Asano, à travers cette histoire d’un mangaka - dont on peut penser qu’il s’agit de lui-même - se livre à une vraie critique de la société japonaise. C’est très rare dans l’univers du manga, surtout de la part d’un auteur reconnu et qui rencontre un très grand succès. Habituellement les auteurs de manga esquivent plutôt ce genre de sujet. Ici, Asano ne prend pas de gants. Il se sert des archétypes du genre pour faire dire à son personnage qu’il s’engage à faire les meilleurs livres possibles, à des éditeurs qui ne l’écoutent même pas, trop occupés qu’ils sont par les chiffres de ventes. Au Japon, Errance a été très mal reçu. C’est vraiment un super bouquin, avec une très belle histoire d’amour. Pour moi, Asano est un peu le Houellebecq japonais.