Après la révolution de 1917, la collection Morozov est nationalisée et renommée musée de la peinture occidentale moderne no2, le numéro 1 étant attribué à la collection Chtchoukine. En 1918, les deux collections sont réunies dans l’hôtel particulier d’Ivan Morozov. En 1941 l’ensemble des toiles est envoyé en Sibérie à l’abri des bombardements allemands mais stocké dans des conditions de conservation terribles. Après la guerre, en 1948, Staline fait publier un décret qui ordonne la liquidation des collections Morozov-Chtchoukine retournées à Moscou mais jugées “nuisibles et bourgeoises”. C’est Sergueï Merkourov, directeur du musée Pouchkine, et Joseph Orbeli, directeur de l’Ermitage, qui entreprirent le sauvetage des collections Morozov-Chtchoukine. Quelques années auparavant, c’est Jacques Jaujard, alors directeur des Musées Nationaux qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, sauva les chefs-d’œuvre du Louvre du pillage Nazi et de la convoitise d'Hitler, en organisant l'évacuation et l'exode de plus de 4000 trésors. Merkourov, Orbeli, Jaujard, ou sauver l’art pour l’humanité.