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Malcom X

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Il y a cinquante ans, le 21 février 1965, Malcolm X était abattu à Harlem de seize balles tirées à bout portant. L’ex-mauvais garçon avait été converti à l’Islam en prison. Passionné, intense et électrique, il incarnait, face à Martin Luther King, l’autre aspect de la lutte pour les droits civiques, celui d’un nationalisme noir qui ne se contenterait plus des marches pacifistes et des sit-in, dans une Amérique secouée par les émeutes raciales. Adepte de l’autodéfense, parrain éloigné des Black Panthers, créées peu après sa mort, il demeure une figure révolutionnaire radicale et visionnaire, même s’il fut controversé, et à laquelle même Barack Obama n’a pas été insensible.

Conversations avec moi-même

Nelson Mandela
2011 - Points
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Poèmes complets

Edouard Glissant
1994 -
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Ligne de fracture

Jesmyn Ward
2008 - Belfond
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Say it Loud - I’m Black and I’m Proud

James Brown
1968 -
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Muhammad Ali The Greatest

William Klein
1964 -
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8 Mile

Curtis Hanson
2002 -
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Journal d’une fille de Harlem

Julius Horwitz
1970 - Points
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Planet Rock The Album

Afrika Bambaata & Soulsonic Force
1985 -
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Dernière Nuit sur terre

Bill T. Jones
1995 - Actes Sud
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Malcolm X

Spike Lee
1992 -
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Les Rêves de mon père

Barack Obama
2004 - Points
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Retour en Afrique

Chester Himes
1965 - Série Noire / Gallimard
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Les Nuits rouges de Harlem (Shaft)

Gordon Parks
1971 -
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Strange Fruit

Billie Holiday
1939 -
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Back In The USA

MC5
1970 -
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Conversations avec moi-même

Nelson Mandela - 2011 - Points

Le militant anti-ségrégation par excellence du XXe siècle... Emprisonné en 1964 pour incitation à la grève, puis condamné pour sabotage, complot et haute trahison, c’était bien de lutte pour les droits civiques dont il s’agissait. Il devra partager son Prix Nobel de la Paix avec le président Frederik de Klerk en 1993, après l’abolition de l’apartheid, et il restera toujours optimiste : « Que chacune de nos aspirations prouve que Martin Luther King avait raison, quand il disait que l’humanité ne peut plus être tragiquement liée à la nuit sans étoiles, du racisme et de la guerre ».

Poèmes complets

Edouard Glissant - 1994 -

Le Martiniquais Édouard Glissant (1928-2011), qui se considérait comme un poète du « chaos-monde », se distinguait des tenants de la négritude en affirmant une identité africaine impossible à délier de l’Histoire de l’Amérique. Créateur du concept d’ « antillanité » et attaché à la « créolité», il estimait que l’africanité appartenait aussi au monde caraïbe. Ses poèmes restent marqués par la violence de l’esclavage. Comme dans « La Traite » : « On a cloué un peuple aux bateaux de haut bord, on a vendu, loué, troqué la chair ».

Ligne de fracture

Jesmyn Ward - 2008 - Belfond

Dans la campagne profonde du Sud du Mississippi, entre les bras du fleuve, les bayous, les forêts de conifères et les sous-bois marécageux, on suit le destin de deux frères jumeaux élevés par une grand-mère qui a passé sa vie à frotter les planchers des maisons des Blancs. Ils ont un diplôme et cherchent du boulot, entre deux baignades et un joint... Mais ils sont noirs, dans un univers finalement étriqué, entre le racisme et la tentation de la délinquance. Une nouvelle voix puissante de la littérature afro-américaine, aux accents faulknériens.

Say it Loud - I’m Black and I’m Proud

James Brown - 1968 -

Dans les années 1940, le rythm & blues était tellement méprisé qu’on l’appelait la « race music ». Il faudra un James Brown, élevé dans un bordel du Vieux Sud, ancien boxeur, pour donner des lettres de noblesse à une musique noire qui pouvait en même temps être sexy. Parmi les messages politiques du « Soul Brother Number One », il s’agissait d’abord de filer doux : « Don’t Be a Drop-Out » (… and Stay In School). Avant de poser les bases du funk et de le mettre au service de la « cause »… Black is beautiful.

Muhammad Ali The Greatest

William Klein - 1964 -

Le 24 février 1964, Cassius Clay, qui n’a pas encore annoncé sa conversion à l’Islam, devient champion du monde des poids lourds en battant Sonny « Night Train » Liston. Pourtant, à cette époque, le fort en gueule qui ne laisse jamais passer une occasion de défier l’Amérique blanche est la propriété d’un consortium d’entrepreneurs blancs du Tennessee. « Float like a butterfly, sting like a bee ».

8 Mile

Curtis Hanson - 2002 -

La « 8 Mile Road », c’est la frontière entre le quartier noir et le quartier blanc de Detroit. « Des deux côtés, c’est la pauvreté », souligne Eminem. Au-delà de prouver que les Blancs peuvent rapper aussi bien que les Noirs, ce film constitue aussi une monographie d’une ville en faillite, qui fait face à des problèmes sociaux et raciaux dont on dit qu’ils résument à eux seuls tous ceux de l’Amérique. Eminem, c’est aussi, dans la droite lignée de son compatriote Iggy Pop, l’incarnation d’un esprit « white trash », où peu importe le genre musical en lui-même.

Journal d’une fille de Harlem

Julius Horwitz - 1970 - Points

Ce « roman » -on a du mal à croire que c’est de la fiction...-, qui a la forme d’un journal intime, s’ouvre sur ces mots : « Nous avons déménagé. Maman n’aimait plus l’immeuble de la 118e rue, depuis qu’on a retrouvé Mrs R. égorgée dans les cabinets du 3e étage ». Réalisme social éprouvant, entre la crasse et la violence de Harlem, et espoir aussi fou que tenace d’une jeune fille de 15 ans qui a décidé d’échapper à « ça »... Chef-d’œuvre.

Planet Rock The Album

Afrika Bambaata & Soulsonic Force - 1985 -

Au début des années 1970, New York est au bord de la faillite, avec une criminalité endémique… Mais c’est aussi, sur un plan musical, une ville ultra-créative. Dans le South Bronx, des DJs tels que Kool Herc ou Grandmaster Flash animent des fêtes avec des rimeurs, en se branchant sur les réverbères, quand ils marchent. C’est là que se distingue l’ancien chef de gang Afrika Bambaataa, lors de mixes qu’il qualifie d’ « omnivores ». Les larrons inventent le breakbeat et le hip-hop et Afrika Bambaataa crée la Zulu Nation, qui veille à la paix et à l’esprit de fête.

Dernière Nuit sur terre

Bill T. Jones - 1995 - Actes Sud

L’autobiographie d’un enfant noir pauvre devenu l’un des plus grands danseurs américains. Gamin, il vivait dans des camps d’ouvriers itinérants et faisait des concours de danse avec ses sœurs : « À cette époque, la danse était une impulsion. Marvin Gaye prenait le mot « baby », lançait le « a » en l’air, l’étirait longuement, lentement, et le remettait brusquement en place avec un petit cri et un sourire ». Son histoire est celle, finalement ordinaire, d’un enfant des sixties, qui a baigné dans un mélange typiquement américain, entre la Bible et Village Voice, Dylan et La Case de l’Oncle Tom...

Malcolm X

Spike Lee - 1992 -

Pasteur, le père de Malcolm Little propageait les idées de Marcus Garvey… Tombé dans la délinquance, Malcolm est arrêté en 1946 et passe sept ans en prison. En sortant, il se débarrasse de son « nom d’esclave », pour devenir Malcolm X. En affirmant que « la non-violence de Martin Luther King est la meilleure arme de l’homme blanc », il se proclame noir et non pas américain. Tout en captant subtilement la personnalité d’un leader dont la pensée ne cesse d’évoluer, Spike Lee réconcilie toutefois les deux figures historiques en affirmant : « Il existe davantage de similarités que de différences entre lui et Martin Luther King ».

Les Rêves de mon père

Barack Obama - 2004 - Points

Quand il découvre les textes des écrivains noirs Richard Wright, James Baldwin ou Ralph Ellison, Barack Obama, fils d’immigré musulman –mais n’étant pas musulman lui-même-, est frappé par l’angoisse et le mépris de soi qu’ils renferment : « Seule l’autobiographie de Malcolm X proposait autre chose. Ses actes répétés d’autocréation éveillaient un écho en moi ; la poésie brute de ses mots, sa manière directe d’exiger le respect faisaient apparaître un ordre nouveau et sans compromis ». Obama n’a cessé, depuis, de promouvoir et défendre ce que l’écrivain haïtien René Depestre nommait le « métier à métisser ».

Retour en Afrique

Chester Himes - 1965 - Série Noire / Gallimard

Une enquête des deux flics fétiches de Chester Himes, Ed Cercueil et Fossoyeur, qui officient à Harlem... Un prédicateur prône le retour en Afrique, en récoltant les sommes versées par les « candidats », mais se voit piquer le magot... Dans son autobiographie, Chester Himes, qui avait passé sept années en prison dans les années 1930, avant de devenir écrivain, notait : « L’Amérique m’a beaucoup fait souffrir (…). Quand je me suis défendu, grâce à l’écriture, elle a décidé de me tuer… Quand l’Amérique tue un nègre, il ne faut pas qu’il ressuscite ». Or la voie littéraire est souvent une résurrection...

Les Nuits rouges de Harlem (Shaft)

Gordon Parks - 1971 -

John Shaft est un privé noir, marginal et séducteur, qui est chargé d’enquêter sur l’enlèvement de la fille d’un ponte de la mafia noire. La lutte armée entre Blancs et Noirs est ici traitée comme une affaire de grand banditisme. Film-emblème de la Blaxploitation, Shaft est aussi une plongée réaliste dans Harlem, à l’heure du funk et des coupes afro. La musique d’Isaac Hayes –couronnée par un Oscar- est un bijou aux paroles décalées et drôles, qui font ainsi l’éloge du héros : « Who’s the black private dick/That’s a sex machine to all the chicks ?/Shaft !”. A noter également la présence de Drew « Bundini » Brown, l’âme damnée de Muhammad Ali.

Strange Fruit

Billie Holiday - 1939 -

« Les arbres du Sud portent des fruits étranges/Qui les tâchent de sang, des feuilles à la racine/Des corps noirs qui se balancent dans le vent du Sud ». Plus qu’une chanson, c’est un cri de douleur, alors que les lynchages de Noirs sont monnaie courante dans le Vieux Sud où sévit alors « Jim Crow », surnom –tiré d’une chanson de 1832- donné au racisme... Billie Holiday s’identifiera toute sa vie à cette complainte, pourtant écrite par un Blanc, Abel Meeropol.

Back In The USA

MC5 - 1970 -

La sauvagerie rock n’roll de ce groupe proto-punk de Detroit reposait sur les guitares de Fred « Sonic » Smith (le futur mari de Patti Smith) et de Wayne Kramer tout comme sur les diatribes politiques furibondes du chanteur Rob Tyner, mais aussi sur la personnalité d’un certain John Sinclair, manager-gourou du groupe, fondateur des « White Panthers », qui estimait que les Blancs devaient accompagner les Noirs dans leur combat contre l’Amérique oppressive. Sinclair rêvait d’une grande nation « arc-en-ciel », et son programme se résumait finalement à des fondamentaux assez basiques : « Rock n’ roll, dope et baise dans la rue ».

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