Nekrassov, ancien officier du génie ayant combattu à Stalingrad aux heures difficiles, ne cachait pas son ambition d’égaler L’Adieu aux armes. Pas plus qu’il ne dissimulait son admiration, ni l’influence d’Hemingway ou de Jack London, auteurs admis par la censure stalinienne. Dans ce récit au jour le jour des combats acharnés d’une ville martyre, il reste fidèle à ses maîtres : simplicité, violence, humanité impromptue. Son début sur la retraite de 1942, la contre-offensive allemande et ses étapes est remarquablement sobre et percutant. L’écrivain, couronné du prix Staline en 1949, finit sa vie à Paris. Un grand roman de guerre, à mettre sur le même rayon que À l’Ouest rien de nouveau (Erich Maria Remarque 1928), Les Nus et les morts (Norman Mailer 1948), Capitaine Conan (Roger Vercel, prix Goncourt 1934) voire les nouvelles de La Main coupée (Blaise Cendrars 1946).