Vive la Culture ! c'est 743 sélections et 8712 oeuvres choisies à la main.
FERMER
Mort à crédit
J’aime

Mort à crédit

Louis-Ferdinand Céline
Folio
1936

Céline me tourneboulait : comment ce type avait pu vendre sa plume à l’air du temps, comme aujourd’hui certains se rallient plus ou moins à l’extrême droite ? Maintenant on comprend bien le processus puisqu’on le vit en direct. De Céline, je garderais Mort à crédit parce que c’est un roman très puissant sur l’enfance, sur une détestation de la famille, en particulier du père. Ça commence comme un récit autobiographique assez violent, puis on passe chez les oncles, les inventeurs, et finalement, ce pacte autobiographique qu’il met en place au départ, Céline le trahit d’une façon magnifique en partant vers l’émerveillement de l’enfance, vers tout un monde imaginaire. Tout un tas de choses qu’il a pu entrevoir dans cette fin de la Belle Époque. Il se réinvente une enfance qu’il délire, qu’il fictionnalise. C’est vraiment un travail insidieux. Mort à crédit a complètement déboussolé les gens parce qu’après le Voyage, dans lequel Céline avait bouclé la guerre, le colonialisme, l’Amérique, les années vingt, les gens s’attendaient à ce qu’il nous parle du présent des années 30. Et bien non. Il remonte en amont, il prend les lecteurs à contre-pied en faisant le portrait de la fin de l’imaginaire du 19e siècle. Par ailleurs, Mort à crédit est le livre de la vraie révolution syntaxique, plus que dans le Voyage qui est encore empreint d’une rythmique assez classique, avec des chutes en fin de paragraphe sur le néant de la nature humaine. Dans Mort à crédit, la cadence est différente, elle commence à être d’une inventivité errante qui l’emmène bien au-delà de lui-même.

Cette oeuvre est présente dans :

se connecter

Créer votre compte

Vous aurez la possibilité de créer votre médiathèque et sauvegarder les oeuvres de nos sélections
Voulez-vous vous inscrire à notre Newsletter hebdomadaire ?