16 janvier 2026
Paris, 1922. Madeleine, petite orpheline muette, vit chez un riche couple de bourgeois. Mais quand un voyou tente de l'enlever pour demander une rançon, sa vie bascule ! Madeleine n'a d'autre choix que de s'enfuir dans les tunnels du métro, puis dans les catacombes où elle trouve refuge auprès du peuple des souterrains. La fantasque madame Clou, le mystérieux roi des rats et tous les autres pourront-ils la protéger ?
« Quand je lis un roman, il faut que ce soit très différent de ce que je suis capable de faire. Ici, c’est un livre qui est construit sur un plan, chose que je ne fais jamais, et la manière dont il est construit est assez virtuose. C’est aussi un livre qui correspond au tropisme que j’ai pour les pays et les villes de l’est, la Pologne, la Russie, Budapest, Prague… notamment dans les années cinquante, soixante, soixante-dix, sans aucune raison particulière si ce n’est celle d’un enfant qui a grandi à cette époque. Le côté mystérieux et fermé de ces pays y a fait beaucoup. Ce sont aussi des pays de culture très forte. Parfois je me demande ce que j’aurais écouté, ou vu au cinéma, si j’avais grandi dans ces pays à cette époque. »
« J’aime bien cette littérature un peu datée, celle des années soixante, soixante-dix, basée sur la beauté de l’écriture. Michel Déon est clairement un héritier des hussards, Antoine Blondin, Roger Nimier… C’est une écriture de “bonhomme de droite”, mais il y a chez lui quelque chose de fluide, de plus profond. Ça ressemble à du d’Ormesson, mais du d’Ormesson un peu moins mondain ! Quand Michel Déon décrit les rapports entre les hommes et les femmes, c’est complètement à côté de la plaque, on n’y croit pas une seule seconde, mais il y a quand même quelque chose de l’ordre de la métaphysique et de l’héroïque, comme quand il compare tous ses amis à des poneys sauvages dans un champ en Irlande. C’est à la fois ridicule et beau. J’aime aussi beaucoup Pierre Mac Orlan, Blaise Cendrars, ou Joseph Kessel. »
« J’ai choisi ce titre parce qu’il y a une liberté d’écriture qu’on ne retrouve quasiment plus dans la littérature jeunesse qui, à cause de son succès, est devenue plus conformiste. Ce succès de la littérature jeunesse s’explique en partie parce qu’elle a commencé à être conseillée dans les écoles à partir des années quatre-vingt, donc à devenir aussi un objet pédagogique avec des livres dans lesquels le thème est devenu plus important que le style. Ici, au contraire, on est face à une liberté dingue, avec à peu près tout ce qu’il ne faut pas faire. C’est long, à des moments on ne comprend pas ce que Elvire de Brissac veut dire, le personnage du titre est quasiment absent… mais tout ça fait un super livre. »
« Cavanna arrive à conjuguer une langue assez classique avec une très grosse énergie. Ça vient du fait qu’il est à la fois un intellectuel, mais aussi un type capable de se bagarrer, de boire des coups… C’est un intello ultra physique et ça se voit dans son écriture. La manière dont il raconte l’arrivée des Russes quand il est détenu en Allemagne dans un camp de STO est incroyable. C’est une écriture virtuose. »
« Didier Decoin est un écrivain assez sous-estimé à mes yeux. Ses livres sont dingues, très étonnants. Il est sous-estimé, en partie à cause de son image égratignée par ces histoires de prix Goncourt. On a complètement oublié que c’est un de nos meilleurs écrivains. Pas toujours très aimable à lire, mais d’une très grande force. John L'Enfer, c’est l’histoire d’un indien laveur de carreaux à New-York à la fin des années soixante-dix et qui, devenu chômeur, rencontre un jeune sociologue qu'un accident a rendue momentanément aveugle, et Ashton Mysha, un juif hanté par sa Pologne natale. C’est un bouquin très surprenant. »
« C’est une pure chronique de l’adolescence. C’est un bouquin qui m’a beaucoup influencé parce que j’adore les films ou les BD dans lesquels il ne se passe rien d’exceptionnel, mais où on ne s’ennuie pas une seconde. Comme chez Claude Sautet ou Yves Robert. Mais pour ça il faut des dialogues et des personnages costauds. Et là, on est servi. »
« Chien de la casse, c’est l’exemple du film où il ne se passe pas grand-chose, mais c’est tellement bien écrit et tellement bien joué qu’on ne décroche jamais. Pourtant c’est difficile de parler des gens normaux. On a tellement reproché au cinéma d’auteur français de faire des films sur des bourgeois parisiens que ça a donné l’envie à d’autres de faire des films sociaux, mais qui sont souvent d’un misérabilisme ! Là, c’est d’une grande justesse. C’est un film sur l’amitié, une amitié toxique mais une amitié quand même. C’est aussi un film d’émancipation, sur comment sortir d’une relation. C’est un film qui m’a marqué. »
« C’est le romantisme absolu, avec une touche de fantastique dans un monde normal. C’est un sublime portrait de femme qui refait sa vie avec sa fille, après un deuil, dans une grande maison hantée par un fantôme un peu particulier. C’est un splendide film sur l’amour, sur la beauté absolue des sentiments à travers le temps. C’est magnifique et moins déprimant que Vertigo ! »
« Le Parrain, c’est le film parfait. Le film le plus réussi du monde, sorte de perfection formelle. Un film monstre dans lequel tout, absolument tout, même le dernier figurant, est parfait. J’ai une théorie qui dit qu’un chef-d’œuvre, au cinéma, se voit dans les détails. Dans un chef-d’œuvre, même un arbre ou le dernier coin de trottoir est juste. »
« C’est une comédie à peu près parfaite dans laquelle il ne se passe pas grand-chose mais où on ne s’ennuie pas une seconde. C’est une quasi perfection d’écriture, et pourtant les récits choraux sont très difficiles à faire. Ça tient aussi aux acteurs qui sont formidables. »
« Dire qu’on aime vraiment la chanson française, reste compliqué. Philippe Katerine ça va, Michel Delpech ou Dave, c’est moins évident. Excepté un effet de snobisme lié à une mode, ça reste compliqué. Moi, j’adore la culture populaire, c’est vraiment mon truc. Christophe, Francis Lemarque, François de Roubaix, Julien Clerc, William Sheller, Blondy Brownie, Zaho de Sagazan… Tout ce que je veux faire dans ma vie c’est du grand public de qualité. Christophe c’est ça. Il a été dans tous les juke-box des années soixante, il a fait danser tous les bals des années soixante-dix, et à la fin, il est devenu l'icône absolue de la branchitude. Un parcours qui va de C Jérôme à Alan Vega ! »