Le vol du Phoenix

En 2009, avec l’album Wolfgang Amadeus Phoenix, Phoenix a définitivement changé de braquet et mis l’Amérique à genoux avec un mix onctueux d’electro continentale et de soft rock. Ce qui n’empêche pas nos Versaillais de garder aujourd’hui le goût du risque : avec ce nouvel album événement, Thomas Mars et les siens se sont déclarés en Bankrupt (faillite), meilleur moyen de ne pas s’installer dans le confort d’une recette gagnante et de poursuivre leur route buissonnière. Bien leur en a pris : ce disque est plein d’idées, d’audace et d’enthousiasme et régénère la pop music dans une épatante alliance de maîtrise et d’abandon.

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    John, The Wolf King of L.A.

    John Phillips - Audio - 1969
    Inventeur avec quelques autres de la sunshine pop au sein de The Mama’s & The Papa’s, John Phillips délaisse le soleil pour l’ombre avec ce premier album solo mélancolique qui correspond à l’implosion de son couple et fait dans le même temps figure de testament du Summer of Love : une collection de chansons désenchantées et infectieuses servies par des arrangements éblouissants, entre country folk, soul et gospel, et exécutés par le backing band d’Elvis. Masterpiece.
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    Tusk

    Fleetwood Mac - Audio - Warner Bros - 1979
    Moqués par la nouvelle vague qui voyait en eux les symboles d’une génération à abattre, les dinosaures de Fleetwood Mac font aujourd’hui l’objet d’une réhabilitation méritée au regard de quelques albums soft rock qui se bonifient avec le temps. Après Fleetwood Mac (1975) et Rumours (1977) – qui reste aujourd’hui l’un des albums pop les plus vendus de l’Histoire –, le groupe passe deux années à enregistrer Tusk, un monumental double album (20 titres) qui explore de nouveaux horizons, entre rock’n’roll rageur, folk rock psychédélique et berceuses féeriques, pour étrangement finir par évoquer le puzzle du ... White Album des Beatles.
  • Wolfgang Amadeus

    Phoenix - Audio - 2009
    Sorti en 2009, le quatrième album de Phoenix fait basculer le groupe dans une autre dimension en même temps qu’il rend justice à un groupe dont l’impeccable discographie n’avait sans doute jamais atteint un tel niveau de perfection pop sur la longueur d’un album. Les Versaillais ont digéré les différentes composantes qui constituaient leurs précédents opus (soft rock, rock progressif, funk) pour parvenir à une forme d’excellence, alternant entre énergie cool et mélancolie légère avec une étourdissante décontraction.
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    L’Homme à tête de chou

    Serge Gainsbourg - Audio - Philips - 1976
    Dans Musicvision, le documentaire consacré à l’univers musical de Phoenix, il y avait – en bonne place entre Curtis Mayfield, les Beach Boys et Kenny Rogers entre autres – un certain Serge Gainsbourg. Soit celui qui a (ré)inventé la pop française et inspiré des héritiers aussi divers que Bashung, Daho, Darc, Biolay ou encore Air, et donc Phoenix, qui se sont tous déniaisés au son de celui qui avait repoussé les frontières de la chanson française au contact des musiciens de Bowie et Marley notamment.
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    C’est surréaliste !
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    Homework

    Daft Punk - Audio - 1997
    En 1992, à Versailles, trois jeunes étudiants – Laurent Brancowitz alias Branco, futur guitariste de Phoenix, et Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, futurs Daft Punk – créent Darlin’, une formation éphémère qui édite un unique single avant que ses membres ne s’envolent vers le succès que l’on sait. Mais si les chemins de Phoenix et Daft Punk ont pris des trajectoires musicales différentes, les affinités demeurent, et le 20 octobre 2010, lors du final de la tournée de Phoenix au Madison Square Garden, les Daft Punk apparaissent en guest stars, déclenchant l’hystérie générale avec une version stratosphérique de « Around the World ».
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    Le chant de la machine
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    La fille aux cheveux clairs

    Johnny Hallyday - Disque - Philips - 1970
    En 13 ans d’existence, Phoenix a écrit cinq albums et composé plus d’une cinquantaine de chansons. Mais à ce jour, aucune n’a été écrite en français. « Écrire en français, on n’a rien contre. Mais c’est moins facile, plus exigeant. Si ça se fait un jour, tant mieux », expliquait récemment le bassiste Deck D’Arcy. En attendant, c’est une chanson de Johnny que le groupe reprend sur scène : « La fille aux cheveux clairs », un titre qui donne un aperçu prometteur des horizons que les Versaillais pourraient explorer s’ils chantaient dans leur langue natale...
  • La pêche à la truite en Amérique

    Richard Brautigan - Livre - 10/18 - 1974
    Écrivain phare de la contre-culture américaine, Richard Brautigan lançait ses récits en l’air comme on le fait d’un chapeau et ils retombaient toujours sur leurs pattes sans que l’on ait vraiment compris comment il avait fait. Composé d’une cinquantaine de textes courts, sans réels début ni fin, mais avec force digressions et ruptures de rythme, La pêche à la truite en Amérique ressemble à un carnet de voyage imaginaire, écrit dans un style faussement naïf et désinvolte qui figure à merveille l’innocence perdue et le vide de l’existence dans la douce indifférence du monde.
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    Smile

    The Beach Boys - Audio - 1967
    Odes à l’enfance, à l’innocence et à la dolce vita californienne, les chansons des Beach Boys se voulaient des « symphonies adolescentes adressées à Dieu » et, de fait, leurs pop songs gorgées d’harmonies vocales complexes et de lignes mélodiques renversantes sont, aujourd’hui encore, une source d’émerveillement intacte. Enregistré entre 1966 et 1967, et jamais édité avant 2011, l’album Smile est le trésor perdu et retrouvé d’un groupe de frangins qui avaient trouvé l’élixir de la jeunesse éternelle dans leurs créations. Une utopie après laquelle la pop music court toujours cinquante plus tard...
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    Films monstres, films inachevés, films invisibles
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    David Hockney

    Paul Melia & Ulrich Luckhardt - Livre - Anglais - Art Flexi - 2007
    Peintre et photographe anglais installé en Californie, David Hockney mêle pop art et art figuratif dans les années soixante avant que ses toiles ne reprennent le plus souvent des thèmes autobiographiques (personnes, lieux, paysages). Mais que dire de cette série de toiles que lui suggéra Warhol et qui évoquent le dépliant d’une Californie rêvée ? Soleil, palmiers, ciel immaculé... Ses incontournables piscines bleues symbolisent un mode de vie de luxe, de langueur et de volupté – des toiles dont la stylisation pop figure un monde figé où rôde le désir.
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    Can’t Buy a Thrill

    Steely Dan - Audio - 1972
    Originaires de la côte Est, Donald Fagen et Walter Becker émigrent vers la terre promise californienne où leur rock teinté de latin jazz, de funk, de blues et de pop limpide trouve un contexte plus propice pour s’épanouir. La magie opère dès Can’t Buy a Thrill, leur premier album enregistré en 1972. Le brassage des genres se double de mélodies laid back serties dans un entrelacs d’harmonies et d’arrangements aussi complexes que sensuels.
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    Bankrupt

    Phoenix - Audio - East West UK - 2013
    Après quatre ans de silence, les Versaillais reviennent tels qu’en eux-mêmes, mais fatalement transformés par le succès planétaire de Wolfgang Amadeus Phoenix. Quelle direction prendre après avoir tutoyé les sommets ? Thomas Mars et sa bande ont choisi de faire (presque) comme si de rien n’était et de reprendre les choses où ils les avaient laissées avant d’enregistrer Wolfgang... Soit une collection de pop songs parfois exaltantes, souvent éclatantes, qui viennent confirmer Phoenix comme l’une des toutes meilleures formations de l’époque.
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    Marie-Antoinette

    Sofia Coppola - Video - 2007
    En 2006, Sofia Coppola tournait Marie-Antoinette, s’inspirant très librement de la vie de l’archiduchesse d’Autriche devenue reine de France – et s’abstenant de raconter les dernières heures de celle qui fut guillotinée le 16 octobre 1793 sur la place de la Révolution. Une évocation intimiste et stylisée de la vie d’une pauvre petite fille riche embastillée dans la cour de Versailles dans un XVIIIème siècle revisité pop : Gang of Four, New Order, Strokes, Aphex Twin et... les membres de Phoenix reconvertis en musiciens de menuet.
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    Le Langage secret de la Renaissance

    Richard Stemp - Livre - National Geographic - 2012
    Et si tous les génies de la pop music (Brian Wilson, Phil Spector, Andy Partridge, etc.) avaient dû répondre aux principes de l’architecture pour structurer leur pensée, mettre de l’ordre dans leurs idées ? « Moi, j’adore quand l’art et les mathématiques se mélangent, s’enthousiasme Branco, le guitariste de Phoenix. Comme dans l’architecture de la Renaissance, tu sais qu’il y a des formules derrière. Pour moi c’est la combinaison ultime, j’ai l’impression que c’est là que réside la vérité. On a pas mal utilisé ça pour l’album Wolfgang Amadeus Phoenix. »
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    Amadeus

    Milos Forman - Video - Warner Bros - 1984
    Sur le premier single de leur quatrième album, Phoenix évoquait Liszt, « la première rock star de l’Histoire » qui déchaînait les foules partout où il passait. Mais le nom de l’album faisait bien sûr explicitement référence au génie de Salzbourg : « Mozart, c’est l’icône européenne absolue. On a voulu faire comme Warhol, on a pris une icône pour la détruire en la mettant dans un contexte complètement inattendu. C’est notre pop art à nous... », expliquait le guitariste Christian Mazzalai à l’occasion de la sortie de Wolfgang Amadeus Mozart.
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    Voodoo

    D’Angelo - Audio - 2000
    En tendant l’oreille aux albums de Phoenix, des influences se dégagent : le rock des années quatre-vingts bien sûr, le son West Coast évidemment, mais aussi les productions R&B et hip hop de Michael Jackson, Dr. Dre, Timbaland et leur favori du genre, D’Angelo, dont ce Voodoo gorgé de groove, de soul et de mysticisme fut enregistré dans le studio Electric Lady de Jimi Hendrix. Un album fascinant qui n’a toujours pas de successeur 13 ans après, son auteur ayant épousé la trajectoire d’Icare en sombrant dans une dérive paranoïaque peu après son enregistrement.

John, The Wolf King of L.A.
John Phillips

Tusk
Fleetwood Mac

Wolfgang Amadeus
Phoenix

L’Homme à tête de chou
Serge Gainsbourg

Homework
Daft Punk

La fille aux cheveux clairs
Johnny Hallyday

La pêche à la truite en Amérique
Richard Brautigan

Smile
The Beach Boys

David Hockney
Paul Melia & Ulrich Luckhardt

Can’t Buy a Thrill
Steely Dan

Bankrupt
Phoenix

Marie-Antoinette
Sofia Coppola

Le Langage secret de la Renaissance
Richard Stemp

Amadeus
Milos Forman

Voodoo
D’Angelo

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  • John Phillips | John, The Wolf King of L.A.
  • Fleetwood Mac | Tusk
  • Phoenix | Wolfgang Amadeus
  • Serge Gainsbourg | L’Homme à tête de chou
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  • Richard Brautigan | La pêche à la truite en Amérique
  • The Beach Boys | Smile
  • Paul Melia & Ulrich Luckhardt | David Hockney
  • Steely Dan | Can’t Buy a Thrill
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  • Richard Stemp | Le Langage secret de la Renaissance
  • Milos Forman | Amadeus
  • D’Angelo | Voodoo

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