Rosalia et Karen Peris forment une sorte de binôme contradictoire. D’un côté il y a une icône un peu R’n’B, et de l’autre une espèce de mormone folk americana. Chez Rosalia il y a cette volonté de créer quelque chose de neuf, une version hispanisante de Björk en quelque sorte, avec cette volonté de marquer un territoire très fort corporellement et musicalement en chantant en espagnol. Sa voix me touche énormément, il y a des moments de pure grâce. Karen Peris c’est l’immuable, ça me touche autant que Nick Drake. On se vautre dans une mélancolie qui n’est jamais larmoyante, qui reste une pure émanation de la personne. C’est quelqu’un d’étonnant qui a toujours le sourire du ravis de la crèche quand on la voit chanter, mais il y a une forme de mélancolie dont elle ne se départit jamais qui me trouble et que j’adore.