« Ce n’est pas de l’art, c’est du rock’ n’ roll » Iggy Pop

Le son des Stooges doit à la fois au blues de Bo Diddley, au free jazz de Sun Râ, à la fureur électrique des MC5, et … aux marteaux-pilons des usines de Détroit. Sur scène, envoûté par cette puissance tellurique, Iggy Pop, tel un derviche tourneur psychédélique, aimantait toutes les haines et libérait de toutes les frustrations. Depuis, des groupes ont joué plus vite, plus fort, mais peu d’entre eux rendirent au rock n’ roll sa dangerosité originelle comme le firent les Stooges. C’est l’histoire de ce groupe unique que raconte Gimme Danger, le documentaire que Jim Jarmusch leur a consacré. Let’s rock n’ roll !

les oeuvres
les thèmes

# Du bruit et de la fureur

Pour couvrir la fureur du bruit des moteurs et des marteaux-pilons qui pliaient les tôles d’acier, il fallait des musiques puissantes. Celles des Stooges, du MC5, de Mitch Rider, d’Alice Cooper, de Ted Nugent… C’est également à Détroit que Jack White (The White Stripes) a façonné le son abrasif de son jeu de guitare. Fureur un jour, fureur toujours.

Video - 2017
Gimme Danger
Jim Jarmusch
Audio - 1969
The Stooges
The Stooges
Audio - 2001
Ultraglide In Black
The Dirtbombs

# Black Music

Dans les années trente, les Noirs du sud des Etats-Unis partirent en masse chercher du travail dans les usines des grandes villes du nord du pays. C’est donc à Chicago ou Détroit qu’ils s’installèrent, que le blues devint électrique et que la soul, puis le funk, virent le jour. Par la suite, Motown déménagera sous le soleil de Los Angeles et la ville s’enfonçant dans la crise, les pionniers de la techno feront trembler les murs des entrepôts abandonnés.

Video - 2002
Standing in the Shadows of Motown
Paul Justman
Video - 2002
8 Mile
Curtis Hanson
Audio - 2010
Interstellar Fugitives 2
Underground Resistance

# Ghost Town

En une quarantaine d’années, Détroit est passée du statut de capitale mondiale de l’automobile à celui de première ville en faillite des Etats-Unis. Sous les coups de boutoir de la mondialisation, les fermetures d’usines se sont succédées, la population a déserté, la criminalité grimpé en flèche et Détroit est devenue la ville fantôme la plus dangereuse d’Amérique. Une blague circulait pour illustrer la désertification de la ville : que le dernier à partir éteigne la lumière.

Livre - Allia - 2015
Fordetroit
Alexandre Friederich
Video - 2013
Only Lovers Left Alive
Jim Jarmusch

# La ville usine

Chicago avait ses abattoirs, Détroit, ses usines d’automobiles. Ford, Parckard, Dodge, Chrysler et les autres constructeurs conférèrent à la ville son statut de capitale mondiale de l’automobile. Véritable poumon industriel de l’Amérique, Détroit accueillit des vagues de cols bleus venus produire ces millions de voitures, véritables objets de la mythologie américaine que l’on retrouve en bonne place dans les productions de Clint Eastwood, Elmore Leonard, Paul Schrader ou Bruce Springsteen.

Video - 2008
Gran Torino
Clint Eastwood
Video - 1978
Blue Collar
Paul Schrader
Livre - Rivages - 1978
La Loi de la cité
Elmore Leonard

Pendant ce temps là ...