de Bradbury, à la fois fan de 2001, L’Odyssée de l’Espace et d’Orange Mécanique, rêvant d’une science-fiction faite rock, Bowie entendait créer « une version spatiale de West Side Story ».

The Phoenix

Fhloston Paradigm - 2014 -

La révélation de ce que pourrait être, aujourd’hui, la « pop intergalactique »... Un projet convaincant, lancé par ce drôle de DJ et producteur de Philadelphie, King Britt, littéralement obsédé par l’imagerie et la musique des films de science-fiction. Le nom du groupe est un clin d’œil au Cinquième élément de Luc Besson. Issu d’un travail réalisé en s’inspirant des bandes-son des films de SF, on obtient, de Race to The Moon à Light On Edge, ce qui ressemble, gage-t-on, à la véritable musique de l’espace. Sacrément plus crédible que Vangelis...

Aldebaran

Leo - 1999 - Dargaud

Peut-être l’une des meilleures bandes-dessinées intergalactiques... La planète Aldébaran a été colonisée à la fin du XXe siècle. Deux générations plus tard, dans un village de pêcheurs, d’étranges phénomènes se produisent : la mer se transforme, créant de mystérieuses sculptures d’eau, et devient peu à peu gélatineuse, puis solide… Des aventures qui mèneront les personnages à la rencontre de la « mantrisse », une curieuse créature qui n’a rien à envier au formidable bestiaire créé par Leo, qui a poursuivi cette formidable saga avec les cycles de Bételgeuse et Antarès. Une fable écolo à l’esprit joliment « naturiste », serait-on tenté de dire avec bienveillance.

Autobiographie d’une machine ktistèque

Raphaël A. Lafferty - 1971 - Actes Sud

Cet incroyable roman est la première autobiographie jamais écrite par une machine… Créée par l’Institut de la Science Impure, c’est une machine pensante qui englobe toutes les consciences, qui est censée nourrir le goût du savoir des hommes et surtout apporter la « Réponse » à l’Humanité : « Je suis en harmonie complète avec chaque colline héroïque et chaque personne miroitante du monde. Je suis proprement amoureux de chaque pierre et nuage et enfant et homme et femme et animal et rivière et microbe et bête d’amour ». C’est poétique, culte et dingo : si la SF avait son propre OVNI littéraire, ce serait cette œuvre-ci...

Éloge du carburateur

Matthew B. Crawford - 2009 - La Découverte

Sous-titré « Essai sur le sens et la valeur du travail », ce livre n’a rien de la bible réactionnaire ultra-libérale… Au contraire. Écrit par un ancien consultant qui a tout plaqué pour ouvrir un atelier de réparation de motos, il raconte sa reconversion tout en réfléchissant aux vertus du travail et de la réparation manuelle des objets, dans une société où tout va trop vite, où tout est jetable, et où domine une économie du savoir, intellectuelle, qui nous déresponsabilise et nous appauvrit. C’est aussi une salutaire réhabilitation de l’erreur humaine, contre le mythe de l’infaillibilité du robot.

Ma vie de chien

Lasse Hallström - 1985 -

D’après le roman autobiographique de Reidar Jönsson... L’histoire d’un petit garçon, dans un village de Suède habité par une communauté farfelue, dont la mère est malade. Il tente de vivre son existence de môme en évitant de répéter les erreurs des adultes, et en enchaînant, au résultat, les bêtises. Toutes ses souffrances et émotions enfouies, l’enfant les cristallise à travers le sort de son héroïne absolue, Laïka, la petite chienne envoyée dans l’espace par les Soviétiques en 1957 et qui est morte quelques heures après la mise en orbite.

I, ROBOT

Alex Proyas - 2004 -

Le film s’est largement inspiré des romans et nouvelles d’Isaac Asimov (1920-1992), notamment de son Cycle des robots. L’écrivain américain avait défini ainsi ses fameuses « Trois lois de la robotique » : « 1/ Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger. 2/Un robot doit obéir aux ordres donnés par des êtres humains, sauf quand ces ordres sont en contradiction avec la Première Loi 3/Un robot doit protéger sa propre existence tant que cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi ». Lorsqu’un robot échappe à cette loi et se met à tuer, s’agit-il d’une défaillance humaine ou de l’émancipation d’une « machine » ?

Chronique des atomes et des galaxies

Hubert Reeves - 2007 - Seuil

Quand le plus grand astrophysicien mondial nous raconte la folle histoire du cosmos –et la nôtre !- en nous emmenant dans les étoiles, c’est de la poésie à l’état pur, de la courbure de l’espace à la matière et à l’énergie dites « sombres », en passant par les univers parallèles, les germes de galaxie, les univers-miroirs… Où il est aussi question du tourisme spatial, d’Einstein ou de l’éclipse de soleil de 1919. Avec une seule et saine obsession : « Prendre résolument, et sans faillir, le parti d’embellir la réalité ».

Léviathan 99

Ray Bradbury - 2004 - Folio SF

Dans cet extraordinaire recueil de nouvelles écrites entre 1946 et 2003, on déniche cette petite perle, qui donne son titre au recueil : un capitaine fou aux commandes d’un vaisseau spatial, le Cetus 7, qui traque obsessionnellement une comète immaculée, « la charmante destructrice d’univers, la dévoreuse de soleils », qui lui a jadis ôté la vue... Entre lui et elle, c’est à la vie à la mort. Soit Moby Dick, transposé dans l’Espace intersidéral...