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Sandrine Collette

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Quand on parle des reines du thriller, on pense bien sûr toujours au vieux Royaume d’Albion. Mais la France possède aussi, rayon roman noir, quelques impératrices… En 2013, un roman de rouille et de sang particulièrement crépusculaire devait annoncer le renouveau d’une collection légendaire des éditions Denoël, Sueurs froides, et imposer du même coup une jeune romancière, jusque-là inconnue, Sandrine Collette. Des nœuds d’acier décrochait cette année-là le Grand prix de la Littérature policière et le Prix des lycéens. Quatre ans plus tard, alors que son cinquième thriller, Les larmes noires de la terre, vient de sortir, la romancière nous dévoile quelques-uns de ses coups de cœur.

Suivre l’étoile

Jacques Brel
1953 - 1977 - Barclay
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Van Gogh – L’œuvre complet

Rainer Metzger, Ingo F. Walther
1853 – 1890 - Taschen
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Festival Burning Man

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Les Larmes noires sur la terre

Sandrine Collette
2017 - Denoël
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Bambi

Hand-David D.
1942 - Walt Disney
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L’Apocalypse de Jean

Jean
86 av J.C. - Rivages
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Le Château ambulant

Hayao Miyazaki
1986 - Studio Ghibli
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Les Délices de Tokyo

Naomi Kawase
2015 -
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Le Ravissement de Lol V. Stein

Margueritte Duras
1964 - Folio
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Les Cavaliers

Kessel-Joseph
1967 - Gallimard
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Tandis que j’agonise

William Faulkner
1930 - Folio
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Suivre l’étoile

Jacques Brel - 1953 - 1977 - Barclay

La force, la noirceur, les tripes. Ce regard sans illusion sur le monde. Et quand c’est rigolo c’est cynique. Brel, au moment où je l’entends, j’arrête de faire ce que je fais et j’écoute. Si je mets Brel, je n’arrive pas à écrire en même temps. Ce n’est pas une musique de fond. Ça prend toute la place.

Van Gogh – L’œuvre complet

Rainer Metzger, Ingo F. Walther - 1853 – 1890 - Taschen

Ce qui m’intéresse dans ses tableaux, c’est ce mouvement perpétuel qu’on voit sous nos yeux. Ce mouvement de l’invisible, de voir l’air bouger, l’impression que tout le temps il se passe quelque chose.

Festival Burning Man

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J’aime le côté déjanté de ce festival. C’est une histoire entre copains, on brûle une effigie sur une plage et puis ça devient un rassemblement de plusieurs milliers de personnes. C’est aussi l’idée de construire une ville éphémère avec des caravanes en plein désert. Sans attachement. Donner libre cours à son imagination avec ses sculptures démentes. Pendant la durée de ce festival, tout est démesuré, hors norme, hors code. Il paraît qu’une édition se déroulerait en France, cet été, sur le plateau du Larzac. Site Internet

Les Larmes noires sur la terre

Sandrine Collette - 2017 - Denoël

« Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé «la Casse».

Bambi

Hand-David D. - 1942 - Walt Disney

C’est un traumatisme d’enfance archi fondateur. Quand je pense à la noirceur du monde et à l’idée que tout le bonheur du monde peut basculer en un dixième de seconde, c’est l’image de Bambi qui me revient. C’est quelque chose qui a complètement impacté ma vie, la façon dont je me suis construite, l’angoisse de l’impermanence, que ça va forcément basculer. Pour moi, Bambi, c’est l’angoisse de la perte des êtres qu’on aime, l’angoisse de l’abandon et de la mort. Dans tous mes livres il y a quelque chose de ça.

L’Apocalypse de Jean

Jean - 86 av J.C. - Rivages

Je le prends comme un texte littéraire et pas religieux. J’ai l’impression que ça pourrait être un roman catastrophe. C’est la fin du monde. Il y a quelque chose qui vous prend viscéralement. Ca vous happe, ça vous oppresse, vous vous dites que c’est vraiment la fin. En le relisant, ça m’est même arrivé de me demander si dans la vie de tous les jours, il n’y avait pas de signes qui annonceraient cette fin. C’est le côté prophétique, visionnaire et viscéral à la fois qui me fascine. Je suis peut-être influencée par le fait que  j’ai entendu l’Apocalypse avant de la lire. Ça vous donnait des frissons, tous les gens qui l’ont entendu avaient la chair de poule. C’est sidérant.

Le Château ambulant

Hayao Miyazaki - 1986 - Studio Ghibli

J’ai l’impression que parfois, quand je parle de Miyazaki, on me regarde comme une attardée. Je trouve Le Château ambulant sublime. Profusion d’images, de situations, ce côté magique aussi. La fascination pour un esprit qui arrive à imaginer des choses inimaginables. J’adore cette capacité aussi à sortir du réel, à se tenir à la frontière de la réalité et du hors-réalité. Ce qui m’intéresse beaucoup c’est le traitement du passage des âges, l’intergénérationnel, la maladie et la mort. Cette jeune fille qui est transformée en vieille dame, le basculement d’un coup sur les derniers âges de la vie, je trouve ça magique, stupéfiant.

Les Délices de Tokyo

Naomi Kawase - 2015 -

Cette histoire d’une vieille dame qui vient proposer sa recette de haricots rouges à cet homme un peu perdu tout seul dans sa boutique, c’est su-blime. Ce film est à la fois esthétique, poétique, onirique même. On se gorge de la vue de ces cerisiers en fleurs qu’on a l’impression de sentir. On a l’impression d’être dans une sorte de rêve. Je me dis que je tourne en rond parce que, là-aussi, j’avais beaucoup aimé le fait qu’en plus du vendeur, qui doit avoir quarante ans, et de cette vieille dame, il y ait cette jeune fille qui elle aussi semble être un peu perdue. Les destins difficiles, j’adore ça en fait ! Cette capacité à montrer cette vieille dame avec ses mains toutes tordues, ce qu’on arrive à faire de bien avec la vie même au seuil de la mort, cette espèce d’atmosphère flottante. Ce que j’adore c’est que ce soient des destins ordinaires, des gens comme vous et moi… si on vivait au Japon ! Pas des super-héros mais des gens simples.

Le Ravissement de Lol V. Stein

Margueritte Duras - 1964 - Folio

J’ai choisi ce livre mais j’aime à peu près tout Duras. Mais Le Ravissement… c’est le premier que j’ai lu d’elle, c’est donc le livre de la découverte. Ce que j’avais aimé c’est qu’on était dans un monde insaisissable, fuyant, impossible. Ce type qui revoit la femme qu’il a aimée, qu’il aime toujours, et qui, pour la comprendre, se sent obligé d’inventer sa vie. Donc tout n’est qu’hypothèse, invention, supposition. On est entre deux mondes, on ne sait plus où est la réalité, l’imaginaire. L’idée de ne plus savoir où on est, la sensation de flottement, la question des frontières. C’est un roman qui est sur le fil. Et j’adore son écriture, ses phrases inachevées. Il y a des gens qui détestent ça, moi, c’est ce que j’adore. On ne peut pas confondre cette écriture et une autre. Il y a une marque Duras.

Les Cavaliers

Kessel-Joseph - 1967 - Gallimard

Un livre sur un personnage hors du commun, un cavalier afghan qui a le meilleur cheval du monde, qui est le meilleur cavalier de sa tribu, qui doit gagner le bouzkachi, la course la plus importante pour ce peuple de cavaliers, et qui se casse la jambe, qui sera même amputé. En fait, c’est un roman sur la résilience, comment on se relève de la douleur, du déshonneur, de tout ça.

Tandis que j’agonise

William Faulkner - 1930 - Folio

Encore une histoire de destins brisés. L’histoire de cette femme qui fait promettre à son mari de l'enterrer parmi les siens dans le cimetière de Jefferson situé à plus de 40 miles de leur ferme. La météo s’en mêle, les grandes inondations empêchent de passer les ponts pour atteindre le cimetière, on ne peut plus passer le corps… Un roman sur la dureté de l’existence et pour le lecteur quelque chose, une sécheresse qui prend aux tripes. Au niveau littéraire, on ne peut pas se tromper. Il y a une densité stupéfiante chez Faulkner, même dans une écriture au kilomètre où parfois la grammaire vous échappe… Je trouve ça sublime.

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