16 janvier 2026
Quand Angèle, 39 ans, se réveille en sursaut après s'être endormie dans sa baignoire, elle découvre deux mots tracés dans la buée de son miroir : « Va crever ». Quelqu'un l'a attendue chez elle pour la menacer. Qui ? Et pourquoi ? Terrifiée, perdue, Angèle accepte de partir quelque temps avec son père, ancien psychiatre affaibli par l'âge, dans le village des Pyrénées où elle a passé sa petite enfance. Là-bas, c'est bientôt la fête de l'Ours : une semaine de célébrations traditionnelles qui s'achève par une longue nuit où les jeunes hommes, enduits de suie et vêtus de peaux de bêtes, deviennent à la fois chasseurs et chassés…
« Je suis une fan de danse contemporaine. Mythologies, le ballet d’Angelin Preljocaj sur une musique de Thomas Bangalter, est une pure merveille. J’ai aussi vu récemment sa pièce Helikopter sur la musique de Karlheinz Stockhausen, et c’était juste magnifique. La deuxième partie, Licht, sur une musique de Laurent Garnier était juste phé-no-mé-nale ! Prochainement, Hofesh Shechter donnera Red Carpet à l’opéra Garnier. Il faut aimer les corps de ballet, mais ça reste de la danse contemporaine très accessible, très rythmée. Il faut aller voir au moins une fois un ballet de danse contemporaine dans sa vie ! »
« Depuis quelque temps déjà, je suis plus portée vers les séries que vers le cinéma. Certainement parce que je suis aussi scénariste, mais aussi parce que, quand on a trois cents, quatre cents, cinq cents minutes pour construire et développer une histoire, ça permet de creuser les trajectoires des personnages. Dans le genre Tchernobyl est un tour de force. Réussir à tirer d’une histoire que tout le monde croit connaître un polar aussi tendu, c’est exceptionnel. Le passage avec les mineurs est un tour de force qui nous explique la force du collectif tel qu’il était imaginé dans l’URSS d’avant la chute du mur. C’est une de mes séries préférées de ces dernières années. »
« C’est une série anglaise dans laquelle on suit la famille Lyons, qui vit à Manchester, et que l’on retrouve tous les ans, le premier janvier. La série, diffusée en 2019, imagine que Donald Trump, en plein deuxième mandat, envoie une bombe atomique sur une île chinoise ! EN 2019 ! C’est une série dans laquelle le fameux battement d’aile du papillon qui déclenche une catastrophe à l’autre bout du globe est superbement bien représenté. Je crois bien que je n’ai jamais autant pleuré qu’en regardant cette série… »
« Mankiewicz est le réalisateur qui incarne le mieux, à mes yeux, tout ce que je m’attends à retrouver dans un film noir. Soudain l’été dernier, est un modèle absolu du genre avec le twist final le plus dingue que je connaisse. Le thème de la mémoire est un thème qui me fascine et qui tient une place centrale dans tous mes romans. La manipulation de la mémoire, la perte de mémoire, la folie, tout y est et ça n’a pas vieilli. »
« De Dennis Lehane j’aurais aussi pu parler de Shutter Island, Un Pays à l'aube... mais la série des Kenzie & Gennaro, ces deux jeunes détectives installés à Boston, c’est la quintessence du polar comme je l’aime. C’est humain, tendu, ancré dans une réalité sociale et géographique, c’est parfait. Rien que les titres sont formidables : Un dernier verre avant la guerre, Ténèbres, prenez-moi la main, Prières pour la pluie… Et la fin de Gone Baby Gone, le dilemme auquel est confronté le lecteur à travers les personnages est terrible ! »
« James Sallis est, à mes yeux, injustement méconnu du grand public des lecteurs de polar. Son style, remarquable, m’embarque dans une poésie du quotidien. J’aime ce côté un peu contemplatif. Je lis des phrases plusieurs fois et je me dis que j’aurais bien aimé en avoir écrites certaines ! Des phrases qui sont si belles. Drive a été très bien adapté au cinéma par Nicolas Winding Refn (2011). »
« James Crumley est un auteur complètement barré. On ne lit pas un James Crumley pour découvrir qui est l’assassin, on lit un Crumley pour se régaler. Ma grande tristesse, c’est qu’il n’a pas beaucoup écrit, qu’il n’y en aura plus, et que ceux qui existent je les ai tous lus deux fois ! Je ne suis jamais allé dans le Montana, mais c’est une destination qui me fait rêver depuis que j’ai lu mon premier James Crumley. »
« Comme avec Jim Thompson ou James Lee Burke, les romans de Jim Harrison sont écrits pour les gens qui aiment la littérature avant même de s’intéresser à l’intrigue… quand il y en a une ! Son écriture est beaucoup plus classique. Dalva est un immense personnage de femme. »
« C’est un roman inclassable. C’est l’histoire d’un écrivain que sa femme méprise, ses enfants ne lui parlent plus, et ce chien qui déboule dans sa vie devient son seul ami. C’est le livre que j’offre le plus. C’est fin, c’est drôle. »
« J’avais lu ce roman de Mo Hayder à sa sortie et j’avais été époustouflée, embarquée. Je l’ai relu récemment, et j’ai replongé. Au point de faire des bonds quand on m’adressait la parole tellement j’étais envoûtée ! Dans Tokyo, Mo Hayder a réussi le mariage parfait entre polar et thriller. »
« Je vivais à New York quand j’ai découvert Necropolis, et la ville vue à hauteur du personnage de ce médecin légiste, Paul Konig, qui en même temps qu’il cherche sa fille disparue autopsie et analyse chaque indice sur les dépouilles qui lui sont confiées, m’a fascinée. Je m’aperçois en regardant cette liste que, peut-être plus encore que les intrigues, ce sont les lieux de tous ces romans qui m’envoutent, dans lesquels je plonge sans retenue. »