Vive la Culture ! c'est 744 sélections et 8724 oeuvres choisies à la main.

Frederick Wiseman (1930 – 2026)


En un peu plus de cinquante ans et presque autant de films, Frederick Wiseman – né le 1er janvier 1930 – a filmé la vie des américains à travers leurs institutions proposant une fresque qu’on compare parfois, par son ampleur, à La Comédie humaine de Balzac. La disparition du réalisateur américain à la fibre francophile nous a donné envie de lui rendre hommage en mettant à l’honneur la forme documentaire. Tout ça est parfaitement subjectif l’idée étant de vous donner envie d’aller y voir par vous-même.

Frederick Wiseman

Charlotte Garson
2016 - France Culture
En savoir plus

Frederick Wiseman, comme un roman américain

Albane Penaranda
2024 - France Culture
En savoir plus

Intégrale Vol. 1 : 1968-1979

2015 - Blaq Out
En savoir plus

Welfare

2023 - Festival d'Avignon
En savoir plus

Le monde du silence

Jacques-Yves Cousteau, Louis Malle
1956 -
En savoir plus

Au bord du monde

Claus Drexel
2015 - Arte éditions
En savoir plus

Le Joli Mai

Chris Marker, Pierre Lhomme
1962 -
En savoir plus

Tënk

Tënk
-
En savoir plus

Le mystère Picasso

Henri Georges Clouzot
1955 -
En savoir plus

Les pieds sur terre

Sonia Kronlund
2002 - France Culture
En savoir plus

1974, une partie de campagne

Raymond Depardon
1974 - Arte éditions
En savoir plus

Une Certaine tendance du cinéma documentaire

2021 - Verdier
En savoir plus

Frederick Wiseman

Charlotte Garson - 2016 - France Culture

« Au fil de cette série d'entretiens avec Charlotte Garson, Frederick Wiseman (qui parle parfaitement français) évoque sa méthode de tournage aussi modeste qu'efficace et sa passion pour le montage, phase décisive de la production qui lui prend un an pour chaque film. Il revient sur les conditions rocambolesques de la censure imposée au pays du "First Amendment" à son tout premier film, Titicut Follies, tourné dans une prison psychiatrique aux pratiques archaïques. Il souligne ce que la critique laisse souvent de côté : son goût pour le burlesque du quotidien, jamais moqueur, et raconte son unique expérience de tournage en France, à la Comédie française. »

Frederick Wiseman, comme un roman américain

Albane Penaranda - 2024 - France Culture

En 2024 s’est tenue à la Bpi du Centre Beaubourg une rétrospective « Frederick Wiseman, nos humanités » qui permettait de découvrir 46 films du cinéaste dans des versions restaurées. À cette occasion, la productrice Albane Penaranda proposait une « Nuit » sur le documentariste Frederick Wiseman diffusée sur France Culture. À réécouter à l’envie.

Intégrale Vol. 1 : 1968-1979

- 2015 - Blaq Out

Dès ses premiers films Frederick Wiseman a posé ce qui deviendra sa marque de fabrique : tournage long, équipe réduite qui disparaît aux yeux des protagonistes, pas de commentaire ni carton explicatif ni entretien complémentaire. Pas de vue surplombante non plus. « Je suis resté fidèle à ce principe : le film doit être le rapport de ce que j’ai appris en le faisant, je ne dois pas imposer mes idées préconçues. Le plaisir réside dans l’aventure, physique et intellectuelle, et dans le fait de rester ouvert à l’expérience. » F.W.

Welfare

- 2023 - Festival d'Avignon

« Moi j’aime regarder les gens, j’aime réfléchir à tout ce que je vois. » : ces propos du cinéaste Frederick Wiseman sont au cœur de l’adaptation de Welfare (1973) par Julie Deliquet, une journée particulière dans la vie de sans-abri, apatrides, travailleurs, mères célibataires et démunis qui se succèdent aux guichets de ce centre d’aide sociale improvisé dans la Cour d’honneur au cours de festival d’Avignon en 2023 “(...) c’est Frederick Wiseman qui est venu me parler de Welfare. Bien que new-yorkais, il est souvent à Paris où il a réalisé des documentaires sur les coulisses de la Comédie-Française ou de l’Opéra de Paris. Il a vu mon travail à l’Odéon-Théâtre national de l’Europe et m’a confié avoir toujours pensé que son cinéma était proche du théâtre. “ J.D. 

Le monde du silence

Jacques-Yves Cousteau, Louis Malle - 1956 -

Entre 1954 et 1955, Jacques-Yves Cousteau, co-réalise avec Louis Malle, un documentaire à partir des explorations sous-marines à bord de la Calypso : c’est Le monde du silence, Palme d’Or à Cannes en 1956. Le grand public découvre la magie des fonds marins. C’est un documentaire fait à l’ancienne, avec une voix off magistrale, comme un cours magistral. C'est toute la différence avec les principes de réalisation de Frederick Wiseman qui n’explique rien mais qui donne à voir et à entendre.

Au bord du monde

Claus Drexel - 2015 - Arte éditions

Pendant un an, Claus Drexel a parcouru Paris la nuit à la rencontre des sans-abri. Une femme se réveille dans un carton, elle parle de son désir de réunir un jour ses enfants dans une maison ; un homme range méthodiquement ses affaire dans son caddie et le pousse à travers Paris, la nuit, vers la sortie d’un Monoprix ; un autre se considère comme un privilégié, car il habite une « maison » à côté de l’arche d’un pont... Jamais le réalisateur ne leur demande comment ils en sont arrivés là, mais toujours, simplement, calmement, humainement, il leur pose la question : comment allez-vous aujourd’hui ? La photo est somptueuse, ajoutant une dimension délicate à ce documentaire qui nous cueille en douceur.

Le Joli Mai

Chris Marker, Pierre Lhomme - 1962 -

Paris au mois de mai 1962, après les accords d’Évian. La caméra se promène dans différents quartiers. À la Bourse, des jeunes donnent leur avis sur les marchés ; à Aubervilliers, une mère de famille nombreuse confie sa joie d’être relogée ; un prêtre ouvrier raconte son parcours ; un jeune couple avoue ne pas s’occuper du monde... Chris Marker pose des questions et quand il n’obtient pas de réponse, il insiste avec une telle délicatesse que jamais personne ne lui propose d’aller se faire voir ailleurs.

Tënk

Tënk - -

Tënk, c’est une plateforme de diffusion de documentaires et uniquement de documentaires. Des films qui parlent du monde qui nous entoure, qu’il soit à notre porte ou bien à l'autre bout de la terre. Des films d’hier ou d’aujourd’hui, des longs métrages, des courts, des moyens. Des films qui abordent des thématiques actuelles – l'écologie, le féminisme, les luttes sociales, la décolonisation… – autant que d’autres, plus intemporelles – les arts, le cinéma, les sciences, l’histoire… Une plateforme avec un point de vue éditoriale.   Ça change.

Le mystère Picasso

Henri Georges Clouzot - 1955 -

Pour être au plus prêt du travail en train de se faire, Picasso et Clouzot travaillent à partir d’un procédé technique qui nous permet de voir la toile émerger des brumes de l'imagination de Picasso à mesure qu'il dessine et peint sous nos yeux. Clouzot le filme en plan fixe, sans commentaire. Le réalisateur craignait que les spectateurs croient que Picasso faisait « ça » en 10 minutes, alors qu’il y avait passé 5 heures. En 2026, on peut dire sans trop se tromper que 10 minutes c'est 5 heures pour certains. On touche là la relativité de ce bon Albert.

Les pieds sur terre

Sonia Kronlund - 2002 - France Culture

Tous les jours de la semaine, la productrice Sonia Kronlund propose une demi-heure de reportage sans commentaire, du lundi au vendredi de 13h30 à 14h sur France Culture. Inspirés par la célèbre émission de radio américaine This American Life, « Les Pieds sur Terre » s’organise autour de récits, d’histoires vraies, une, deux ou trois par émission, qui tournent autour d’un même thème. Ces histoires sont racontées à la première personne et nourries d’éléments de reportage. » Pas drôle tous les jours, mais totalement indispensable.

1974, une partie de campagne

Raymond Depardon - 1974 - Arte éditions

Si depuis la formule a été reproduite et parfois pervertie par des journalistes trop complaisants, en 1974, Raymond Depardon colle aux basques de Valéry Giscard d’Estaing alors en campagne pour l’élection présidentielle de 1974. En acceptant le futur président modernise la communication politique en acceptant de se laisser filmer durant toute sa campagne. Longtemps censuré, le film du photographe et cinéaste Raymond Depardon a dû attendre vingt-huit ans avant d’être diffusé, en 2002. 

Une Certaine tendance du cinéma documentaire

- 2021 - Verdier

« Le cinéma documentaire se voulait le fruit d'un artisanat furieux, à l'écart du marché. De cette liberté des formes, les télévisions, principaux financeurs, ne veulent plus. Elles imposent des normes (commentaires redondants et montages accélérés) qui stérilisent les films diffusés et ceux qui aspirent à l'être. Une certaine tendance au conformisme s'impose. Il faudrait à la fois se conformer et donner le change en passant pour « neuf ». Dans les années quatre-vingt, j'ai renoncé au cinéma « de fiction » et lui ai préféré le documentaire pour sa liberté. C'est en documentaire que la parole filmée prend force et beauté, que les corps filmés, quels qu'ils soient, acquièrent une dignité - celle dont les serviteurs du marché se moquent. » Jean-Louis Comoli

se connecter

Créer votre compte

Vous aurez la possibilité de créer votre médiathèque et sauvegarder les oeuvres de nos sélections
Voulez-vous vous inscrire à notre Newsletter hebdomadaire ?