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Polaroïds

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Longtemps considéré comme une « littérature de gare » juste bonne à la distraction des masses, le polar a enfin acquis ses lettres de noblesse, avec des auteurs, de Dashiell Hammett à Raymond Chandler, qui font désormais partie des classiques. Que ce soit dans les pages des romans ou à l’écran, le polar est devenu un genre enragé et engagé, qui révèle la part d’ombre de la société en pointant, derrière le crime, la violence sociale. Du film noir des années quarante au thriller contemporain, de la cellule de garde à vue au tripot clandestin, c’est parfois le propre reflet de nos existences que nous voyons. L’occasion de le vérifier avec la diffusion sur Arte de trois films magistraux : L. 627, Classe tous risques et Le Dahlia noir.

Du Sang sur la glace

Jo Nesbo
2015 -
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À la Petite Semaine

Gene Kerrigan
2011 - Folio Policier
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Brouillard sur Mannheim

Bernhard Schlink , Walter Popp
1985 -
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Amis américains

Bertrand Tavernier
2008 - Actes sud - Institut Lumiere
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Hammett

Wim Wenders
1982 -
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Bullitt

Lalo Schifrin
1968 -
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Classe tous risques

Claude Sautet
1960 -
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Cours, Lola cours

Tom Tykwer
1998 -
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Crimes exemplaires

Max Aub
1956 - Libretto
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L’Arme secrète de Louis Renault

Thierry Bourcy
2006 -
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Le Dahlia noir

James Ellroy
1987 -
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L.627

Bertrand Tavernier
1992 -
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87e District

Ed McBain
1999 - omnibus
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Le Privé

Robert Altman
1973 -
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Journal Secret

Léo Mallet
1997 -
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Du Sang sur la glace

Jo Nesbo - 2015 -

Tout en s’étant fait un nom en mettant en scène un flic indiscipliné de la police d’Oslo, Harry Hole, Jo Nesbo s’est offert ici un hommage à David Goodis et Jim Thompson, en campant un tueur à gages en proie aux doutes existentiels et aux dilemmes cruels. Un roman noir forcément « climatique », avec des images percutantes : « Je pensais que le sang gèlerait sur la neige et resterait en surface. Mais à la place, la neige le pompa, l’aspira en profondeur, le cacha, comme si elle en avait elle-même besoin. »

À la Petite Semaine

Gene Kerrigan - 2011 - Folio Policier

Frankie Crowe, 28 ans, est un truand malhabile, malgré toute sa bonne volonté, et surtout mal assisté. Après un énième braquage de pub foireux, il décide de se lancer dans le kidnapping. La méthode pour le choix de la cible ? Am Stram Gram… Forcément, entre des histoires de vengeance et de loyautés mal placées, tout va aller de travers. Derrière le fait divers, le portrait d’une ville, Dublin, et d’un pays aux rêves de grandeur démesurés, qui produit toujours son lot d’exclus. On le savait grâce à son cinéma, on en avait eu confirmation avec un Ken Bruen : le polar irlandais est définitivement un genre à part (entière).

Brouillard sur Mannheim

Bernhard Schlink , Walter Popp - 1985 -

La trouvaille ? Avoir choisi comme détective privé un ancien procureur nazi, nommé Gerhard Selb. Où la vraie quête consiste ici à fouiller en soi, quitte à lutter contre ses démons intérieurs, à affronter le sens des compromissions qu’on a dues faire, et le zèle qu’on n’a pas su refréner. Où le polar demeure un genre qui permet aussi de « faire les poubelles de l’histoire », comme l’écrit le romancier Didier Daeninckx. Parallèlement, ce polar atypique constituait déjà une charge contre les grandes entreprises qui détruisaient sans complexe l’environnement. C’était encore rare, dans les années 1980.

Amis américains

Bertrand Tavernier - 2008 - Actes sud - Institut Lumiere

« C’est grâce au cinéma que j’ai pris conscience des problèmes politiques et sociaux de l’Amérique, que j’ai appris le New Deal ou l’extermination des Indiens », écrit Bertrand Tavernier. Ce pavé regroupe mille pages d’interviews de ses cinéastes préférés, qu'il a réalisées entre 1965 et 1973, alors qu’il était attaché de presse. Où l’on se délecte des mots d’un John Huston qui définit parfaitement le film noir, lorsqu’à propos d’Asphalt Jungle, il dit : « Le public avait peur de ce que ce film éveillait en lui. Les gens se sentaient criminels de comprendre l’état d’esprit des criminels. »

Hammett

Wim Wenders - 1982 -

Wenders a eu la bonne idée de mettre en scène un Dashiell Hammett non pas écrivain, mais détective. Le créateur du privé Sam Spade - qui apparaît notamment dans Le Faucon Maltais - fut effectivement engagé comme enquêteur en 1921 par l’agence Pinkerton, pour laquelle il sillonnera les Etats-Unis en passant par Butte, Montana, ville minière qui servira de modèle à la ville de Poisonville dans La Moisson rouge. Hammett fut aussi celui qui démonta le mythe romantique du criminel : « Peu d’entre eux subviennent à leurs besoins (…) De toute façon, la plupart sont entretenus par leur femme. »

Bullitt

Lalo Schifrin - 1968 -

Lalo Schifrin fut l’un des pionniers de ces musiques d’action en version thriller qui marqueraient les années 1970, entre le son des orchestres classiques, la musique contemporaine et un jazz funky cuivré. La classe de Steve McQueen est telle que sa démarche et sa gestuelle semblent presque se mouler dans la musique, taillée dans une ambiance d’étrangeté et de tension. Le compositeur reprendra d’ailleurs la formule pour ses bandes-son des films mettant en scène l’Inspecteur Harry.

Classe tous risques

Claude Sautet - 1960 -

Lino Ventura en gangster - et père de famille - usé et traqué. Au-delà des personnages authentiques qui ont inspirés ceux du film, que l’auteur du roman et scénariste José Giovanni a pu connaître au cours de sa vie de truand, le film vaut surtout par son côté quasi crépusculaire, qui tente d’en finir avec les mythologies liées au milieu et à ses codes d’honneur. C’est également un hommage au film noir américain et au cinéma de série B, pour lequel Claude Sautet a toujours proclamé son admiration.

Cours, Lola cours

Tom Tykwer - 1998 -

Un phénoménal thriller, mené à toute allure, avec le rythme de l’urgence et du danger qui sont aussi ceux que la société nous impose. Il s’agit d’une course contre la montre dans les rues de Berlin, où la ville qui défile n’est plus un simple décor mais devient un personnage à part entière. Parce que la belle punkette Lola est sommée par son petit ami Manni, qui vient de perdre un sac de fric dans le métro, de le récupérer pour le tirer d’affaire. Elle a vingt minutes, si elle veut le sauver.

Crimes exemplaires

Max Aub - 1956 - Libretto

Connu aussi comme étant celui qui commanda à Picasso le tableau Guernica, Max Aub, homme de théâtre et poète proche des Surréalistes, publia ces géniaux aphorismes pour tenter de résoudre enfin cet éternel mystère : pourquoi tue-t-on ? Les réponses, souvent teintées d’humour noir, tiennent en 130 confessions de criminels - fictives, ou entendues par l’écrivain. Toutes les raisons sont bonnes, et elles sont parfois savoureuses. Ainsi, à la phrase : « Je l’ai tué parce qu’il était plus fort que moi », succède celle-ci : « Je l’ai tué parce que j’étais plus fort que lui ». Logique.

L’Arme secrète de Louis Renault

Thierry Bourcy - 2006 -

En plein milieu de cette boucherie sans nom qu’est la Première Guerre Mondiale, alors que le « Grand Troupeau » - comme disait Jean Giono - est mené au front par des officiers irresponsables et se fait mitrailler pour quelques mètres gagnés, un flic enquête à l’arrière, dans le monde des planqués. Car Célestin Louise, s’il est devenu Poilu, est un aussi un fonctionnaire de la Brigade Criminelle. La voilà peut-être, l’audace absolue, dans l’univers du polar : une enquête policière en marge d’une guerre qui, elle, fait des milliers de victimes innocentes chaque jour.

Le Dahlia noir

James Ellroy - 1987 -

C’est l’histoire romancée de l’enquête qui a fait suite au meurtre d’une jeune femme, à Los Angeles, en 1947. Un crime qui, pour l’auteur du roman éponyme, James Ellroy, fait toujours écho au meurtre de sa propre mère, survenu dix années plus tard. « J’avais découvert le meurtre du Dahlia noir en 1959, raconte-t-il. Pour moi, ce crime brutal et sexuel fut un choc. Je ne sais pas si c’est à cause du meurtre de ma mère, mais je devins littéralement obsédé par le Dahlia noir. Cette obsession ne m’a jamais quitté ».

L.627

Bertrand Tavernier - 1992 -

Au cœur du quotidien d’une Brigade des Stupéfiants, Bertrand Tavernier bâtit une véritable monographie, celle d’un territoire - de la rue aux squats - qui abrite tous les parias de la société. Et quand ils ont la parole, ce sont les « sans », qui s’expriment : sans-droits, sans-logement, sans-avenir… Il n’y a pourtant aucun misérabilisme dans le film de Tavernier, juste une série de témoignages, entre doléances et confessions, et la réalité brute et violente - presque documentaire - de l’enquête des flics de terrain. Sans complaisance, ni romantisme.

87e District

Ed McBain - 1999 - omnibus

En restituant la vie d’un commissariat de la ville d’Isola - qui ressemble fortement à New York - avec ses intrigues croisées, ses états d’âmes des truands autant que ceux des flics, lessivés d’être ainsi quotidiennement confrontés à la violence, Ed McBain livre, en plusieurs épisodes, la série de « polar total ». Soit 53 romans écrits entre 1956 et 2005. Il multiplie les personnages principaux et c’est quasiment le sort et la force de toute une équipe qui donnent tout son sens à l’action et à la trame romanesque. Un concept qu’on redécouvrira avec la série The Shield.

Le Privé

Robert Altman - 1973 -

Né en 1888 à Chicago, Raymond Chandler a reçu une éducation victorienne en Angleterre avant de revenir aux Etats-Unis. Fonctionnaire médiocre, poète raté, il se lance dans l’écriture de nouvelles policières pour les pulps, un peu par dépit, avant de se mettre à adorer son nouveau métier. Philip Marlowe, son privé fétiche, apparaît pour la première fois en 1939 dans Le Grand sommeil. Sorte de chevalier moderne, Marlowe est loyal et incorruptible. Il apparaît dans huit romans de l’auteur, et The Long Goodbye, dont est adapté Le Privé, est un peu son apothéose.

Journal Secret

Léo Mallet - 1997 -

Créateur du privé Nestor Burma, Léo Mallet est l’un des parrains du polar français moderne. Son œuvre porte en germe toutes les problématiques du roman français qui se développera après-guerre. Anarchiste et Surréaliste, c’est lui qui inspirera « l’école française » menée par Albert Simonin. Avant tout le monde, il jouera avec cet argot du monde des truands, et donnera au fait divers de commissariat le droit d’entrer dans la littérature.

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