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Thomas Fersen

la playlist

“Je vais laisser ma pensée aller” nous a dit Thomas Fersen quand il a accepté notre invitation. Après avoir vendu quelques centaines de milliers de disques en onze albums, cet artiste curieux, par ailleurs auteur compositeur, vient de changer de braquet pour publier son premier roman, Dieu sur terre, entièrement écrit en octosyllabes, comme un long poème teinté d’autobiographie qui nous plonge dans le Paris des années 60 et 70. Dieu sur Terre est aussi un spectacle conçu autour du roman, créé à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet du 23 février au 4 mars 2023 puis en tournée jusqu’en mai 2024. Il est conseillé de réserver !

Kontakthof 

Pina Bausch
1978 - Jour2Fête
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L’ABÉCÉDAIRE

Gilles Deleuze, Claire Parnet, Pierre-André Boutang
1996 - Éditions du Montparnasse
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Isaac le pirate

Christophe Blain
2001 - Dargaud
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Amarcord

Federico Fellini
1973 - Warner bros.
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Paris la nuit

Brassaï
1933 - Flammarion
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Tristan et Iseult

Richard Wagner, Carlos Kleiber
1865 - Deutsche Grammophon
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Dieu sur terre

Thomas Fersen
2023 - L’Iconoclaste
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Les Buddenbrook : Le déclin d'une famille

Thomas Mann
1901 - Le Livre de poche
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La troisième jeunesse de Madame Prune

Pierre Loti
1905 - Kailash
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À la recherche du temps perdu

Marcel Proust
1913 - Folio
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Notre-Dame-des-Fleurs

Jean Genet
1944 - Folio
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Ulysse

James Joyce
1922 - Gallimard
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Kontakthof 

Pina Bausch - 1978 - Jour2Fête

Je désespérais de voir Kontakthof un jour, et je l’ai finalement vu récemment. J’adore ce genre d’objet. Je m’y sens bien. Je n’ai pas grand-chose de plus à en dire, mais j’incite tout le monde à voir un spectacle de Pina Bausch et des grands chorégraphes comme Maguy Marin, Bill T. Jones, Mats Ek… C’était parfois contemporain, parfois néo-classique mais tout me plait. 

L’ABÉCÉDAIRE

Gilles Deleuze, Claire Parnet, Pierre-André Boutang - 1996 - Éditions du Montparnasse

La philosophie c’était compliqué pour moi. Je ne rêvais pas, je restais à la porte. Un jour un copain m’a parlé de l’ABÉCÉDAIRE de Gilles Deleuze. Et j’ai adoré ça. C’est exactement comme ça qu’il fallait me parler de la philosophie. Tout est clair ; la notion de concept, le fait qu’un concept c’est concret et ça sert à résoudre des problèmes, pourquoi le philosophe invente des concepts comme un peintre s'attaque à une toile... Et puis le charme, la voix, la gestuelle du personnage. Son rire ! Depuis je m’intéresse aux autres philosophes. Et c’est ça qui est important. C’est celui qui met le pied dans la porte pour qu’elle reste ouverte. 

Isaac le pirate

Christophe Blain - 2001 - Dargaud

Je n’avais jamais été un grand lecteur de BD mais j’ai plongé dans cet art de la narration dans les années quatre-vingt-dix avec la génération de L’Association et les auteurs comme Sfar, Marjane Satrapie, Trondheim, Christophe Blain, Mathieu Sapin, et déjà Riad Sattouf qui était tout jeune. 

Amarcord

Federico Fellini - 1973 - Warner bros.

Ce qui m’est venu à l’esprit d’abord c’est la référence du cinéma italien dans mon existence. Dans les années soixante, mes parents nous emmenaient régulièrement en Italie en vacances. Nous allions dans une pension de famille à Pesaro, qui est collé à Rimini, la ville de Fellini… où se déroule l’action d’Amarcord, juste après la guerre. Même si je ne comprenais pas tout, dans les films de Fellini il y a des passages pour les enfants comme la buraliste aux gros nichons par exemple ! Plus tard, j'ai vu les films de Visconti. Je me rappelle bien de Ludwig avec ce personnage interprété par Helmut Berger, ces brouillards, ces brumes, cette espèce de romantisme noir… Ça me plait toujours beaucoup, je suis même allé visiter les châteaux du roi fou en Autriche. J’ai découvert Roberto Rossellini par moi-même, vers vingt ans, avec Paisa d’abord. J’ai toujours aimé ce cinéma qui était à la limite du documentaire. Le néoréalisme en quelque sorte, même si j’aime aussi énormément Le Jardin des Finzi Contini de Vittorio De Sica

Paris la nuit

Brassaï - 1933 - Flammarion

La photo m’a pris dans les années quatre-vingt. Il se trouve que mon père était ami avec de grands photographes, notamment Robert Doisneau qu’on voyait beaucoup. C’est par les livres qui étaient à la maison que j’ai commencé mon exploration. Puis j’ai cherché par moi- même et j’ai découvert Brassaï notamment Paris la nuit. Pendant une dizaine d’années, j’allais acheter des livres de photo qui étaient gros et coûteux, une manie qui m’a tenu jusqu’à mes trente-cinq ans. J’ai ainsi découvert Willy Ronis, Cartier Bresson, Izis, Elliott Erwitt… Même si ça m’est un peu passé, les livres sont toujours là. 

Tristan et Iseult

Richard Wagner, Carlos Kleiber - 1865 - Deutsche Grammophon

Je n’ai pas tellement envie de parler de rock parce que j’en suis un peu fatigué, mais aussi parce que des gens m’ont fait découvrir d’autres choses qui excitent ma curiosité. Ma compagne, qui est violoniste, m’a fait écouter un podcast sur lequel un spécialiste expliquait le pourquoi du comment du premier accord de l’ouverture de Tristan et Iseult de Wagner. Comme le lendemain j’étais seul, j’ai écouté le reste… et Wagner pendant deux jours. Je n’avais pas ressenti un tel engouement pour la musique depuis que j’avais découvert le rock à l’âge de dix ans ! J’ai été enflammé.

Dieu sur terre

Thomas Fersen - 2023 - L’Iconoclaste

Pour la première fois, Thomas Fersen passe au roman et met son talent de musicien au service d’un texte plein d’émotion. Il a gardé dans sa plume le rythme et les rimes de ses chansons, et cette immédiateté qui ont fait de lui un parolier reconnu. Dans ce monologue littéraire, il livre un premier roman réjouissant, mêlant sa propre histoire à la fiction.

Les Buddenbrook : Le déclin d'une famille

Thomas Mann - 1901 - Le Livre de poche

J’ai découvert la littérature seul, d’une façon plus intuitive qu’autre chose, notamment au cours d’un voyage en Suède. Comme je partais seul, j’ai attrapé un livre qui était un bouquin de Thomas Mann. Je me suis alors rendu compte qu’un livre pouvait être un compagnon, et à partir de ce moment je n’ai plus cessé de lire. J’ai vu aussi ce que je pouvais tirer de la lecture et de la littérature, à savoir mon goût de la narration, m’instruire, vivre plusieurs vies, enrichir mon vocabulaire, apprendre à m’exprimer… tout ce qui tourne autour du langage et que j’ai toujours aimé dès mon plus jeune âge. En fait, j’ai beaucoup lu enfant, puis j’ai arrêté au moment de la grande catastrophe de l’adolescence, pour reprendre au moment de ce voyage en Suède, j'avais vingt-quatre ans. 

La troisième jeunesse de Madame Prune

Pierre Loti - 1905 - Kailash

Kailash est un libraire, mais aussi un éditeur qui imprime des éditions originales. J’ai trouvé cette édition du roman de Pierre Loti imprimée sur un papier duveteux, presque du buvard, ornée d’une très belle illustration japonaise. Là, j’ai découvert un précurseur de Proust, dans la sensibilité et cette façon d'évoquer avec puissance un environnement qui fait qu’on est réellement avec lui dans son époque. Ce que je recherche parfois dans la littérature c’est la déconnexion d’avec notre époque. C’est une victoire sur le temps qui parfois est un fardeau. Le roman se passe dans le port de Nagasaki qui, à cette époque, est un port de relâche pour toutes les marines de guerre, et où existait une forme de proxénétisme quelque peu spécial, puisqu’on célébrait des mariages temporaires. Loti lui-même a été marié trois mois. Quand je lisais ce roman j’étais réellement plongé dans ce Japon de la fin du 19e siècle. 

À la recherche du temps perdu

Marcel Proust - 1913 - Folio

J’ai lu La recherche entre mes 35 et 40 ans. Bien entendu, j'ai eu d’autres lectures durant cette période, mais pour moi il y a un avant et un après Proust. Cette lecture a changé ma pensée, ma façon de regarder les choses et les caractères. 

Notre-Dame-des-Fleurs

Jean Genet - 1944 - Folio

J’ai aimé cette poésie entre garçons notamment parce que j’évoluais dans des environnements qui n’étaient pas mixtes. Des écoles de garçons, dans des bandes de garçons, et dans mon métier encore avec des garçons. Dans les quatre premiers romans de Genet j’ai retrouvé des choses liées à la féodalité entre jeunes garçons. 

Ulysse

James Joyce - 1922 - Gallimard

Malgré sa réputation, j’ai lu Ulysse sans aucune difficulté, probablement grâce à la traduction revue par Valéry Larbaud qui était un grand écrivain. J’en garde la conviction qu’un grand traducteur doit être un grand écrivain. 

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