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Serge Loupien

Serge Loupien est connu pour avoir tenu, de 1976 à 2017, aux côtés de Rémy Kolpa Kopoul, Bayon et quelques autres, les pages musique de « Libération ». Grand spécialiste de jazz, fan de rock et de country, il publie ces jours-ci  « La France Underground » chez Rivages Rouge, vaste fresque haute en couleur sur la contreculture des années 60 et 70. Il est notre invité et nous confie quelques-uns de ses titres préférés sur la question.

Rêve de fer

Norman Spinrad
1972 -
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Les esperados

Yannick Blanc
2011 - Editions L'échappée
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La France Underground

Serge Loupien
2018 - Rivages Rouge
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Free Jazz Black Power

Philippe Carles , Jean-Louis Comolli
1971 - Folio
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Parallèles

Jacques Berrocal
1976 - D’Avantage
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Après la marée noire Vers une musique bretonne nouvelle

François Tusques
1979 - Le chant du monde
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Paradise Now The Living Theatre

Julian Beck , Judith Malina
1968 -
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Les Idoles

Marc’O
1967 - Luna Park Films
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La Cicatrice intérieure

Philippe Garrel
1972 -
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Le voyageur

Schizo
1972 - Disjuncta Record
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One + One

Jean-Luc Godard
1968 -
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Magny 68

Colette Magny
1968 -
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Rêve de fer

Norman Spinrad - 1972 -

Chef-d’œuvre de la science-fiction publié en 1972,  « Rêve de fer » héberge, en fait, un roman intitulé « Le Seigneur du Svastika » écrit par un certain Adolf Hitler, Norman Spinrad est un ancien agitateur politique autrichien devenu écrivain de SF à succès aux Etats-Unis où il a émigré en 1918. L’action se déroulant dans la Grande République de Heldon, « dernier bastion du pur génotype humain ». Se piquant au jeu, Michael Moorcock, grand ami de Spinrad, écrira ensuite : « Très certainement, cette œuvre fait de Hitler l’égal de Tolkien, C.S. Lewis et G .K. Chesterton… La quintessence de la littérature épique ».

Les esperados

Yannick Blanc - 2011 - Editions L'échappée

La folle histoire de Pierre Conty, fondateur de la communauté libertaire de Rochebesse, qui fit l’objet de plusieurs reportages bienveillants dans la presse parisienne, jusqu’à ce qu’en compagnie de deux autres comparses, il se retrouve en Une de toute la presse nationale, cette fois, sous l’appellation : « les tueurs fous de l’Ardèche », après avoir attaqué une agence du Crédit Agricole et tué ensuite trois personnes. Événement dont beaucoup s’accordent à dire qu’il correspondait à la fin des illusions communautaristes de tout un chacun.

La France Underground

Serge Loupien - 2018 - Rivages Rouge

En mai 68, les conditions se trouvent réunies pour favoriser un renouvellement de la société. La subversion culturelle prônée par l'underground via sa musique, ses journaux, ses happenings, sa créativité, ses illusions, ses excès, ne va cesser de se développer en France durant la fin des années soixante et les années soixante-dix. C’est cette épopée bouillonnante, libertaire, parfois délirante et foutraque que raconte Serge Loupien. Une époque où le rock a pour noms Gong, Crouille Marteau, Magma, ou Fille Qui Mousse, où le jazz est incarné par les expérimentations de François Tusques, Bernard Lubat ou Jacques Berrocal, où la chanson résonne des textes de Pierre Barouh, Areski ou Brigitte Fontaine, où les festivals commencent à pulluler, et où un jeune cinéma, sur le même tempo que toutes ces joyeuses musiques, définit lui aussi les contours de nouvelles utopies.

Free Jazz Black Power

Philippe Carles , Jean-Louis Comolli - 1971 - Folio

Le premier ouvrage en français consacré, en 1971, au nouveau jazz libertaire déstructuré tel que légiféré par Ornette Coleman et Albert Ayler, cosigné par deux célèbre prosélytes du genre, piliers de la revue « Jazz magazine ». Un demi-siècle et maintes rééditions plus tard, ce texte éminemment militant, profondément ancré dans la réalité socio-politique de l’histoire du peuple noir aux Etats-Unis, demeure un élément essentiel de la littérature consacrée à cette musique. L’édition originale est parue chez Champ Libre avec un dessin de Reiser sur la couverture.

Parallèles

Jacques Berrocal - 1976 - D’Avantage

Le début du mythe Berrocal. Au milieu d’une multitude de créations sonores dédiées à la mémoire de Luigi Russolo, le père de la musique bruitiste, l’oreille attentive distingue cinq minutes et vingt secondes insolites. Le laps de temps précis pendant lequel, accompagné par Pierre Bastien à la contrebasse et Berrocal à la bicyclette, Vince Taylor revenu du fin fond des enfers nous décrit à quoi ressemble cette « Rock’n’roll Station » dans laquelle il attend un certain Michael, qui, comme l’impayable Godot, n’arrivera jamais.

Après la marée noire Vers une musique bretonne nouvelle

François Tusques - 1979 - Le chant du monde

Signataire du premier disque de free jazz français quatorze ans plus tôt, François Tusques, alors à la tête d’un Intercommunal Free Dance Music Orchestra (référence directe à un mot d’ordre des Black Panthers) à forte coloration africaine, décide, en 1979, d’intégrer quelques musiciens traditionnels bretons à sa formation, posant ainsi les bases de ce qui allait devenir la world music.

Paradise Now The Living Theatre

Julian Beck , Judith Malina - 1968 -

Dans la foulée de mai 68, en juillet précisément, la bande à Julian Beck et Judith Malina débarque au festival d’Avignon à l’invitation de Jean Vilar. Son spectacle, « Paradise Now », consistant à dénoncer (en français) toutes les contraintes imposées alors par la société (« je n’ai pas le droit de voyager sans passeport », « je n’ai pas le droit de fumer du haschich », « je n’ai pas le droit d’ôter mes vêtements ») tout en se déshabillant progressivement justement. Tout cela débouche sur un scandale sans précédent. Un mois plus tard, le même happening, présenté à Genève cette fois, donne lieu à un enregistrement : « Paradis, tout de suite ».

Les Idoles

Marc’O - 1967 - Luna Park Films

D’abord montée en 1966 au Bilboquet, rue Saint-Benoît, en compagnie de la jeune troupe de théâtre avec laquelle il travaille à l’American Center, « Les Idoles », la nouvelle pièce de Marc’O conçue comme une satire du showbiz et de sa propension à lancer des chanteurs yé-yé comme des produits ménagers, crée vite le buzz à Saint-Germain-des-Prés et affole les bien-pensants. Un an plus tard pourtant, Marc’O entame le tournage d’une version cinématographique qui, après maints avatars, sortira en plein mai 68. Il faudra attendre un demi-siècle pour que ce film soit enfin accessible en DVD. Entretemps, il est devenu culte, notamment pour les Japonais.

La Cicatrice intérieure

Philippe Garrel - 1972 -

Réalisé en 1972 par Philippe Garrel, membre éminent du collectif Zanzibar, avec le concours de son premier cercle, dont les frères Pétard, Clémenti, Kalfon et surtout Nico, sa compagne, « La Cicatrice intérieure », film à la fois contemplatif et post-apocalyptique est un enchantement, même pour qui n’a pas consommé de substances illicites, souvent favorables à l’acuité de la perception. Quant à la bande originale, produite par John Cale, son ex-partenaire du Velvet Underground, elle constitue le plus beau disque gravé par la chanteuse allemande.

Le voyageur

Schizo - 1972 - Disjuncta Record

Fruit de la collaboration de Schizo, le premier groupe de Richard Pinhas et du philosophe Gilles Deleuze, « Le voyageur », extrait du « Voyageur et son ombre », de Nietzsche, est un quarante-cinq tours financé par le comédien Mathieu Carrière, pressé à deux mille exemplaires, publié à compte d’auteur et distribué gratuitement. Une première dans l’histoire du rock en France et surtout, dans l’esprit de ses acteurs qui se sont tous rencontrés à la faculté de Vincennes, « un acte politique revendiqué ». Lien Vidéo

One + One

Jean-Luc Godard - 1968 -

La rencontre bien moins improbable qu’il n’y pourrait paraître, de Jean-Luc Godard, en passe de former le Groupe Dziga Vertov, avec les Rolling Stones, sur le point de se débarrasser de Brian Jones. On assiste ainsi à l’émergence de la chanson qui va devenir « Sympathy for the Devil », tandis que les séances d’enregistrement sont rythmées par des séquences militantes mettant notamment en scène Anne Wiazemsky et des Black Panthers. A noter que les producteurs, mécontents du résultat, on remonté le film et changé son titre en « Sympathy for the Devil », au grand dam du cinéaste. Une version, bien sûr, à éviter.

Magny 68

Colette Magny - 1968 -

Emballé dans une pochette reproduisant un calendrier des équipes 4-8, ces horaires de toutes les usines travaillant à feu continu, un témoignage assez significatif de l’ambiance de mai 68 à partir de documents sonores enregistrés par William Klein et Chris Marker. Lesquels soulignent notamment la désarmante naïveté affichée par les étudiants. En conclusion une solide version du « Lorsque s’allument les brasiers », de José Marti et Ernesto Guevara, interprétée par Colette Magny, avec le concours de Michel Bonnecarrère et de Bernard Guérin.

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