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Retour de l’étoile

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Quasiment 50 ans, jour pour jour, après la sortie de son premier disque (un 45T qui n’intéressa personne à l’époque), David Bowie se fait à nouveau entendre avec un album pas forcément facile à aborder lors d’une première écoute. Après Blackstar, une sorte de suite luxueuse en trois mouvements où sa voix prend des allures de Scott Walker, ce sont six chansons bien pleines qui s’enchaînent. Jazz d’avant-garde, rythmiques drum’n’bass, guitares à la Cure et mélodies se chevauchant constituent le fond de cet enregistrement plus “arty” que foncièrement commercial. Arty mais beau, oui…

Cabaret

Bob Fosse
1972 -
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Rit it Up and Start Again, Postpunk 1978-1984

Simon Reynolds
2007 -
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Opéra de quat'sous

Weill-Kurt
1930 -
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Trans-Europe Express

Kraftwerk
1977 -
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Carnets de Notes sur vêtements et villes

Wenders-Wim
1989 -
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Dictionnaire du Dadaïsme 1916-1922

Hugnet-Georges , Mare-Alexandre
2014 -
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Low Symphony

Philip Glass
1992 -
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Les Souterrains

Jack Kerouac
1958 -
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1984

George Orwell
1948 - Folio
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Le Festin nu

David Cronenberg
1991 -
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Scary Monsters

David Bowie
1980 -
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Cabaret

Bob Fosse - 1972 -

Le contexte du récit, le Berlin “décadent” des années 30, ne pouvait qu’attirer le jeune David Jones (le vrai nom de David Bowie) qui découvrit la comédie musicale Cabaret quand elle fut présentée au Palace Theater de Londres en 1968. « L’éclairage était phénoménal. Ce que j’ignorais c’est que c’était un éclairage “brechtien”. C’est devenu, pour moi, l’image par excellence de ce que à quoi devait ressembler une scène », se rappela-t-il en 1993. L’adaptation cinématographique réalisée par Bob Fosse, avec Liza Minnelli et Michael York dans les rôles principaux, alterne intrigues amoureuses complexes et scènes de revues marquantes. Avec, en toile de fond, la montée du nazisme.

Rit it Up and Start Again, Postpunk 1978-1984

Simon Reynolds - 2007 -

Nombreuses sont les chansons de David Bowie citées comme source d’inspiration dans Rit it up and start again, un livre passionnant et documenté qui revient sur l’histoire du postpunk, un mouvement musical à l’esthétique sobre qui s’écartait des vieux clichés habituels Sex, Drugs, etc., du rock ou du punk. Les groupes se nommaient Bauhaus, Cabaret Voltaire, Gang of Four ou PIL… Dans l’Angleterre thatchérienne de la fin des années 70, ils s’exprimaient dans un esprit Do it yourself, préférant les sons minimalistes, les ambiances intimistes et les synthés bricolés aux grosses productions commerciales léchées. L’un d’entre eux choisit de s’appeler Warsaw, en hommage à la chanson Warszawa de l’album Low. Il se fera ensuite connaître sous le nom de Joy Division.

Opéra de quat'sous

Weill-Kurt - 1930 -

David Bowie a plusieurs fois chanté du Kurt Weill, reprenant par exemple, sur un 45T, le standard Alabama Song en 1980. Le compositeur allemand associé à Bertolt Brecht (à qui Bowie a aussi rendu hommage dans une pièce de théâtre pour la BBC, David Bowie in Bertolt Brecht’s Baal), pour l’Opéra de quat’sous et Grandeur et décadence de la ville de Mahagony aura aussi composé des symphonies, des opéras et des comédies musicales montées avec beaucoup de succès à Broadway. Récemment, d’autres chanteurs de pop ou de rock (Elvis Costello, Tom Waits ou Nick Cave) ont puisé dans le large répertoire d’inspiration à la fois classique, jazz et musiques de cabaret, de celui qui se présentait comme le “Verdi des pauvres”.

Trans-Europe Express

Kraftwerk - 1977 -

« From Station to Station/Back to Düsseldorf City/Meet Iggy Pop and David Bowie »… Dans les paroles de la chanson titre (et énorme succès international) de son album Trans-Europa Express, le groupe allemand de pop synthétique Kraftwerk rappelle les liens artistiques et géographiques qui l’unissent alors à David Bowie, installé à Berlin depuis octobre 1976. Le Krautrock, né en Allemagne à la fin des années 60, dont Kraftwerk est l’une des figures de proue, aura énormément d’influence sur le Bowie de la fin des années 70 qui est à la recherche d’une nouvelle esthétique européenne et de sonorités électroniques inédites. Ses trois albums Low/Heroes/Lodger constituent sa “trilogie berlinoise”.

Carnets de Notes sur vêtements et villes

Wenders-Wim - 1989 -

« Je suis sous influence japonaise », clame David Bowie dans la chanson Blackout de 1977. La pop star, déjà passionnée par le théâtre Kabuki, avait découvert le travail de Kansai Yamamoto lors d’un défilé de mode à Londres, en 1971. Le styliste lui a ensuite dessiné ses costumes de scène (ceux de la tournée Aladdin Sane en 1973) avant de concevoir ceux d’Elton John. Dans le documentaire de Wim Wenders Carnets de notes sur vêtement et villes, en partie tourné à Tokyo, le réalisateur fait un intéressant parallèle entre le monde de la mode, celui des villes et celui du cinéma.

Dictionnaire du Dadaïsme 1916-1922

Hugnet-Georges , Mare-Alexandre - 2014 -

Entre l’acquisition d’une réplique d’un costume conçu par Sonia Delaunay pour une pièce de théâtre Dada de Tristan Tzara, son admiration pour le peintre Dada, George Grosz, et sa perpétuelle envie d’explorer et de dynamiser différentes pratiques artistiques, David Bowie aura souvent marqué sa proximité avec le mouvement né à Zurich il y a 100 ans. Le Dictionnaire du dadaïsme de Georges Hugnet (écrivain, poète et graphiste), qui fréquenta Tzara et Breton, est une parfaite introduction à Dada.

Low Symphony

Philip Glass - 1992 -

C’est en les adaptant à sa manière minimaliste et en les enrichissant de nouvelles parties musicales, que Philip Glass transforme trois morceaux instrumentaux du Low de David Bowie (et de Brian Eno qui joua un grand rôle dans l’élaboration de l’album d’origine) en une symphonie qui sera enregistrée avec le Brooklyn Symphonic Orchestra. Par la suite, en 1996, le musicien s’inspirera de l’album Heroes, pour composer une autre Symphonie (la n°4) accompagnant un ballet présenté à New York. Low Symphony a été interprétée en 2015 à la Philharmonie de Paris par l’Orchestre National d’Ile de France à l’occasion de l’exposition David Bowie Is.

Les Souterrains

Jack Kerouac - 1958 -

Depuis que son frère Terry lui a offert On the road, pour ses 10 ans, David Jones/David Bowie est resté fasciné par les écrivains de la “beat generation”. Il s’est essayé à la technique du cut-up dans l’écriture de certaines de ses chansons, s’est lié à William Burroughs, a appelé l’un de ses morceaux Subterraneans (Les souterrains), titre d’un livre écrit par Jack Kerouac dans lequel il raconte son histoire d’amour avec une afro-américaine dans le San Francisco du début des années 50. Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti, William S. Burroughs et la plupart des autres poètes fréquentant City Lights Bookstore apparaissent dans ce roman.

1984

George Orwell - 1948 - Folio

L’une des premières suites, comme l’est aujourd’hui Blackstar, vraiment ambitieuse enregistrée par David Bowie (sur l’album Diamond Dogs en 1974) était inspirée par 1984, le livre de George Orwell. Le monde totalitaire de Big Brother, auquel tente d’échapper Winston Smith, le héros du roman, ne pouvait qu’attirer l’artiste passionné par les concepts et les manipulations de masse. Orwell, engagé pendant la guerre d’Espagne du côté des milices révolutionnaires du POUM, aura trouvé la source d’inspiration de son livre à la fois dans le nazisme et dans l’URSS communiste.

Le Festin nu

David Cronenberg - 1991 -

Canadien né à Toronto, Cronenberg partage avec Bowie un gout pour le cinéma expérimental. Le premier est fasciné par le cinéma fantastique (Vidéodrome, La Mouche), le second fera volontiers l’acteur dans des films à la frontière de l’expérimental (L’Homme qui venait d’ailleurs) ou du fantastique (Les Prédateurs). Tous les deux partagent une passion pour William Burroughs. Cronenberg adaptera Le Festin nu, au cinéma, Bowie rencontrera l’inventeur du cut-up, en 1973, pour une longue interview publiée en 1973 dans le magazine Rolling Stone. Ne manque qu’un film sur Burroughs incarné par Bowie et filmé par Cronenberg.

Scary Monsters

David Bowie - 1980 -

Dans le même esprit que Blackstar aujourd’hui, Scary Monsters (and Super Creeps) n’a rien d’un “album concept” à couleur musicale unique, comme David Bowie en a souvent enregistré au cours de sa carrière. Ce disque, son quatorzième, est même à l’exact opposé : diversifié du début à la fin, empruntant des chemins parfois assez éloignés les uns des autres. Entre une reprise d’une chanson de Tom Verlaine, le guitariste chanteur de Television (Kingdom Come), un tube à tendance funk (Fashion), préfigurant le succès planétaire de Let’s Dance, qui arrivera trois ans plus tard, et un nouveau standard pop de la star caméléon (Ashes to Ashes), l’artiste montre tout son savoir-faire.

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