Présenté en compétition à Cannes en 2003, Elephant provoqua un choc et une controverse. On sait ce qu’il advint : le film de Gus Van Sant, réalisé pour la chaîne HBO, obtint la Palme d’or grâce à un Patrice Chéreau, président du jury, fasciné par cette recréation conceptuelle et traumatique de la tuerie de Columbine. Inspiré par le film éponyme du cinéaste anglais Alan Clarke, Elephant est, en effet, une œuvre hypnotique qui capte l’irruption de la violence meurtrière sur un campus anonyme, jouant sur la répétition et les changements de point de vue. La réalité américaine, avec son goût immodéré pour les armes à feu, ne cesse depuis de nous faire revenir, pour le meilleur et pour le pire, à ce film capital et inoubliable.