Quand il est publié en 1857, le recueil des Fleurs du mal est accueilli avec une extrême violence qui peut se résumer sous la fameuse formule de Gustave Bourdin dans le Figaro : « L’odieux y côtoie l’ignoble ; le repoussant s’y allie à l’infect ». Deux mois plus tard, c’est le procès et la condamnation pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». La réhabilitation de ce qui reste comme une œuvre majeure de la littérature française ne viendra que le 31 mai 1949. Rejetant le réalisme et le positivisme contemporains, Baudelaire écrit en 1846 : « La première affaire d’un artiste est de substituer l’homme à la nature et de protester contre elle. Cette protestation ne se fait pas de parti pris, froidement, comme un code ou une rhétorique, elle est emportée et naïve, comme le vice, comme la passion, comme l’appétit. »