Kaddish
Kaddish, c’est un recueil de poèmes que Ginsberg a publié dans les années cinquante. À cette époque, je lisais plutôt de la littérature française et, avec Ginsberg, j’ai non seulement découvert la littérature américaine, mais aussi la poésie américaine, notamment celle des écrivains de la Beat Generation. Ça a été fondateur pour moi parce que c’est un recueil de poèmes en prose, une prose poétique, narrative, dans laquelle il parle, entre autres, de sa mère qui a été longuement internée en psychiatrie. Mais c’est surtout la technique d’écriture de Ginsberg qui m’a frappé. J’en étais resté à des poètes comme René Char que j’aimais bien mais qui travaillait beaucoup sur le secret et la nature puisqu’il était provençal. Avec Ginsberg je débarquais dans autre chose, c’est le côté narratif de cette poésie qui m’a intéressé. À peu près au même moment, je lisais Solitudes de Bob Kaufmann, un autre poète américain de cette époque. La découverte de la poésie des beatniks m’a poussé moi-même à écrire, et j’ai donc écrit de la poésie durant une dizaine d’années.
