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Kraftwerk : Des machines et des hommes

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Le plus singulier des groupes de pop allemande jouera ses huit albums – un par soir – à la nouvelle Fondation Louis Vuitton, du 6 au 14 novembre. Du quatuor fondé à Düsseldorf en 1970, il ne reste pourtant, du line-up originel, que Ralf Hütter… Mais qu’importe ! Kraftwerk – à nouveau composé en quatuor – c’est avant tout une « marque » et un concept. Leurs concerts sont de véritables « son, images et lumière » en 3D, axés sur un simple postulat, que le groupe défendait déjà ainsi il y a trente ans : « Avec la musique électronique, vous avez le contrôle de l’imagination des gens qui sont dans la salle ». Bienvenue dans l’univers artistique des hommes-machines !

Ege Bamyasi

Can
1972 -
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A Man & A Machine Vol 1.

Anthologie / Collectif
2008 - Le Son du Maquis
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Random Access Memories

Daft Punk
2023 - Columbia
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Detroit Sampler

Pierre Evil
2014 - Ollendorff & Desseins
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La Fondation Vuitton

Frank Ghery
2014 - Fondation Vuitton
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Joseph Beuys

Alain Borer
2011 - La Bibliothèque des Arts
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Rock Machine

Norman Spinrad
1986 - Robert Laffont
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Un an dans les airs

Nicolas Fructus
2013 - Mnémos
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2001 : l’odyssée de l’espace

Stanley Kubrick
1968 - Warner Bros.
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The Legendary Joe Meek

John Repsch
2011 - Cherry Red Books
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14 Dub Blackboard Jungle

Lee Scratch Perry & The Upsetters
1978 - Cleopatra Records
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Autobahn

Kraftwerk
1974 -
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Lament

Einstürzende Neubauten
2014 - Mute
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Jimi Plays Monterey

Jimi Hendrix
1967 -
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NEU !

Neu !
1971 - Grönland
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Ege Bamyasi

Can - 1972 -

En 1971, le premier album de Can, constitué de morceaux foutraques et parfois oppressants, marqués par des lignes de basse hypnotisantes et obsessionnelles, avait fasciné des artistes comme John Lydon ou Brian Eno. Influencé tant par le Velvet que par Miles Davis, le groupe a quasiment gravé les sillons de ce que pouvait alors être, selon eux, le « romantisme du futur », en s’offrant même une place dans les charts avec des tubes minimalistes comme « Vitamin C ». Ils misaient tout sur des compositions spontanées, et pariaient sur le fait que, durant les sessions d’enregistrement, les musiciens entraient en relation par ... télépathie.

A Man & A Machine Vol 1.

Anthologie / Collectif - 2008 - Le Son du Maquis

Peut-être l’une des plus pertinentes compilations de pop et new wave sous électro, enregistrée en analogique. Un balayage des groupes les plus innovants, et souvent méconnus, de la décennie 1978 - 1988, avant que la house ne déferle sur le monde occidental. Des bidouillages des Londoniens de Fad Gadget aux expérimentations glaciales des Belges de Neon Judgement, en passant par les prémices de la French Touch, avec Trisomie 21, on redécouvre, comme le disait Tony Wilson, le patron de la Factory de Manchester, que « grâce à ce son trempé dans l’acier, l’homme blanc s’est mis à danser ».

Random Access Memories

Daft Punk - 2023 - Columbia

Depuis le milieu des années 1990, les pionniers de la « French touch », planqués chacun derrière un casque, ont parfaitement illustré la désincarnation de la rock star, censée s’effacer derrière l’œuvre qu’elle produit. A ce paradoxe près que Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo – guitariste de formation - trahissent régulièrement ce besoin de revenir aux « vrais » instruments, notamment lorsqu’ils font appel à l’ex-Chic Nile Rodgers pour assurer les parties guitares de leur album « Random Access Memories ». Stratégie payante, puisque c’est comme ça qu’ils ont raflé leur Grammy Awards en janvier 2014. Cette nouvelle édition est enrichie d'une dizaine de titres.

Detroit Sampler

Pierre Evil - 2014 - Ollendorff & Desseins

C’était, avec Chicago, l’une des capitales à la fois du blues et de l’industrie. La ville de John Lee Hooker et de l’automobile, de la Motown et de la discrimination raciale… La « Motor City », comme on l’appelle encore, a offert à l’Amérique bon nombre d’artistes sauvages et subversifs, du MC5 à Eminem, de George Clinton à Iggy Pop. Il n’est pas étonnant que, victime d’une désindustrialisation galopante, elle ait été également, au milieu des années 1980, le berceau de la techno avec des figures comme « Mad » Mike Banks qui fonda U.R. (Underground Resistance) en 1989, un label qui se fera connaître grâce à des artistes comme Juan Atkins ou Jeff Mills.

La Fondation Vuitton

Frank Ghery - 2014 - Fondation Vuitton

Fraîchement inauguré, c’est ce bâtiment élégant et futuriste qui accueillera les concerts de Kraftwerk. Imaginé par l’architecte franco-canadien Frank Gehry, qui avait notamment réalisé le Musée Guggenheim de Bilbao, il a été conçu comme « un vaisseau aérien magnifique qui symbolise la vocation culturelle de la France ». Avec ses douze panneaux de verre courbés en forme de voiles semi-couchées, le bâtiment change en fonction de l’heure et de la lumière, pour donner « une impression d’éphémère et de changement continuel », dixit Gehry. http://www.fondationlouisvuitton.fr

Joseph Beuys

Alain Borer - 2011 - La Bibliothèque des Arts

Parmi les artistes qui influencèrent l’imagerie de Kraftwerk, Joseph Beuys (1921-1986), lié au mouvement Fluxus et fan de Duchamp, dont les happenings étaient toujours politiquement « engagés » -tendance écolo. Beuys croyait en la « sculpture sociale », et estimait que le seul acte plastique véritable consistait dans le développement de la conscience humaine, ne lésinant pas sur la graisse, le miel, les rognures d’ongles, le poil et le sang pour bâtir ses œuvres...

Rock Machine

Norman Spinrad - 1986 - Robert Laffont

Parrain des cyberpunks, l’auteur américain imaginait un monde dominé par les « P.A. », les Personnalités Artificielles, dans lequel le rock serait dépossédé de son aspect charnel. Il ne disparaît pas pour autant : l’idée est de créer une rock star entièrement synthétique. Une déshumanisation qui n’est pas au goût de tous : le Front de Libération de la Réalité est en marche. Difficile à trouver mais indispensable.

Un an dans les airs

Nicolas Fructus - 2013 - Mnémos

Soutenu par des textes des pointures de la SF comme Jeanne-A. Debats ou Johan Heliot, Nicolas Fructus, dessinateur-inventeur de machines rocambolesques, embarque Jules Verne et son copain Felix Nadar sur une cité volante, pour un voyage au cours duquel l’écrivain français concevra une partie de son œuvre, croisant Phileas Fogg ou le Capitaine Nemo. Un hommage aux uchronies « steampunk », un courant littéraire né à la fin du XIXème siècle, qui imaginait que notre monde se serait développé non pas avec l’électricité mais avec la vapeur...

2001 : l’odyssée de l’espace

Stanley Kubrick - 1968 - Warner Bros.

On aurait envie de retenir du film, présentement, cet australopithèque qui, découvrant que l’os peut devenir une arme, cogne sur un squelette d’animal en le pulvérisant, comme un percussionniste détruisant son instrument en recherchant le beat parfait... De fait, en quatre actes, la volonté et le pouvoir humains vont peu à peu se dissoudre dans l’omniscience et la toute-puissance des machines et notamment du super-ordinateur Hal. Au final, c’est Richard Strauss qui triomphe, avec Ainsi parlait Zarathoustra en point d’orgue de la bande-son.

The Legendary Joe Meek

John Repsch - 2011 - Cherry Red Books

Joe Meek (1929-1967) demeure le maître – anglais - des grands tubes oubliés interprétés par des groupes oubliés. Genre « Telstar » des Tornados, ou « Have I The Right ? » des Honeycombs. Pionnier des sons électroniques, obsédé par l’imagerie sonore de la science-fiction, Joe Meek emballe dans des boîtes secrètes ses machines à reverb’, fabriquées avec de vieux ressorts. Parano au dernier degré, il se réfugie dans son studio, où il accélère la vitesse des bandes à l’enregistrement et fait jouer les musiciens dans les toilettes. Il va même se planquer dans un cimetière avec un magnéto. Ruiné, il finit par assassiner sa propriétaire avant de se suicider.

14 Dub Blackboard Jungle

Lee Scratch Perry & The Upsetters - 1978 - Cleopatra Records

La vie de Rainford Hugh Perry – né en 1936- tient en partie de la légende. Partisan du « Do It Yourself » bien avant les punks, le « Phil Spector du reggae », qui a produit Bob Marley et inventé le scratch, danse et hurle en studio et souffle la fumée du joint sur les masters pour leur transmettre de sa magie… Il truffe ses productions de sons incongrus, pleurs d’enfant et coups de feu, et il passe son temps à remixer ses vieilles bandes. On le soupçonne aussi d’avoir mis un jour le feu à son propre studio, le Black Ark : « Il était trop noir, il voulait m’avaler ».

Autobahn

Kraftwerk - 1974 -

Ce qui frappe avant tout, c’est la retranscription sonore de la vitesse… Les membres de Kraftwerk étaient persuadés qu’un synthé réagissait vivement aux différentes vibrations humaines, qu’il était plus sensible qu’un instrument traditionnel. Kraftwerk, ce n’est pas seulement la centrale électrique qui anime les machines, c’est déjà la vision d’un monde post-industriel qui se met en place. L’année suivante, ils injecteraient dans la radioactivité une touche de sensualité, avec des sons veloutés, pour un résultat assez dérangeant et subversif.

Lament

Einstürzende Neubauten - 2014 - Mute

Fondé en 1980 par le Berlinois Blixa Bargeld – par ailleurs ancien comparse de Nick Cave au sein des Bad Seeds - Einstürzende Neubauten est l’un des plus radicaux des groupes indus. Son dernier opus est un album-mémoire conçu à l’occasion du centenaire de la Première Guerre Mondiale, pour l’élaboration duquel le groupe a utilisé des enregistrements de prisonniers captés entre 1914 et 1916 dans un camp près de Berlin, ainsi que de l’acier et des objets trouvés, en guise d’instruments. Un « travail sonore » qui sera présenté au public lors d’un concert au Trianon, le 17 novembre. (entrées 2, 4, 6)

Jimi Plays Monterey

Jimi Hendrix - 1967 -

Pour les rockers syndiqués, avant 1970, les cadences infernales étaient surtout imputables à un certain Jimi Hendrix. Le guitariste de génie, qui fusionnait littéralement avec son instrument, y mettra le feu sur scène, le 18 juin 1967 : « On a joué notre super gros son (…) et le public s’est déchaîné, dira-t-il. J’avais l’impression qu’on embarquait le monde entier, alors j’ai décidé de détruire ma guitare en guise de sacrifice ». Une offrande qui installera le culte de la figure du guitar hero, que les musiques électroniques ne pourront jamais définitivement éliminer. Humain trop humain, comme disait Nietzsche...

NEU !

Neu ! - 1971 - Grönland

Proches du son de Faust, admiré par David Bowie, qui a assuré qu’il avait fortement influencé sa « trilogie berlinoise », le groupe Neu ! a été formé en 1971 suite à une scission au sein de la première formation de Kraftwerk. Produits par Conny Plank et inventeurs d’un son « space rock » planant, ils sont par ailleurs responsables de ce formidable morceau d’électro-funk psychédélique, « Hallogallo », ancêtre de la trance, qui dure plus de dix minutes et qui demeure le joyau du mouvement Krautrock. (entrées 1, 3, 4)

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