Il a peu d’auteurs que Welles a vénérés comme Shakespeare. Cervantès, Molière, Conrad, mais Shakespeare reste sur la plus haute marche de son podium, l’auteur qu’il a adapté trois fois au cinéma ; Macbeth en 1948, Othello (Grand prix à Cannes en 1952), et Falstaff en 1966. La réalisation d’Othello, qui prendra presque quatre années, est une aventure en soi ; difficultés financières, tournage à épisodes, changements de comédiens, costumes et décors bricolés. Sans doute ces circonstances ont poussé Welles à ce montage éclaté, kaléidoscope, hallucinantes plongées et contre-plongées, subtils jeux d'ombre et de lumière. Welles a beaucoup coupé la pièce mais respecté l'esprit shakespearien. Ce magnifique Othello est un acte de foi dans le cinéma.