Jean-Luc Godard

Cette année encore, à Cannes, Godard a créé l’événement. Tout d’abord avec son dernier film, Adieu au langage, Prix du Jury ex-aequo avec Mommy le film de Xavier Dolan, mais également avec sa lettre filmée à Gilles Jacob pour expliquer son absence aux festivités cannoises. Depuis la fin des années 50 et l’irruption de la Nouvelle Vague, le plus français des réalisateurs suisses poursuit une trajectoire faite d’inventions et de ruptures successives. A 83 ans, Godard reste le plus mythique des cinéastes encore en activité, un des très rares artistes qui a irrémédiablement changé le visage du cinéma.

les oeuvres
les thèmes

# Le musée

Le cinéma de Godard est fait d’emprunts aux autres arts. Son art de la citation, du montage, du collage insolite entre les œuvres se rapproche parfois du travail d’un commissaire d’exposition. Il a d’ailleurs plus directement tenté l’expérience au Centre Pompidou en 2006, avec l’exposition Voyages en utopie en forme d’écriture du désastre. Sans oublier, bien sûr, sa grande œuvre, Histoire(s) du cinéma, conçue comme une immense exposition aux courts-circuits puissamment “godardiens”.

Livre - Gallimard - 1947
Le Musée imaginaire
André Malraux
Film -
Œuvres cinématographiques complètes
Guy Debord
Exposition -
Exposition Henri Langlois à la Cinémathèque
Livre - 1982
La ronde de nuit
Rembrandt

# Femmes

Trois femmes ont particulièrement compté dans la vie et l’œuvre de Godard. D’abord, Anna Karina qui fut sa muse absolue du Petit soldat à Made in USA. Ensuite, Anne Wiazemsky qui, de La Chinoise à Vent d’Est, accompagne son basculement vers l’extrême-gauche. Enfin, Anne-Marie Miéville que le cinéaste rencontre vers 1972 et avec laquelle il va faire un long chemin, au point de cosigner avec elle certains de ses films.

Livre - Gallimard - 2012
Une année studieuse
Anne Wiazemsky
Film - 1965
Pierrot le fou
Luc Godard Jean
Film - 1962
Cléo de 5 à 7
Agnès Varda

# Nouvelle Vague

De l’aventure des Cahiers jaunes sous influence d’Henri Langlois, jusqu’à Pierrot le fou, Godard est, avec Truffaut, le pivot du groupe de cinéastes qui forme la Nouvelle Vague. Entre complicité, emprunts, disputes, influences, ils incarnent, Godard en tête, un moment décisif de l’histoire du cinéma dont l’énergie circulera un peu partout dans le monde, en Italie, en Europe de l’Est, aux USA, en Amérique latine, et même en Asie.

Livre - Grasset - 2010
Godard, biographie
Antoine de Baecque
Livre - Hatier - 1988
Correspondance
François Truffaut
Film - 1973
Mean Streets
Martin Scorsese

# Musiques et mixages

Dans les films de Godard, la musique est omniprésente. Mixeur invétéré et musicien dans l’âme, Godard a intégré toutes sortes de genres musicaux dans ses films, des quatuors de Beethoven aux Rolling Stones ou les Rita Mitsouko, en passant par les chansons de Serge Rezvani ou les bandes originales signées Antoine Duhamel – Pierrot le fou, Week-end) – ou Gabriel Yared – Sauve qui peut(la vie). Il a lui-même influencé de nombreux musiciens qui s’inspirent régulièrement des bandes-son de ses films.

Disque - Tzadik - 1985
Godard ça vous chante ?
John Zorn
Disque - ECM - 2000
Histoire(s) du cinéma
Disque - Illusions - 2013
Vaguement Godard
Stephan Oliva
Disque - 1968
Beggars Banquet
Rolling Stones

# Autobiographie ou autoportrait

Dans les années 60, la vie et l’œuvre de Godard se confondent en un mélange détonant. Pourtant, à l’exercice autobiographique, il préfère celui de l’autoportrait. Que ce soit à travers ses acteurs, Jean-Paul Belmondo dans Pierrot le fou ou, mieux encore, Jacques Dutronc dont le personnage s’appelle Paul Godard dans Sauve qui peut(la vie). Ou plus directement encore comme dans Prénom Carmen où le cinéaste joue le rôle de l’oncle Jean. Sans oublier, en 1994, l’essai cinématographique JLG/JLG, sous-titré Autoportrait de décembre.

Livre - Grasset - 2010
Godard, biographie
Antoine de Baecque
Film - 1965
Pierrot le fou
Luc Godard Jean
Film - 1979
Sauve qui peut (la vie)
Luc Godard Jean

Pendant ce temps là ...