Ça m’a toujours intéressé d’imaginer des films qui cherchent l’invisible, ce qui se passe au plus profond des personnages. J’y ai travaillé par le trauma, j’ai essayé de travailler sur la question du rêve, et à la fin de mon adolescence je suis tombé sur Mulholland Drive qui s’est ancré en moi. Quand je le regarde aujourd’hui, je ne pense pas qu’il soit parfait, mais je sens bien à quel point il vient créer une temporalité qui n’est pas celle habituelle des films. Il vient jouer sur quelque chose qui me paraît extrêmement spécifique, extrêmement singulier. On est entre l’analyse des rêves et la psychiatrie, c’est l’inconscient mis en images. Et c’est fait avec un brio sans pareil.