16 janvier 2026
“Bérénice Pichat parvient à donner vie à la conscience du patient, du blessé. La découverte de son état par sa femme, dans une salle militaire saturée par le sang et les gémissements, est mémorable. Mais la grande réussite du livre, ce qui en fait le cœur, c’est le choc des consciences, puis le corps à corps entre cet homme détruit et la bonne meurtrie. Les scènes où elle se dénude devant lui après l’avoir lavé pour lui révéler ses propres blessures (coups de « son homme », avortement clandestin et tardif, vieillissement prématuré), où elle met une clope dans ce qui lui reste de bouche, où elle lui coupe les cheveux, sont des visions abouties : les deux victimes parviennent à échanger leurs expériences au-delà de leurs conditions.” Philippe Lançon - Libération
C’est le livre que je mets au-dessus de tous les autres dans mon panthéon livresque. Non seulement l’histoire est poignante, mais en plus la langue de Philippe Claudel est tellement poétique. Chaque phrase est un coup de poing donné tout en douceur. Les phrases sont tellement bien tournées ! C’est un livre fabuleux que je relis régulièrement, dont je ne me lasse pas.
C’est une très grosse trilogie (le tome 1 est suivi par L’Enfant des ténèbres, puis par Pense à demain, près de mille pages à chaque fois) écrite dans une langue merveilleuse. C’est l’histoire d’une famille sur plusieurs générations dont l’histoire court de la Première guerre mondiale à nos jours. L’écriture est tout simplement fabuleuse.
François Grémaud est un metteur en scène Suisse qui prend des textes du répertoire classique pour les adapter afin d’en faire des spectacles “seul en scène”. Ici, un seul acteur est donc face au public pendant deux heures pour remettre le personnage de Phèdre dans son contexte, la resituer dans la mythologie, tout en nous racontant son histoire, avec pour seul accessoire le livre qui est distribué à la fin du spectacle. C’est complètement fou et drôle. J’ai trouvé ça magistral !
C’est un film qui m’a marquée très fort, que j’ai vu adolescente, probablement cinq fois de suite. Quand je dis aux gens que c’est mon film préféré, ils sont surpris parce que c’est un film terrible. Mais j’ai trouvé le montage à l’envers génial et le jeu des acteurs extraordinaire. On est complètement perdu, emporté, abruti, ahuri par ce que propose Gaspar Noé. Et comme ça fini par le début, avec Monica Bellucci qui découvre qu’elle est enceinte, il règne un bonheur total alors que c’est un film terrible.
C’est un livre que j’ai découvert pendant le confinement et qui m’a scotchée. Quand j’ai fait des recherches pour écrire mon roman, je me suis aperçu qu’il n’y avait pas de témoignage de gueules cassées écrit à la première personne. Il y a des films, des livres qui parlent de la vie dans les tranchées, mais pas de témoignages directs sur la douleur. C’est dans le roman de Philippe Lançon que je l’ai trouvé. Et ça m’a bouleversée. Mon personnage de Blaise lui doit énormément.
Clémentine Beauvais est une autrice qui écrit aussi bien pour la jeunesse que pour les adultes. Son roman est une relecture de Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine, mais en vers libres, et en l’adaptant à notre époque. Les personnages ont des portables et prennent le métro ! Elle a également ajouté son propre personnage de narratrice qui s’adresse aux différents personnages de l’histoire. C’est jouissif à lire. C’est formidable.
J’étais à Prague pour les vacances en février dernier et ça m’a rappelé quand j’écrivais en attendant mes enfants qui faisaient de la musique au conservatoire. J’ai ce souvenir d’une pièce dans laquelle on entendait les répétitions d’orchestre, et de cette Symphonie du nouveau monde qui claquait. Je trouvais que pour écrire c’était royal ! Ça m’a rappelé également le morceau “Initials B.B.” de Serge Gainsbourg qui s’est inspiré du premier mouvement de cette même symphonie pour le composer.
C’est une autre adaptation d’un air de musique classique russe, ici Lieutenant Kijé opus 60 de Sergueï Prokofiev, et c’est Sting qui s’en est inspiré pour son morceau “Russians”. J’aime beaucoup ces transpositions de références historiques qu’on plonge dans notre époque pour en offrir une nouvelle lecture. Ces adaptations me bouleversent beaucoup.
C’est peut-être le premier film que je suis allée voir sans mes parents, avec cinq copines. Problème, on n’avait qu’un mouchoir pour cinq et on n’avait pas prévu de pleurer autant !
La voix d’un des chanteurs du collectif Fauve me touche particulièrement, et c’est lui qui chante la chanson “Infirmière” que je trouve magnifique. C’est un homme qui s’adresse à celle qu’il aime pour lui demander de le sauver. Il y a quelque chose de romanesque dans cette chanson dont les couplets sont presque “slamés”. Un peu dépassé par leur succès, le collectif s’est dissous en 2015. Restent les chansons.
Joaquín Sorolla est un peintre madrilène, un impressionniste tardif, voire post-impressionniste. Sa peinture est particulièrement intéressante, moins pour sa touche que pour les cadrages très photographiques de ses tableaux, souvent de très grands formats avec de nombreux personnages. La lumière est vive, les couleurs franches, et ses blancs sont extraordinaires. Il a beaucoup peint des scènes de plage avec des femmes dans des robes blanches, avec des ombrelles, des vagues, des reflets dans l’eau, beaucoup de corps et de peau. Ce sont vraiment des tableaux extraordinaires.