Suprême d’avant-garde

Le comte de Saint-Simon (1760-1825), cousin éloigné du duc mémorialiste, utilise le premier le terme avant-garde dans son livre « Opinions littéraires, philosophiques et industrielles ». Il imagine qu’un artiste dise à un scientifique : « C’est nous, artistes, qui vous servirons d’avant-garde : la puissance des arts est, en effet, la plus immédiate et la plus rapide. Nous avons des armes de toute espèce : quand nous voulons répandre des idées neuves parmi les hommes, nous les inscrivons sur le marbre ou sur la toile… ». Comme pour illustrer cette vision, et dans l’élan de la révolution bolchevik de 1917, l’avant-garde russe donnera naissance au suprématisme et au constructivisme. Le Centre Pompidou revient sur un épisode clé de cette période, la création de l’école populaire d’art de Vitebsk fondée par Marc Chagall, qui en fut le directeur, et El Lissitzky, rejoint par Kazimir Malévitch, professeurs. Exposition visible jusqu’au 16 juillet.

< La sélection >

FERMER
  • Voir la vidéo
    Localiser

    Rothko : Rêver de ne pas être

    Stéphane Lambert - Livre - Arléa - 2014
    Avec « Carré noir » (1915), Malévitch va donner à la peinture le coup de grâce et la renouveler tout à la fois. A la fin des années 40, c’est aux Etats-Unis que des artistes vont s’emparer de l’acte de peindre en se libérant des grands courants européens, et inventer une peinture à l’échelle de ce pays et de cette ville-monde qu’est New York. Mark Rothko (né en Russie en 1903) se réapproprie alors le monochrome pour en faire un grand champ coloré qui doit aussi ouvrir à une expérience intérieure. L’une des œuvres maîtresses de Rothko est l’ensemble des toiles qu’il a peintes pour répondre à une commande du Four Seasons, un restaurant huppé new-yorkais, mais qu’il refusera finalement de livrer. Pour notre bonheur, on peut les voir à la Tate Modern, à Londres, dans une salle spécialement aménagée. Malévitch a inventé le suprématisme et Rothko, qui se suicidera en 1970, se voyait comme : « le pessimiste suprême ».
  • Voir la vidéo
    Localiser

    Communards

    The Communards - Audio - 1986
    La célèbre affiche « Frappez les Blancs avec le coin rouge » est créée par El Lissitzky, à Vitebsk, en 1920. En 1985, la fine fleur de la pop anglaise est mobilisée par Paul Weller (The Jam, The Style Council), Jimmy Somerville (The Communards) et Billy Bragg, dans un mouvement qu’ils baptisèrent The Red Wedge (le coin rouge), en hommage à l’affiche de Lissitzky. Ce mouvement fut créé pour soutenir le parti travailliste anglais contre les conservateurs de Margaret Thatcher, en vue des élections législatives de 1987. A cette époque, l’esthétique constructiviste est l’une des principales sources d’inspiration des graphistes de pochettes de disques qui se permettront tous les détournements. C’est le designer Nelville Brody, spécialiste de la typographie, qui créera le logo du mouvement The Red Wedge.
  • Voir la vidéo
    Localiser

    Ecrits

    Kazimir Malévitch - Livre - Champ libre - 1916 - 1928
    « Carré noir » est l’œuvre emblématique que Kazimir Malévitch réalise en 1915 et qu’il montre à Petrograd à l’exposition : «Dernière exposition futuriste : 0.10 ». C’est un quadrilatère noir sur un fond blanc, ce qui n’empêche pas son créateur d’écrire : « Le plus précieux dans la création picturale, c’est la couleur et la texture. Elles constituent l’essence picturale que le sujet a toujours tuée. S’ils veulent être des peintres purs, les artistes doivent abandonner le sujet et les objets ». A Vitebsk, Malévitch se consacrera surtout à ses écrits théoriques et philosophiques. « Ecrits » regroupe ces textes, dont le fameux manifeste du suprématisme écrit en 1919, le tout  richement annoté. Mention spéciale pour l’encre violette de l’ouvrage.
  • La fleur dans l’atelier de Mondrian

    Jean-Philippe Peyraud, Antonio Lapone - Livre - Glénat - 2017
    Pieter Cornelis Mondriaan, dit Piet Mondrian, (1872-1944) est un autre peintre pionnier de l’abstraction, avec Kandinsky et Malévitch. Mondrian a fini par « représenter » le monde dans un réseau de lignes et d’aplats colorés. Son langage pictural a même suggéré à des programmateurs informatiques la création de Piet (un « langage de programmation exotique inspiré de ses travaux). Dans son atelier, une fleur en plastique a donné aux deux auteurs le fil conducteur de cette BD, évocation très poétique de l’art abstrait. La couverture montre Mondrian en train de danser ; il adorait le jazz, le boogie-woogie et la danse de salon.
  • Voir la vidéo
    Localiser

    Kupka, pionnier de l’art abstrait

    Jacques Lœuille - Video - Arte Editions - 2018
    Parmi les peintres d’avant-garde et pionniers de l’abstraction, Frantisek Kupka (1871-1957) n’est pas le plus connu. Mais il suffit d’aller voir l’exposition que lui consacre le Grand Palais jusqu’au 30 juillet 2018, pour en mesurer toute l’importance. Son credo est : « Je peins, oui, mais seulement des conceptions, des synthèses, des accords ». Pour autant, son œuvre est aussi spectaculaire que variée : des illustrations pour des revues satiriques dont « L’assiette au beurre » (journal du début XXe), jusqu’à la recherche de lumières qui le mène, via « Grand nu plans par couleurs », à l’abstraction où des cercles et des verticales jaillissent de ses toiles. Cette exposition rend à Kupka la place qui est la sienne.
  • La révolution des avant-gardes, L’expérience de la vérité en art

    Philippe Sers - Livre - Hazan - 2012
    Malévitch, Kandinsky, Duchamp, Sophie Täuber-Arp, Theo van Doesburg, Yves Klein, Joseph Beuys, Bill Viola... Autant d’artistes du XXe siècle qui ont participé à la révolution des avant-gardes, loin de toute idée de séduction. Le livre de Philippe Sers  regroupe artistes, œuvres et mouvements en fonction de lignes de force, dégageant des éléments de discernement pour nous aider à rencontrer la culture de notre époque. Attention : les œuvres d’art les plus fortes ne s’expliquent pas, elles cognent !
  • La Russie et les Russes en révolutions

    Alexandre Sumpf - Livre - Perrin - 2017
    Dans un premier temps, la révolution de 1917 favorise l'éclosion d'un modernisme artistique d'avant-garde. Chagall, de retour de France en 1914, est nommé commissaire des beaux-arts pour le gouvernement de Vitebsk, le 12 septembre 1918, avec pour mission, d'ouvrir des écoles, d'organiser des expositions pour célébrer la Révolution, d'ouvrir le peuple aux beaux-arts. Dans son livre, Alexandre Sumpf laisse de côté Lénine, Staline et Trotski, pour raconter les révolutions russes vécues par le peuple. Les archives inédites montrent la vie des citadins, paysans, ouvriers, monarchistes, mencheviks ou bolcheviks. Comme disait Dali : « La révolution russe, c’est la révolution française qui arrive en retard à cause du froid ».  
  • Voir la vidéo
    Localiser

    Diego Rivera : le rêveur éveillé

    Patrick Marnham - Livre - Seuil - 2000
    Le peintre Diego Rivera est lié à la révolution mexicaine (1910-1920) comme l’école de Vitebsk à la révolution russe de 1917. Staline l’a même invité à fêter le 10e anniversaire de la révolution d’Octobre… avant de l’expulser. Le “Pablo Picasso des Amériques” est mondialement connu pour ses peintures murales qui intéressèrent même Rockefeller (une fresque qu’il lui avait commandée représentant un syndicaliste avec la tête de Lénine) avant que le milliardaire ne change d’avis ! Rivera était passionnément amoureux de Frida Kahlo : ils se marient, divorcent, se remarient… Tout est haut en couleur chez Rivera, comme le montre le livre de Patrick Marnham.
  • Deux siècles ensemble, 1917-1972

    Alexandre Soljenitsyne - Livre - Fayard - 2003

    Tome 2 : Juifs et Russes pendant la période soviétique

    Marc Chagall était juif. Après qu’une loi, votée par les bolcheviks, abroge toute discrimination nationale et religieuse, Chagall devenu Russe à part entière, fut nommé commissaire aux beaux-arts de Vitebsk en 1918. Alexandre Soljenitsyne consacre une étude sur la part prise par les juifs de Russie durant la révolution de Février et celle d’Octobre. Dans son livre qui se termine en 1972, il aborde l’essor de l’antisémitisme stalinien à la fin des années 40, jusqu’à l’exode vers Israël et l’Occident. Auteur de « Une journée d’Ivan Denissovitch » et de « L’archipel du Goulag », Soljenitsyne reçut le prix Nobel de littérature en 1970.
  • Voir la vidéo
    Localiser

    Chagall, Lissitzky, Malévitch : l’avant-garde russe à Vitebsk (1918-1922)

    Livre - Catalogue de l’exposition - 2018
    « Valet de carreau », référence à la tenue des prisonniers en Sibérie, est une exposition des peintres avant-gardistes moscovites qui, en 1910, fit scandale. Le carcan académique de la peinture illustrative saute, la couleur est libérée e t le public est déboussolé. Kazimir Malévitch, l’un des artistes exposés, dira plus tard : « Lors de cette exposition, l’objet même de la peinture a subi une déformation totale ». Déformation qui pousse Chagall, en 1918, à prendre la direction de l’école des beaux-arts de Vitebsk. Le Centre Pompidou, à l’occasion du 100e anniversaire de la création de l’école, accueille l’exposition Chagall, Lissitzky, Malévitch : l’avant-garde russe à Vitebsk (1918-1922).
  • Voir la vidéo
    Localiser

    La Ruche : cité des artistes

    Sylvie Buisson, Martine Fresia - Livre - Alternatives - 2009
    Moïche Zakharovitch Chagalov, dit Marc Chagall, est l’un des artistes accueillis à la Ruche, créée en 1902 près des abattoirs de Vaugirard par Alfred Boucher, un ami de Rodin. L’endroit est construit avec des structures  récupérés des pavillons de l’Exposition universelle de 1900. Selon Boucher, les artistes bourdonnent d’activité comme les abeilles d’une ruche. Parmi les voisins d’ateliers de Chagall, qui s’installe à Paris en 1911, il y a Soutine et Zadkine, deux autres Russes. L’expérience collective de la Ruche a certainement marqué Chagall quand il a pris la direction de l’école de Vitebsk, en 1918. Aujourd’hui, la Ruche, qui abrite une soixantaine d’ateliers que louent des artistes, est soutenue par trois fondations privées. Les temps changent.
    Retrouvez cette oeuvre dans d'autres sélections
    Modigliani, le sourire de la caryatide
  • Vhutemas : Moscou 1920-1930

    Selim Khan Magomedov, Arlette Barré-Despond - Livre - Editions du Regard - 1990
    Les Vhutemas (Ateliers supérieurs d’art et de technique), école créée en 1920 à Moscou, est le pendant soviétique du Bauhaus. Moins connus, les Vhutemas et son cortège de professeurs prestigieux parmi lesquels Alexandre Rodtchenko, Vladimir Tatline ou El Lissitzky (qui enseignera également au Bauhaus après avoir enseigné à Vitebsk), vont participer à l’avènement de l’architecture moderne et à ce qui deviendra le design. « Ces deux écoles encouragèrent l’émergence de pratiques artistiques et professionnelles inédites, élaborées lors du processus même d’enseignement. »
    Retrouvez cette oeuvre dans d'autres sélections
    Bauhaus : tous ensemble avec Gropius

Rothko : Rêver de ne pas être
Stéphane Lambert

Communards
The Communards

Ecrits
Kazimir Malévitch

La fleur dans l’atelier de Mondrian
Jean-Philippe Peyraud, Antonio Lapone

Kupka, pionnier de l’art abstrait
Jacques Lœuille

La révolution des avant-gardes, L’expérience de la vérité en art
Philippe Sers

La Russie et les Russes en révolutions
Alexandre Sumpf

Diego Rivera : le rêveur éveillé
Patrick Marnham

Deux siècles ensemble, 1917-1972
Alexandre Soljenitsyne

Chagall, Lissitzky, Malévitch : l’avant-garde russe à Vitebsk (1918-1922)

La Ruche : cité des artistes
Sylvie Buisson, Martine Fresia

Vhutemas : Moscou 1920-1930
Selim Khan Magomedov, Arlette Barré-Despond

Dans cette sélection

  • Stéphane Lambert | Rothko : Rêver de ne pas être
  • The Communards | Communards
  • Kazimir Malévitch | Ecrits
  • Jean-Philippe Peyraud, Antonio Lapone | La fleur dans l’atelier de Mondrian
  • Jacques Lœuille | Kupka, pionnier de l’art abstrait
  • Philippe Sers | La révolution des avant-gardes, L’expérience de la vérité en art
  • Alexandre Sumpf | La Russie et les Russes en révolutions
  • Patrick Marnham | Diego Rivera : le rêveur éveillé
  • Alexandre Soljenitsyne | Deux siècles ensemble, 1917-1972
  • | Chagall, Lissitzky, Malévitch : l’avant-garde russe à Vitebsk (1918-1922)
  • Sylvie Buisson, Martine Fresia | La Ruche : cité des artistes
  • Selim Khan Magomedov, Arlette Barré-Despond | Vhutemas : Moscou 1920-1930

la playlist

Vous aimez ? partagez :-)