Vive la Culture ! c'est 739 sélections et 8664 oeuvres choisies à la main.

La sélection de Théo Ould

Amis de la musique classique, oubliez les nœud pap’, les tenues empesées, les velours rouges et les dorures ! Théo Ould est un artiste éclectique qui dépoussière l’accordéon en le poussant hors des sentiers battus. Nommé dans la catégorie « Révélation Soliste Instrumental » des Victoires de la Musique classique 2023, à 25 ans, Théo a déjà reçu une cascade de récompenses en abordant les répertoires de Vivaldi, Beethoven, Bach, Prokofiev, Arvö Pärt ou Régis Campo. A la veille de boucler ses valises pour Nantes où il se produira dans le cadre de la 30e édition de la Folle Journée, Théo a pris le temps de nous livrer sa sélection.

Laterna Magica

Théo Ould
2023 - ALPHA CLASSICS
En savoir plus

Je voudrais pas crever

Boris Vian, Claude Vence
2005 - EPM
En savoir plus

Carnets de voyage

Walter Salles
2004 - Diaphana
En savoir plus

Détails : faits

Marcel Cohen
2017 - Gallimard
En savoir plus

Gloria, Dixit Dominus

John Eliot Gardiner
2017 - Philips
En savoir plus

Volodos plays Brahms

Arcadi Volodos
2017 - Sony Classical
En savoir plus

Caravage - Saint Jérôme écrivant

Caravage
1605 -
En savoir plus

The Gift

The Jam
1982 - Polydor
En savoir plus

Signes des temps

Martin Parr, Nicholas Barker
2006 - Textuel
En savoir plus

Louis Aragon : De l'innocence du poème à la chanson

Louis Aragon
2011 - EPM
En savoir plus

Close

Lukas Dhont
2023 - Diaphana
En savoir plus

Viaggio

Richard Galliano
1993 - Francis Dreyfus Music
En savoir plus

Laterna Magica

Théo Ould - 2023 - ALPHA CLASSICS

« Quand je suis entré au conservatoire et que j'ai tenu entre mes mains l'instrument, c'est tout autant le son qui m'a fasciné que l'objet lui-même, à mi-chemin entre une machine à écrire et un engin extraterrestre : une machine pour jouer dans tous les sens du terme.... J'ai également découvert ce qu'était le son et ce qu'on pouvait en faire. J'ai appris ce qui empêchait la propagation du son, j'ai appris à utiliser tout mon corps comme une caisse de résonance. » Le programme Laterna Magica mêle la musique baroque de Bach et Rameau les mélodies mélancoliques de Granados et Tchaïkovski, avant de s'envoler vers le répertoire contemporain de Campo et Gubitsch (avec notamment trois nouvelles pièces pour accordéon et électronique). Pour cet enregistrement, Théo est rejoint par deux invités, la violoncelliste Lisa Strauss et le violoniste Luka Faulisi. 

Je voudrais pas crever

Boris Vian, Claude Vence - 2005 - EPM

Une première anecdote. Quand j’ai écrit le titre de ce recueil sur mon portable pour préparer cette sélection, le correcteur automatique me proposait systématiquement “Je voudrais crever” ! J’ai découvert l’œuvre de Boris Vian très tôt à la maison vers l’âge de trois, quatre ans, avec des albums sur lesquels Mouloudji, Serge Reggiani, Annick Cisaruk… reprenaient ses chansons et ses poèmes, des albums que j’ai écoutés en boucle et que je chantais partout. Tant et si bien que, lorsque j’ai tenté le concours pour rentrer dans une école à horaires aménagés à Marseille, j’ai chanté “Le Politique”, une chanson qui parle d’un opposant politique torturé. Pas le texte le plus facile pour un enfant ! C’est un répertoire important pour moi et vers lequel je reviens quand j’ai besoin d’un retour aux sources.

Carnets de voyage

Walter Salles - 2004 - Diaphana

C’est un film sur le voyage qu’a fait Ernesto Guevara avant de devenir le Che de la révolution cubaine quand, alors étudiant en médecine, il part à moto faire le tour de l’Amérique latine. C’est certainement un des films que, petit, j’ai le plus vu, peut-être cinquante ou cent fois. Je tournais sur trois films : celui-là, Amadeus de Milos Forman et Pirate des Caraïbes ! La photo du film aussi était très importante et qui, aujourd’hui, me fait penser aux photos de Sebastiao Salgado. 

Détails : faits

Marcel Cohen - 2017 - Gallimard

Ici, en une vingtaine de chapitres, Marcel Cohen revient sur des points de détail de choses du quotidien. Dans un bus, un homme anxieux à l’idée de rater son avion gère son angoisse en fixant son attention sur des objets anodins qui l’entourent. Là, un autre met en opposition les deux phrases “Dieu est dans les détails” et son contraire “le Diable se cache dans les détails” en regardant autour de lui. Dans un autre chapitre encore, deux hommes sont dans un café. Le premier commande un café sans sucre. Le garçon revient avec un café et un sucre et réalise qu’il a oublié la cuillère et repart directement la chercher. Le premier homme essaye de le retenir mais le garçon ne l'entend pas et revient avec la cuillère. Le premier des deux hommes décide de sucrer son café. Le deuxième homme, surpris, fait part au premier de sa surprise. Alors le premier homme lui dit qu’il ne voulait pas donner l’impression au garçon de s’être déplacé pour rien !

Gloria, Dixit Dominus

John Eliot Gardiner - 2017 - Philips

Sur ce disque, que j’ai découvert au collège, il y a le “Gloria” de Vivaldi et le “Dixit Dominus” de Haendel, le tout sous la baguette de John Eliot Gardiner. Ces musiques, composées il y a trois cents ans, sont parfaites. Bizarrement, ce sont des pièces qui sont souvent massacrées parce qu’elles sont compliquées et demandent de trouver une pureté et à la fois une vivacité assez rarement au rendez-vous des interprétations. Ici, l’équilibre est parfait. On a vraiment l’impression que quelqu’un s’adresse à nous directement. 

Volodos plays Brahms

Arcadi Volodos - 2017 - Sony Classical

Arcadi Volodos est un immense pianiste qui a le talent de nous faire entendre énormément d’instruments tellement il transcende son instrument. Ici il interprète les opus 76, 117 et 118 de Brahms que j’ai entendu une première fois en concert, interprétés par Grigory Sokolov à Berlin et c’est un des rares concerts où j’ai senti monter une petite larme, moi qui me sens toujours un peu exclu de ce genre d’effet au point de parfois penser que je suis complètement insensible ! Sokolov n’a pas enregistré ces pièces de Brahms, mais l’enregistrement de Volodos propose un vrai voyage. Depuis, un enregistrement de Sokolov est sorti (mais à l’époque où j’ai vu son concert tel n’était pas le cas). Ce qui est d’ailleurs décevant, c’est que c’est un enregistrement live dont la qualité laisse à désirer. En conséquence, j’écoute toujours celui de Volodos…

Caravage - Saint Jérôme écrivant

Caravage - 1605 -

Petit, ma mère, prof de lettres, m’a beaucoup traîné au musée au cours de nos nombreux voyages, même si à cette époque j’aurais préféré être ailleurs ! Mais à partir de 16, 17 ans, quand je me suis retrouvé à Paris, tout ce que ma mère m’avait fait découvrir malgré moi est revenu petit à petit et je n’en étais pas peu fier ! Caravage, c’est au cours d’un voyage à Rome que je tombe en arrêt devant une de ses toiles. Dans une église comme il y en a cent à Rome, je mets une pièce pour éclairer un tableau… et paf, c’est un Caravage ! J’ai passé les trente minutes suivantes dans une église à mettre des pièces dans la machine pour voir et revoir un Caravage. 

The Gift

The Jam - 1982 - Polydor

J’ai découvert The Jam et le morceau “A Town Called Malice” avec le film Billy Elliot. Dans la foulée, j’ai donc acheté The Gift qui est pour moi un disque à la fois expérimental et complètement accessible. Tout est super travaillé sans que jamais ça alourdisse les morceaux. J’aime quand, dans une œuvre, il y a plusieurs degrés de lecture derrière quelque chose qui parait tellement simple.  

Signes des temps

Martin Parr, Nicholas Barker - 2006 - Textuel

J’aime de plus en plus la photo, notamment depuis qu’il a fallu que je commande moi-même des photos à des photographes pour ma promo. Pour éviter les éternelles photos sur fond noir avec un instrument dans les mains, j’ai plongé dans les catalogues des expos des rencontres d’Arles où ma mère - encore elle ! - m’emmenait tous les ans ! Et de cette plongée, je remontais des idées et des références qui me permettaient d’indiquer aux photographes les directions dans lesquelles je voulais aller. En tombant sur les photos de Martin Parr, je me suis souvenu d’une exposition qui s’était tenue à la Philharmonie.

Louis Aragon : De l'innocence du poème à la chanson

Louis Aragon - 2011 - EPM

Comme Vian, j’ai découvert Aragon avec la chanson avant de lire ses poèmes. Dès que j’ai besoin de réconfort, de sentir qu’on n’est pas seul, qu’il y a toujours d’autres voies de création possibles, je pense à Vian et Aragon. Quand je me les récite, je me lance et les mots remontent de très, très loin, tellement je les ai écoutés enfant. Je pourrais ajouter Ferré et Brassens que j’ai aussi énormément écoutés. 

Close

Lukas Dhont - 2023 - Diaphana

J’ai découvert ce film presque par hasard un soir chez moi. C’est une histoire d’amitié entre deux collégiens d’une douzaine d’années qui vont être pris à partie par les autres collégiens que cette amitié dérange. Quand le film a été terminé, je suis resté scotché les larmes aux yeux, sans pouvoir m’endormir. Ce film m’a rappelé que j’avais vécu ce même genre d’amitié dans mon enfance, que j’avais oubliée, et que ce film a fait remonter à la surface. Je pense qu’énormément de personnes vivent ça, des amitiés tendres, juste tendres. La réalisation est magistrale et les deux gamins sont incroyables. Lukas Dhont a aussi réalisé Girl, pour lequel il a reçu la caméra d’or à Cannes en 2018. 

Viaggio

Richard Galliano - 1993 - Francis Dreyfus Music

Le maître. Je l’ai énormément écouté entre 9 et 15 ans. Il ne se passait pas une semaine sans que j’écoute ses disques. Une partie de mon désir de jouer de l’accordéon vient de lui.

se connecter

Créer votre compte

Vous aurez la possibilité de créer votre médiathèque et sauvegarder les oeuvres de nos sélections
Voulez-vous vous inscrire à notre Newsletter hebdomadaire ?