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La sélection de Christian Laborde

la playlist

La poésie et le vélo forment les deux roues d’une bicyclette avec laquelle on sera bien inspiré de serpenter dans l’œuvre de Christian Laborde. On grimpera en danseuse derrière Poulidor ou les grimpeurs du Tour de France, on ferra les bordures dans ses recueils de poésies où Breton et Louis Scutenaire passeront les bidons, et on finira au sprint pour franchir la ligne derrière laquelle Nougaro nous remettra la médaille, et Bernard Lubat le bouquet du vainqueur. Pour accompagner nos premières sorties printanières, Christian Laborde vient de sortir un poème épique, hommage à un des rois du Tour, le malchanceux Luis Ocaña. Un long poème dans lequel on plongera même si on n’y connaît rien aux mystères du 52×13. À cette occasion, Christian Laborde nous a livré sa sélection. On enfourche nos bécanes et on le suit. 

La Chute de Luis Ocaña dans le col de Menté

Christian Laborde
2026 - Gallimard
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Le Samouraï

Jean-Pierre Melville
1967 - Pathé
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Trenet en passant

André Minvielle
2024 - LA CAD 
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Le Rivage des Syrtes

Julien Gracq
1951 - Éditions Corti 
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Locomotive d'or

Claude Nougaro
1973 - MERCURY 
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Uzeste Musical

Bernard Lubat
- Compagnie Lubat
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Paul Delvaux

Paul Delvaux
1897-1994 -
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Poètes d'aujourd'hui

Louis Scutenaire
1944 - Éditions Seghers
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Voyage au bout de la nuit

Louis-Ferdinand Céline
1932 - Folio
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Retour au calme

Jacques Réda
1989 - Gallimard
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Harmonica, etc.

Guillaume Decourt
2026 - Éditions de La Table Ronde
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Breaking Bad

Vince Gilligan
2008 - Sony
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Il était une fois dans l’ouest

Ennio Morricone
1969 - écoutez le cinéma ! 
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Bullit

Lalo Schifrin
1968 - ALEPH
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La Chute de Luis Ocaña dans le col de Menté

Christian Laborde - 2026 - Gallimard

“ Pour qui a vécu son adolescence au début des années 1970 et s’est piqué de vélo, plus exactement de cyclisme avec le grand frisson des après-midi de juillet devant la télévision pour assister (...) à l’étape quotidienne du Tour de France (...), la plume de Christian Laborde offre une ascension émotionnelle encore à vif, malgré la distance des années. Il fallait un poète biberonné au swing nougaresque pour nous offrir ces mots jazzés qui hissent l’aventure pédalante au rang de légende rouge et or (...)” Préface d’Éric Fottorino

Le Samouraï

Jean-Pierre Melville - 1967 - Pathé

Pourquoi Le Samouraï ? Parce qu’il y a Delon, parce que Delon est seul, parce qu’il porte un Borsalino Marengo noir, parce que le film est de Melville et la musique de François de Roubaix.  

Trenet en passant

André Minvielle - 2024 - LA CAD 

Sur cet album, André Minvielle, qui est un très proche de la compagnie Bernard Lubat, a décidé de reprendre des chansons de Trenet accompagné au piano par Guillaume de Chassy et au saxophone ténor par Géraldine Laurent. Si ce disque me plaît tant, c’est pour la voix de Minvielle, parce qu’il sait recréer Trenet, et pour une chanson que j’aime beaucoup qui est “Une noix“. Aujourd’hui, si je veux réentendre cette chanson, je choisis d’écouter Minvielle. 

Le Rivage des Syrtes

Julien Gracq - 1951 - Éditions Corti 

Le roman contemporain m’ennuie profondément. Il me tombe des mains. Je trouve que pullule ce qu’André Breton appelait “les moments nuls”. Dans le Manifeste du surréalisme (1924), Breton a cette phrase qui m’a toujours hanté : “ Je veux qu’on se taise quand on cesse de ressentir”. À mes yeux, les quelques romans qui tiennent, ce sont ceux de Gracq. Le Rivage des Syrtes me nourrit profondément, notamment grâce à sa dimension poétique, son écriture nourrie de surréalisme. C’est un roman majeur pour moi.

Locomotive d'or

Claude Nougaro - 1973 - MERCURY 

C’est une des plus belles pochettes de Nougaro dont la photographie dit beaucoup. Il est dans le voyage, dans les machines, il y a quelque chose d’aventurier dans cet album. Et puis il y a le morceau qui donne son titre à l’album qui est un hymne à la batterie et aux percussions. Pour qui veut découvrir Nougaro, il faut écouter “Locomotive d’or”. Les paroles sont somptueuses. Avec cette locomotive qui arrive dans les paroles, c’est toute l’Afrique qui passe, avec du souffle, du rythme, de l’énergie, de la vapeur. 

Uzeste Musical

Bernard Lubat - - Compagnie Lubat

Uzeste Musical est un festival créé par Bernard Lubat, avec l’idée de travailler sur place, dans son village d’origine et en s’appuyant sur la phrase de l’écrivain Miguel Torga : « L’universel, c’est le local moins les murs. » Donc, Lubat - qui se définit comme un artiste poly-vaillant et multi-indisciplinaire - a décidé d’abattre toutes les cloisons. Il a décidé que dès le moment où l’on tendait l’oreille on pouvait créer une aventure artistique vivante. C’est pour ça qu’à Uzeste on trouvait aussi bien le jazz de Michel Portal, le théâtre d’André Benedetto ou la poésie de Bernard Manciet qui écrivait en occitan. Uzeste, c’était ce qu’on appelait l’Occitanie du désir. On est loin des folklorismes, des régionalismes, de tout ce qui nous pourrit sur place, loin de ce que nous demande Paris. C’est à Uzeste que j’ai découvert que l’on pouvait être ailleurs sur place.

Paul Delvaux

Paul Delvaux - 1897-1994 -

J’aime la peinture de Paul Delvaux parce qu’on y retrouve tout ce que j’aime : les femmes, les gares et la nuit. Ses peintures de gares ont quelque chose de merveilleux, c’est surréalisant, et les être féminins fantomatiques qui passent m’ont toujours bouleversé. Il y a quelque chose de surréel et de naïf. Ce n’est pas le mystère, c’est le merveilleux.

Poètes d'aujourd'hui

Louis Scutenaire - 1944 - Éditions Seghers

J’ai découvert la collection des Poètes d’aujourd’hui, lorsque j’étais ado, à la bibliothèque municipale de Tarbes. La bibliothécaire aimait beaucoup la poésie, et à chaque fois que sortait un titre elle l’ajoutait à la collection. L’école me parlait de Verlaine - que j’ai toujours aimé, de Baudelaire, de l’incontournable Victor Hugo, mais c’est dans cette collection que j’ai découvert Eugène Guillevic, Reverdi, Jules Supervielle, Francis Ponge, le poète Belge Norge, et Scutenaire qui est le roi de l’aphorisme, de la formule succulente. J’ai commencé à lire la poésie contemporaine dans cette collection merveilleuse qui était extrêmement bien faite, avec une biographie de l’auteur, un choix de photographies et bien sûr un choix de poèmes. Pierre Seghers a été un véritable artisan de la poésie.

Voyage au bout de la nuit

Louis-Ferdinand Céline - 1932 - Folio

Quand j’ai découvert ce roman, j’ai été absolument envoûté par le rythme, mais c’est le critique Jean-Louis Bory, dans l’émission Le Masque et la plume, qui m’en a donné la clé en disant que Céline, c’était « le Rabelais de l’ère atomique ». Cette formule m’a fait encore mieux lire Le Voyage. Céline a incarné l’époque grâce à une langue rabelaisienne. À notre époque où les romanciers privilégient trop l’autofiction à mon goût, je choisis Céline qui est un romancier qui ne se méfie pas de l’imagination. 

Retour au calme

Jacques Réda - 1989 - Gallimard

Les poèmes de Jacques Réda respirent comme ceux de Jean-Claude Pirotte ou de Jean Follain. Ce sont des vers fluides dans lesquels il retrouve un sens de la rythmique. Il y a de la musique chez Jacques Réda. Pour citer Nougaro, je dirais que c’est un « mot-sicien ». Il y a une musique du vers qu’on avait perdu avec tous les éclatements du vers sur le papier. Il y avait cette recherche très formaliste, très desséchée, et tout à coup, avec Réda, revient le vers, revient la prose et tout cela me nourrit. Et surtout, dans Retour au calme il y a le plus beau poème écrit sur une bicyclette !

Harmonica, etc.

Guillaume Decourt - 2026 - Éditions de La Table Ronde

La poésie de Guillaume Decourt est une poésie légère, comme on dit cavalerie légère. Decourt est en selle, calme, droit, et ses mots viennent vers nous portés par des rimes et des rythmes. Tout de suite ils entrent dans notre oreille. C’est le côté miraculeux de cette poésie légère. Decourt est élégant mais audacieux aussi puisqu’il n’hésite pas à faire entrer dans ses poèmes des mots comme arnica, potatoes ou encore nuggets. À la question où est la poésie, il répond qu'elle est partout autour de nous. Mais dans ses poèmes on croise aussi des gens comme John Lee Hooker, Robert Mitchum, Herbert von Karajan et Lino Ventura ! Cette année, Le Printemps des poètes de Saint-Lary, dont je m’occupe avec ​​Mylène Tournier par Jérôme Leroy, a remis son prix à Guillaume Decourt.

Breaking Bad

Vince Gilligan - 2008 - Sony

Si je boude un peu le roman moderne, c’est qu’il lui manque des vrais personnages. J’aime quand les personnages sont campés à la proue de l’histoire. Ici, je suis servi avec Walter White et sa double vie de prof de chimie qui passe de la correction de copies à la production de méthamphétamine. Et puis un personnage qui, dès les premiers plans, se présente à nous en sortant de son mobil-home en slip, un calibre à la main et sans être ridicule, ça vous pose un personnage ! Il ne faut pas non plus oublier quelques répliques passées à la postérité, comme celle où sa femme qui s’inquiète pour lui, lui demande : “Are you in danger Walter ? I’m not in danger. I AM the danger”

Il était une fois dans l’ouest

Ennio Morricone - 1969 - écoutez le cinéma ! 

Ennio Morricone, parce que Il était une fois dans l’ouest et Claudia Cardinale, 

Bullit

Lalo Schifrin - 1968 - ALEPH

Lalo Schifrin, parce que Bullitt et Jacqueline Bisset. 

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