Putain de guerre

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Verdun, le Chemin des Dames, Douaumont, la Somme, les gueules cassées, le gaz moutarde... Les évocations de la première guerre mondiale sont nombreuses et toutes plus effroyables les unes que les autres. Certes, on connaissait déjà les horreurs de la guerre. Mais celle de 1914 qui impliquera plus de vingt pays et empires et fit près de 20 millions de morts, atteint un tel niveau de folie destructrice que pour la première fois la civilisation trembla sur ses bases. « Nous étions jolis ! Décidément, je le concevais, je m’étais embarqué dans une croisade apocalyptique. » L.F. Céline
  • Une guerre moderne

    • Dans cette Première Guerre mondiale, on vit apparaître des engins dont on n’imaginait alors pas la puissance de destruction. Les avions, les sous-marins, les cannons à longue portée, les chars de combat, les obus de mortier… tout un arsenal de destruction dont l’utilisation fera six mille morts par jour.
      • La bataille d’Occident
        La bataille d’Occident
        Eric Vuillard / 2012
        Actes Sud
        Les guerres n’éclatent pas par hasard. Elles sont méticuleusement préparées par les militaires et les marchands de canons. « Car déjà le monde grésille, déjà les archiducs sont en rang, déjà quelque chose bégaye, et fabrique tout ce qu'il faut d'obus et de canons [...] » Publié en 2012, ce petit récit de cent quatre-vingts pages est un chef-d’œuvre de déconstruction du mécanisme qui conduira à la Première Guerre mondiale et à ses vingt millions de victimes.
      • La grande illusion
        Jean Renoir / 1937
        Studio Canal
        La guerre de 1914-1918 mettra fin à une armée de classes composée d’un côté d’aristocrates habitués depuis toujours aux parades et au commandement, de l’autre, le peuple qui fait la guerre parce qu’il y est contraint. C’est la fin de ce monde que raconte le film de Renoir tourné en 1937 et qui montre les rapports du lieutenant Maréchal (Jean Gabin), du capitaine de Boëldieu (Pierre Fresnay) et du commandant von Rauffestein (Erich von Stroheim) amenés à cohabiter dans un camp de prisonniers, les deux premiers étant les prisonniers du troisième. Chef-d’œuvre.
      • Sherlock Holmes 2, jeu d’ombres
        Guy Ritchie / 2011
        Warner
        En 1891 l’horrible James Moriarty, l’ennemi juré de Sherlock Holmes, prépare dans l’ombre le prochain conflit mondial. Peu importe les ennemis qui chercheront à s’anéantirent puisque son plan diabolique consiste à prendre le contrôle financier de sociétés d’armement mais aussi de sociétés de matériels de soins médicaux ! Il lui suffira de provoquer l’étincelle qui mettra le feu aux poudres et embrasera l’Europe pour toucher une immense fortune dont il entend jouir en Suisse. « J’aime la Suisse. Ils respectent la vie privée des gens, en particulier s’ils sont fortunés. » Clairvoyant.
  • Guerre mondiale, au loin aussi

    • Si de nombreux soldats sont venus des quatre coins du monde se battre aux côtés des soldats français, des Français se sont aussi battus loin du front Ouest aux côtés de leurs alliés. Notamment l’armée d’Orient qui continuera de se battre dans les Balkans après l’armistice de novembre 1918. En Afrique, c’est principalement dans les colonies allemandes que se déroulèrent les combats, colonies que la France, la Belgique et le Royaume Unis se partageront après la guerre.
      • La bataille d’Occident
        La bataille d’Occident
        Eric Vuillard / 2012
        Actes Sud
        Les guerres n’éclatent pas par hasard. Elles sont méticuleusement préparées par les militaires et les marchands de canons. « Car déjà le monde grésille, déjà les archiducs sont en rang, déjà quelque chose bégaye, et fabrique tout ce qu'il faut d'obus et de canons [...] » Publié en 2012, ce petit récit de cent quatre-vingts pages est un chef-d’œuvre de déconstruction du mécanisme qui conduira à la Première Guerre mondiale et à ses vingt millions de victimes.
      • Capitaine Conan
        Bertrand Tavernier / 1996
        Studio Canal
        La guerre de 1914-1918 fut celle des canons et de l’industrie triomphante, mais elle resta aussi une guerre de corps à corps. Capitaine Conan est l’histoire d’un commando composé de spécialistes du couteau et du combat les yeux dans les yeux que nous raconte Bertrand Tavernier. Comment l’armée les utilisa mais aussi comment elle leur tourna le dos une fois la paix revenue. « […] quand cette saloperie de guerre s’est arrêtée, on nous a dit de cacher nos couteaux, nos mains pleines de sang, nos gueules et nos souvenirs de tueurs et d’assassins. » Philippe Torreton est tout à la fois magistral et effrayant.
      • La victoire en chantant
        Jean-Jacques Annaud / 1976
        Pathé
        Le monde occidental se partagea l’Afrique à la conférence de Berlin de 1895, conférence au cours de laquelle fut signé un accord entre quatorze pays et empires. Chacun de ces pays déploya donc sur place des infrastructures administratives et industrielles chargées d’exploiter les ressources locales, infrastructures protégées par des forces militaires. C’est la vie d’une de ces communautés avant et pendant la guerre que raconte le premier film de Jean-Jacques Annaud sorti en 1976 avec un Jean Carmet à son meilleur. Oscar du meilleur film étranger en 1977.
  • Lutte des classes

    • En Europe la guerre de 1914-1918 porta un coup fatal à la conception d’une armée de classes avec d’un côté les postes de commandement occupés par les aristocrates et de l’autre le peuple dans toutes ses composantes. Plus à l’est, en Russie, la révolution sera plus profonde encore. Mais la réalité sur le terrain resta la même pour tous avec ou sans particule.
      • Capitaine Conan
        Bertrand Tavernier / 1996
        Studio Canal
        La guerre de 1914-1918 fut celle des canons et de l’industrie triomphante, mais elle resta aussi une guerre de corps à corps. Capitaine Conan est l’histoire d’un commando composé de spécialistes du couteau et du combat les yeux dans les yeux que nous raconte Bertrand Tavernier. Comment l’armée les utilisa mais aussi comment elle leur tourna le dos une fois la paix revenue. « […] quand cette saloperie de guerre s’est arrêtée, on nous a dit de cacher nos couteaux, nos mains pleines de sang, nos gueules et nos souvenirs de tueurs et d’assassins. » Philippe Torreton est tout à la fois magistral et effrayant.
      • La grande illusion
        Jean Renoir / 1937
        Studio Canal
        La guerre de 1914-1918 mettra fin à une armée de classes composée d’un côté d’aristocrates habitués depuis toujours aux parades et au commandement, de l’autre, le peuple qui fait la guerre parce qu’il y est contraint. C’est la fin de ce monde que raconte le film de Renoir tourné en 1937 et qui montre les rapports du lieutenant Maréchal (Jean Gabin), du capitaine de Boëldieu (Pierre Fresnay) et du commandant von Rauffestein (Erich von Stroheim) amenés à cohabiter dans un camp de prisonniers, les deux premiers étant les prisonniers du troisième. Chef-d’œuvre.
      • Les sentiers de la gloire
        Stanley Kubrik / 1957
        MGM
        La Première Guerre mondiale, supposée ne durer que quelques semaines, va durer quatre ans et s’enliser dans les tranchées. Pour gagner une position, les commandements n’hésitent alors pas à envoyer à une mort sûre des milliers de soldats. Devant l’absurdité de certaines décisions des hommes vont se mutiner et refuser de sortir des tranchées. Le film de Kubrick raconte le destin d’un de ces régiments qui refusa un ordre qui l’envoyait à une mort tout aussi certaine qu’inutile. Mais pour les militaires un ordre est un ordre. Tourné en 1964 le film, devant la pression d’associations d’anciens combattants, ne sera distribué en France qu’en 1975.
      • Au revoir là-haut
        Pierre Lemaître / 2013
        Albin Michel
        La guerre détruit physiquement et psychiquement les êtres humains et ravage leurs destinées. Au revoir là-haut est l’histoire de deux jeunes soldats que socialement tout oppose, mais qu’un éclat d’obus va rapprocher d’abord par devoir et par intérêt, puis par amitié. C’est aussi plus largement l’histoire de tous ces soldats survivants mais traumatisés que la société préfère cacher et oublier une fois les armistices signés. Dans ce cadre, monter une arnaque aux monuments aux morts attirerait presque la sympathie. Prix Goncourt 2013.
  • Petites et grandes histoires

    • Vue d’un bureau niché au fond d’un palais ou d’un bâtiment d’état-major, la guerre peut paraître abstraite. Comme un grand jeu de stratégie sur lequel on déplace des pions. Mais pour ceux qui la font et qui en souffrent, la guerre est quelque chose de bien réel dont on ressent les effets dans sa chair et au fond de son âme.
      • Paroles de poilus
        Paroles de poilus
        Jean-Pierre Guéno / 2013
        Contempo
        Des centaines de milliers de jeunes hommes furent arrachés à leur quotidien pour être envoyés à la guerre. Plus d’un million trois cent mille soldats français furent tués durant cette guerre, neuf millions en tout toutes nations confondues. Entre deux batailles, ils prirent parfois le temps d’écrire. Radio France récupéra huit mille de ces lettres et en publia une centaine qui, malgré la censure de l’époque, raconte le quotidien de ces jeunes gens au-dessus desquels flotte la mort.
      • La garçonne et l’assassin
        La garçonne et l’assassin
        F. Virgili , D. Voldman / 2011
        Payot Rivages
        Paul déserte et pour ne pas se faire arrêter se travestit en femme. Il parvient ainsi à échapper aux conséquences directes de la guerre. L’armistice signé, Paul et sa femme Louise réussiront à échapper à la justice jusqu’à l’amnistie de 1925. C’est à partir de cette date que les événements tourneront au drame. La Garçonne et l’Assassin, n’est pas un roman, mais un essai sur un fait divers historique tout autant que sur le travestissement, l’homosexualité et les traumatismes de la guerre en général. Adapté en bande dessinée par Chloé Cruchaudet Mauvais Genre.
      • La bataille d’Occident
        La bataille d’Occident
        Eric Vuillard / 2012
        Actes Sud
        Les guerres n’éclatent pas par hasard. Elles sont méticuleusement préparées par les militaires et les marchands de canons. « Car déjà le monde grésille, déjà les archiducs sont en rang, déjà quelque chose bégaye, et fabrique tout ce qu'il faut d'obus et de canons [...] » Publié en 2012, ce petit récit de cent quatre-vingts pages est un chef-d’œuvre de déconstruction du mécanisme qui conduira à la Première Guerre mondiale et à ses vingt millions de victimes.
      • Au revoir là-haut
        Pierre Lemaître / 2013
        Albin Michel
        La guerre détruit physiquement et psychiquement les êtres humains et ravage leurs destinées. Au revoir là-haut est l’histoire de deux jeunes soldats que socialement tout oppose, mais qu’un éclat d’obus va rapprocher d’abord par devoir et par intérêt, puis par amitié. C’est aussi plus largement l’histoire de tous ces soldats survivants mais traumatisés que la société préfère cacher et oublier une fois les armistices signés. Dans ce cadre, monter une arnaque aux monuments aux morts attirerait presque la sympathie. Prix Goncourt 2013.
      • Mata Hari H21
        Jean-Louis Richard / 1964
        Import
        Née en 1876 aux Pays-Bas et fusillée dans les fossés du château de Vincennes le 15 octobre 1917 pour intelligence avec l’ennemi, danseuse « javanaise », courtisane, mondaine... Mata Hari fut plus un fantasme qu’un espion de haut vol. Cette version de 1964 avec Jeanne Moreau dans le rôle titre (sur un scénario cosigné par François Truffaut) nous montre une femme à la vie compliquée qui essaye de s’émanciper dans un monde encore sous la domination totale des hommes et corseté par les convenances de la fin du XIXème siècle. Une histoire de femme moderne en sorte.
  • La faillite de la raison

    • Toutes les guerres charrient leurs lots de morts et de vies brisées, mais la violence de la Première Guerre mondiale défia l’entendement. Le nombre de vies humaines sacrifiées inutilement par des commandements incapables illustre, entre autre, la faillite de la raison, et ceux qui revinrent du front sans séquelles physiques n’en sortirent pas indemnes pour autant. Pour la première fois, l’Humanité trembla sur ses bases.
      • Voyage au bout de la nuit
        Voyage au bout de la nuit
        Louis Ferdinand Céline / 1932
        Folio
        Prix Renaudot 1932, à deux voix de rafler le Goncourt, le Voyage... est l’histoire de Ferdinand Bardamu, jeune homme qui s’engage pour l’« abattoir international en folie ». Rescapé de la « grande boucherie », Bardamu essayera de soigner son dégoût de la civilisation, d’abord dans l’Afrique coloniale de l’entre-deux-guerres, puis encore plus loin vers les usines Ford de Detroit. Roman communiste pour les uns, anarchistes pour les autres, défaitiste pour tous, Voyage au bout de la nuit, est une charge d’une noirceur terrible contre la guerre et l’humanité dans laquelle Céline place peu d’espoir.
      • L’acacia
        Claude Simon / 1986
        Minuit
        La vie de Claude Simon – prix Nobel de littérature en 1985 – est profondément marquée par les guerres. Celle de 1914 fauche son père près de Verdun alors qu’il n’a qu’un an. L’Acacia, son roman le plus autobiographique, commence en 1919. Le narrateur décrit le périple de trois femmes, dont « la veuve », et d’un enfant à la recherche de la tombe de son père. Claude Simon évoque les dégâts de la guerre, les gens, les paysages dévastés, et la boue jaune qui colle aux chaussures de ces femmes reste à jamais dans l’esprit du lecteur.
      • Capitaine Conan
        Bertrand Tavernier / 1996
        Studio Canal
        La guerre de 1914-1918 fut celle des canons et de l’industrie triomphante, mais elle resta aussi une guerre de corps à corps. Capitaine Conan est l’histoire d’un commando composé de spécialistes du couteau et du combat les yeux dans les yeux que nous raconte Bertrand Tavernier. Comment l’armée les utilisa mais aussi comment elle leur tourna le dos une fois la paix revenue. « […] quand cette saloperie de guerre s’est arrêtée, on nous a dit de cacher nos couteaux, nos mains pleines de sang, nos gueules et nos souvenirs de tueurs et d’assassins. » Philippe Torreton est tout à la fois magistral et effrayant.
  • L’art toujours

    • Bien que de nombreux artistes aient participé aux combats (Cendrars, Braque, Apollinaire, George Groz...), les avant-gardes culturelles (cubisme, ready-made, futurisme) nées au début du XXème siècle ne seront pas stoppées par la guerre. La violence du conflit, le bruit, la fureur des combats, la vitesse, le monde moderne et ses usines nourriront les visions de ceux partis au front comme de ceux restés à l’arrière, et tous continueront à inventer des langages formels révolutionnaires.
      • Rags to Riches
        Rags to Riches
        Scott Joplin / 1902
        Import
        La première guerre mondiale va aussi accélérer les échanges culturels notamment sur le plan musical. Avec l’arrivée des américains c’est aussi le ragtime et le jazz qui arrivent sur nos cotes. Une musique qui marquera les grands compositeurs classiques de ce début de siècle comme Igor Stravinski et son Ebony Concerto, Dimitri Chostakovitch et sa Suite pour orchestre de jazz, ou encore Maurice Ravel et son Concerto pour piano et orchestre « la main gauche ».
      • Concerto pour la main gauche
        Concerto pour la main gauche
        Maurice Ravel / 1929
        EMI
        Conséquence directe de la Première Guerre, Maurice Ravel reçut en 1929 la commande de ce concerto du pianiste Paul Wittgenstein qui perdit son bras droit sur le front russe. Œuvre majeur de Ravel, c’est aussi une œuvre dramatique et particulièrement sombre fortement marquée par la guerre, mais aussi par la crise de 1929.
      • Dada. Manifestes, … (1915-1929)
        Georges Ribemont-Dessaignes / 1994
        Ivréa
        « Dada reste dans le cadre européen des faiblesses, c'est tout de même de la merde, mais nous voulons dorénavant chier en couleurs diverses, pour orner le jardin zoologique de l'art de tous les drapeaux des consulats do do bong hiho aho hiho aho. » Cette citation de Tristan Tzara illustre la radicalité du mouvement Dada créé en 1916 à Zurich au Cabaret Voltaire en réaction à la guerre qui illustrait la faillite de la civilisation et de la raison. Dada reste un des mouvements artistiques les plus importants du XXème siècle. On en ressent encore les ondes de choc jusque dans le mouvement punk de la fin des années soixante-dix.
Putain de guerre
Verdun, le Chemin des Dames, Douaumont, la Somme, les gueules cassées, le gaz moutarde... Les évocations de la première guerre mondiale sont nombreuses et toutes plus effroyables les unes que les autres. Certes, on connaissait déjà les horreurs de la guerre. Mais celle de 1914 qui impliquera plus de vingt pays et empires et fit près de 20 millions de morts, atteint un tel niveau de folie destructrice que pour la première fois la civilisation trembla sur ses bases. « Nous étions jolis ! Décidément, je le concevais, je m’étais embarqué dans une croisade apocalyptique. » L.F. Céline