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Angelin Preljocaj

Depuis qu’il a créé sa propre compagnie, en 1984, Angelin Preljocaj s’associe régulièrement à d’autres artistes parmi lesquels Enki Bilal, Air, Granular Synthesis, Fabrice Hyber, Karlheinz Stockhausen, Jean-Paul Gaultier, Laurent Garnier, Azzedine Alaïa, Natacha Atlas, Pascal Quignard, Laurent Mauvignier… Cette curiosité, il nous en a donné un aperçu entre deux répétitions pour Gravité, la nouvelle création qu’il dévoilera à la Biennale de danse de Lyon, à partir du 20 septembre. Angelin Preljocaj est donc notre invité.

A l’occasion de la biennale, retrouvez la sélection de documentaires Entrez dans la danse, sur la plateforme TËNK.

Le Funambule

Jean Genet
1958 - L’Arbalète
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2001 : l’odyssée de l’espace

Stanley Kubrick
1968 - Warner Bros.
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Empty moves

Angelin Preljocaj , John Cage
2004, 2007, 2014 -
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Boléro

Angelin Preljocaj
2022 - Musée du Louvre
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Le siège du parti communiste

Oscar Niemeyer
1965-1971 -
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Purple Haze

Jimi Hendrix
1967 -
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Nature morte avec pot, tasse et pommes

Paul Cézanne
1877 -
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L’Ethique

Baruch Spinoza
1677 - Folio
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Louise Bourgeois

Louise Bourgeois
-
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Helikopter-Streichquartett

Karlheinz Stockhausen
1995 -
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L’Odyssée

Homère
-800 av J.C. - Flammarion
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Five obstructions

Lars von Trier & Jørgen Leth
2003 -
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Le Funambule

Jean Genet - 1958 - L’Arbalète

Quand j’étais tout jeune danseur à la Schola Cantorum, je n’étais pas très sûr de devenir danseur – on a tous espoir quand on démarre que l’on arrivera à réaliser sa passion, mais il y a des moments de doute très puissants -, je lisais Le Funambule avec une grande ferveur parce que ce texte me remettait en selle dans mes moments de découragement. Pour moi, Le Funambule, c’est l’équivalent de Lettre à un jeune poète (Rainer Maria Rilke, 1929), mais pour un artiste qui travaille avec son corps. Jean Genet a écrit ce petit livret à l’adresse de son amant funambule, Abdallah, et à travers une série d’injonctions, il lui montre comment il atteindra les cimes de son art. Tout cela me portait à continuer et me donnait le courage d’avancer sur mon fil.

2001 : l’odyssée de l’espace

Stanley Kubrick - 1968 - Warner Bros.

"2001 l’odyssée de l’espace reste pour moi le film de danse par excellence. C’est une œuvre  film absolument chorégraphique dans lequel tout danse, tout est chorégraphié, tout est perfection et harmonie. Il y a cette vision philosophique sur les origines de la vie, et l’histoire qui se boucle en un mouvement elliptique, comme ces planètes qui repassent sur leur trajectoire… comme, dans un immense ballet galactique."

Empty moves

Angelin Preljocaj , John Cage - 2004, 2007, 2014 -

Après Empty moves (part I) en 2004 puis (part II) en 2007, je souhaitais poursuivre cette recherche du mouvement à partir de l’œuvre Empty words de John Cage. Je joue sur la construction et la déconstruction de schémas chorégraphiques, en cherchant le moyen de nourrir ma propre écriture. Pour cela, la notion de distanciation, de désagrégation du mouvement et d’une nouvelle articulation du phrasé chorégraphique prime sur le sens et l’essence des mouvements. Empty moves, c’est aussi une réflexion sur l’état des corps. En cheminant entre la première, la deuxième puis la troisième partie, l’état du corps des danseurs est modifié, c’est résolument ce qui relie les trois actes.

Boléro

Angelin Preljocaj - 2022 - Musée du Louvre

Angelin Preljocaj ouvre le Festival Paris l’été avec une reprise exceptionnelle de son Boléro dans un lieu qui ne l’est pas moins : la Cour Lefuel du musée du Louvre, joyau du second Empire habituellement inaccessible au public. Venez vivre cette soirée unique : déambulez à votre rythme dans l’aile Denon, profitez des chefs-d’œuvre dans ce cadre privilégié et rejoignez la Cour Lefuel pour un Boléro somptueux.

Extrait mémorable de son spectacle Gravité créé en 2018, Angelin Preljocaj y déploie, sur la musique de Ravel, une chorégraphie pour douze danseurs d’une rare cohérence. Dans un unisson calme et puissant, les corps, reliés entre eux par une délicate harmonie, forment un cœur vibrant qui s’ouvre et se ferme à la manière d’un kaléidoscope. Au Louvre, le décor majestueux de la Cour, les costumes tout de blanc d’Igor Chapurin et l’ombrageuse lumière d’Eric Soyer laissent toute la place au mouvement à l’état pur.

À l’aune de René Char, Angelin Preljocaj, qui compare son écriture chorégraphique à « un artisanat furieux », réunit ici, dans cette version conçue spécialement pour le Louvre, la méticulosité artisanale de son écriture et la passion de son art, amplifiée par la magie du lieu.

Le siège du parti communiste

Oscar Niemeyer - 1965-1971 -

C’est un bâtiment magnifique posé place du Colonel Fabien comme un ovni, un vaisseau spatial. Chaque fois que je passe devant je suis époustouflé par l’audace d’Oscar Niemeyer. Au début de ma carrière, j’ai beaucoup été entouré par des communistes, notamment le conseil général du Val de Marne et Michel Germa qui m’a soutenu et qui m’a permis d’en être où j’en suis aujourd’hui. J’ai toujours eu une profonde affection pour les communistes.

Purple Haze

Jimi Hendrix - 1967 -

C’est ma jeunesse. C’est ce que j’écoutais ado sur mon Teppaz, dans ma chambre, les rideaux fermés. Mais au-delà de ça, c’est intéressant de voir comment les choses s’impriment à des âges où l’on est extrêmement réceptif et sensible.

Nature morte avec pot, tasse et pommes

Paul Cézanne - 1877 -

J’ai revu ce tableau au Metropolitan Museum à New York, et à nouveau, j’ai été bouleversé. Personne n’avait jamais peint des pommes de cette façon. Il y a tout l’univers dans ce tableau. Il y a toute l’invention, toute la création, tout l’art. L’idée aussi que, quand on crée, on ne reproduit pas ce qu’on voit mais on crée un concept. A travers ces pommes, Cézanne recrée le concept même de la peinture. C’est ça qui est épatant. Comment à partir d’un objet simple du quotidien, il transforme l’histoire de la peinture.

L’Ethique

Baruch Spinoza - 1677 - Folio

C’est un livre de chevet que j’ai toujours près de moi, que j’ouvre à n’importe quelle page et qui me donne énormément de joie et de plaisir. Notamment parce qu’il y a cette question : « Que peut le corps ? », que Spinoza développe avec cette idée que le corps a sa propre spiritualité. Pour un chorégraphe, c’est idéal !

Louise Bourgeois

Louise Bourgeois - -

J’admire cette femme qui arrive et qui donne un coup de pied dans la fourmilière machiste du milieu de l’art contemporain. Pour moi, son combat est toujours vivant, Louise Bourgeois revendique et réaffirme la place de la femme dans la création contemporaine. Et plus important encore, elle la revendique et elle l’affirme comme une puissance.

Helikopter-Streichquartett

Karlheinz Stockhausen - 1995 -

Helikopter Quartet’ c’est l’expression de la force et de la puissance d’un artiste qui, à près de quatre-vingt ans, écrit une œuvre saisissante. J’ai rencontré Stockhausen après avoir travaillé sur cette œuvre, et on se dit que si on pouvait avoir une telle puissance créatrice à cet âge, on signerait pour la suite !

L’Odyssée

Homère - -800 av J.C. - Flammarion

Pour moi, L’Odyssée est une métaphore de la création. Le voyage que fait Ulysse pour rentrer chez lui, après la guerre de Troie, en est une illustration. Une création, c’est un voyage, une succession de cheminements en territoires étranges. On ne sait jamais où l’on accoste mais c’est ça qui est beau. Ce moment où on perd ses repères, où on est en flottement complet par rapport à ce qu’on fait. C’est une sorte d’égarement dans lequel la création prend le gouvernail.

Five obstructions

Lars von Trier & Jørgen Leth - 2003 -

(Pour Five obstructions, Lars von Trier a défié Jørgen Leth de réaliser cinq remake de son propre film The Perfect Human, suivant des règles que Lars von Trier lui a imposées Ndlr) Cela rejoint un peu L’Odyssée. On s’aperçoit que les contraintes sont toujours génératrices de créativité. Je pense souvent à Stravinsky qui disait que la contrainte c’est la liberté. L’idée de la commande est d’ailleurs quelque chose qui a traversée toute l’histoire de la culture et de l’art en général. La contrainte est un moyen de sortir de ses propres ornières. C’est ce qui me passionne dans Five obstructions, un artiste doit travailler à se libérer de ses propres obsessions. Ce film me rappelle sans arrêt qu’il faut prendre des chemins de traverse, essayer d’autres choses, des choses vers lesquelles vous ne seriez pas allé naturellement.

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