Quand il m’a fallu choisir un sujet de thèse, j’adorais Genet et j’adorais Céline. De ce point de vue, aimer les deux n’était déjà pas normal ! Mais moi, les gens qui n'aiment que Céline me dérangent, je change de trottoir. Genet me faisait plus peur. Les méandres de son éloge de la trahison, tout ça m’avait énormément marqué, mais c’était pour moi presque intouchable. C’était un auteur qui me mettait dans un état de sidération. Je n’aurais pas pu dire un mot sur son œuvre. J’étais sous l’emprise de ses provocations. Pompes funèbres, c’est un livre très provocateur. L’hommage à un amoureux mort, communiste, et par ailleurs un hommage au virilisme des soldats de la Wehrmacht, c’est quand même assez compliqué ! On est sans cesse dans les renversements de valeurs et des provocations aux lecteurs pour lui mettre la tête à l’envers. Quand on lit ça à la fin de l’adolescence, on est très tourneboulé !