16 janvier 2026
Ce disque souligne le caractère très mélomane de Marcel Proust, qui écoutait les opéras de Wagner au théâtrophone. Il avait notamment noué une relation particulière avec le compositeur Reynaldo Hahn, un confident, et sans doute amant de l'écrivain, auprès duquel il avait forgé ses opinions en matière de musique. L'époque de l'écriture de La Recherche voit également fleurir plusieurs grands compositeurs français : de Debussy à Massenet en passant par Fauré, tous ces compositeurs qui ont nourri l'écriture des romans de Marcel Proust sont présents sur ce disque. « Je me demandais si la Musique n’était pas l’exemple unique de ce qu’aurait pu être - s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées - la communication des âmes » Marcel Proust
“18 mai 1922, salons de l'hôtel Majestic à Paris. Les mécènes Sydney et Violet Schiff réunissent les plus grands artistes de l'époque en l'honneur d'Igor Stravinsky, dont les Ballets russes viennent de représenter l'opéra-ballet Renard. Entrent les uns après les autres autant d'hommes qui, chacun à sa façon, marqueront leur temps. Stravinsky lui-même, suivi de Diaghilev, l'impresario des Ballets russes ; Picasso, animal, délicieux, séduisant ; Joyce, ivre, mal habillé et laconique ; enfin, à deux heures du matin, dans une houppelande noire et ganté de chevreau, pâle et tout auréolé du triomphe de son dernier roman, Marcel Proust. Le récit de ce dîner mythique est pour Richard Davenport-Hines l'occasion de retracer la vie, la carrière et les amours d'un des plus grands romanciers du XXe siècle.”
“Nombreux sont les philosophes à s’être également nourris de l’œuvre de Proust, tout en lisant celle-ci à la lumière de leur propre pensée. Le mot « signe » est un des mots les plus fréquents de la Recherche, notamment dans la systématisation finale qui constitue Le Temps retrouvé. La Recherche se présente comme l'exploration des différents mondes de signes, qui s'organisent en cercles et se recoupent en certains points. Car les signes sont spécifiques et constituent la matière de tel ou tel monde. Les signes des Verdurin n'ont pas cours chez les Guermantes, inversement le style de Swann ou les hiéroglyphes de Charlus ne passent pas chez les Verdurin. L'œuvre de Proust n'est pas un exercice de mémoire, volontaire ou involontaire, mais, au sens le plus fort du terme, une recherche de la vérité qui se construit par l'apprentissage des signes. Il ne s'agit pas de reconstituer le passé mais de comprendre le réel en distinguant le vrai du faux.”
Comment la planète juge-t-elle notre monument national ? Du Japon au Brésil, de la Chine à la Catalogne, on lit Proust partout, dans toutes les langues mais pas avec les mêmes réactions que dans l'Hexagone. Ce livre propose de décentrer notre regard en réunissant quatre-vingt-trois textes d'auteurs étrangers qui ont lu Proust, en français ou en traduction. Certains l'ont admiré ou envié, s'en sont inspirés (« une lecture qui nous transforme à jamais », écrit Nadine Gordimer). D'autres ne l'ont pas compris ou l'ont carrément descendu en flamme, comme Gombrowicz qui fustige ce « monstre d'une délicatesse excessive à force de rester au lit ». Umberto Eco parlait d'un « ouvrage assurément important » mais regrettait une « écriture asthmatique » avec sa forme compacte et ses phrases « laborieuses ». Indispensable pour sortir de la glorification franco-française.
“Le 10 décembre 1919, le prix Goncourt est attribué à Marcel Proust pour À l'ombre des jeunes filles en fleurs. Aussitôt éclate un tonnerre de protestations : anciens combattants, pacifistes, réactionnaires, révolutionnaires, chacun se sent insulté par un livre qui, ressuscitant le temps perdu, semble dédaigner le temps présent. Pendant des semaines, Proust est vilipendé dans la presse, brocardé, injurié, menacé. Son tort ? Ne plus être jeune, être riche, ne pas avoir fait la guerre, ne pas raconter la vie dans les tranchées. Retraçant l'histoire du prix et les manœuvres en vue de son attribution à Proust, s'appuyant sur des documents inédits, dont il dévoile nombre d'extraits savoureux, Thierry Laget fait le récit d'un événement inouï - cette partie de chamboule-tout qui a déplacé le pôle magnétique de la littérature - et de l'émeute dont il a donné le signal.”
Observateurs indiscrets, chroniqueurs méticuleux, juges sans indulgence, les Goncourt nous ont livré, pour le second Empire et les débuts de la IIIe République, l'équivalent des Mémoires de Saint-Simon. Une fresque aussi détaillée qu'animée de la société de leur temps. Société bourgeoise, société de parvenus, issue de la Révolution française, et à laquelle ils se sentent totalement étrangers.
“Dans le trajet en chemin de fer que je fis pour rentrer à Paris, la pensée d’absence de don littéraire que j’avais à peu près identifiée en lisant quelques pages du journal des Goncourt, la pensée de la vanité, du mensonge de la littérature me frappa de nouveau et avec une force plus lamentable que jamais.” Marcel Proust - Le Temps retrouvé
Adapté du roman éponyme de Giuseppe Tomasi di Lampedusa publié en 1958 (à titre posthume), Le Guépard raconte cette période où, à la fin du 19e siècle, un vieil aristocrate sicilien assiste avec détachement et mélancolie à son déclin face à la montée de la bourgeoisie dont le maire du village où se trouve sa résidence d’été, Donnafugata, est le symbole. “...d’extraction modeste, fruste et peu instruit, qui s'est enrichi et a fait carrière en politique.” Film somptueux sur le temps qui passe. Palme d'or au Festival de Cannes 1963.
Scénarisé par Julian Fellowes (créateur la série Downton Abbey), Gosford Park est un film noir sur les rapports de classe dans l’Angleterre des années 20, aristocrates en fin de course d’un côté, valets et petit personnel de l’autre. Les premiers vivent à la lumière naturelle dans les étages, les autres dans les sous-sols ou sous les toits. Les temps changent, la classe bourgeoise se développe, ceux du bas relèvent la tête, les habitants du château et leurs semblables se sentent menacés...
En 1973 était publié un témoignage indispensable sur la vie de Proust, celui de sa gouvernante Céleste Albaret qui l’accompagna les dernières années de sa vie. C’est à partir de ces souvenirs et d’autres sources que Chloé Cruchaudet a dessiné son récit, le portrait dévoué et passionné de Céleste Albaret, gouvernante et parfois secrétaire de Proust jusqu'à sa mort, en 1922. Elle révèle leur lien, l'écrivain sous toutes ses facettes, l'atmosphère d'une époque et les dessous de la construction d'une fiction. Monde réel et monde fantomatique s'entremêlent pour nourrir ce diptyque.
La véritable biographie d'un écrivain, d'un artiste, est celle de son œuvre. Il s'agit de montrer en quoi l'individu est d'abord un type : l'enfant d'une famille bourgeoise, l'élève de Condorcet, celui de Sciences-Po, l'asthmatique, le «jeune poète» qui envoie plus de lettres qu'il n'en reçoit, le curiste aux bains de mer. Qu'est-ce qu'être écrivain en 1890, ou homosexuel, ou malade, ou médecin ? Puis vient le moment où le grand artiste cesse d'être un type et, irrémédiablement différent, échappe à l'histoire et aux structures. Il y a dans cet ouvrage tout ce qu'on peut savoir de Proust. Qui mieux que Jean-Yves Tadié, éditeur de l'œuvre de Proust dans la Pléiade, pouvait rédiger la biographie définitive - jusqu’à la découverte de nouveaux éléments - d’un des plus grands écrivains de l’histoire de la littérature ?
Pour terminer son grand œuvre, on sait que Proust en a dicté des passages à Céleste Albaret. Ecouter La Recherche, s’est se laisser envelopper par la voix de Daniel Mesguich.
Dans sa chambre aux murs de liège, Marcel Proust est sur le point de tracer le mot "fin" sur la dernière page de son manuscrit. Il vient d'achever La recherche du temps perdu. En feuilletant nostalgiquement son album de photos, le narrateur de la Recherche, très malade et alité, voit défiler sa vie et se souvient d'un temps où il ne se croyait plus capable d'écrire. Une vision baroque, parfois aux confins du surréalisme, de l'œuvre de Proust et avec une distribution fastueuse : Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Vincent Perez, John Malkovich, Pascal Greggory, Chiara Mastroianni et l'incroyable Marcello Mazzarella doublé par Patrice Chéreau.