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Je t’ai dans la peau !

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Pour une fois, l’objectif du musée du Quai Branly (résumé par le slogan « là où dialoguent les cultures ») est atteint par l’exposition Tatoueurs, tatoués. En se penchant sur l’art d’encrer la peau, on se retrouve, en effet, à l’écoute d’un dialogue entre des civilisations qui le pratiquent depuis des millénaires et un Occident qui en a fait, ces dernières années, une mode envahissante. L’ambition artistique des tatoueurs contemporains crée un autre dialogue entre cette culture longtemps marginale et la création classique. Les piqueurs sortent de leur ghetto à l’image des tatoués eux-mêmes, puisque la pratique, longtemps réservée à quelques corporations bien particulières (marins, prisonniers, etc.), se diffuse aujourd’hui à l’ensemble de la société.

Blood Sugar Sex Magik

The Red Hot Chili Peppers
1991 - Warner Bros
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Rum Sodomy and the Lash

The Pogues
1985 -
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Cry-Baby

John Waters
1990 -
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Tatouage

Manuel Vasquez Montalban
1974 - Points policiers
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Les promesses de l’ombre

David Cronenberg
2007 -
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La nuit du chasseur

Charles Laughton
1956 - MGM/United Artists
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Hitman : Absolution

2012 -
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Tatoueurs, tatoués

Jusqu'au 18 octobre 2015 - Exposition au Musée du quai Branly
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Dernier été du vieux monde

Jean-Luc Navette
2012 - Noire Méduse
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Tattooisme 2

Frédéric Claquin
2013 - Herscher
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Ceci est mon corps… ceci est mon logiciel

Orlan
2011 - Al Dante
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Le tatoué

Denys de La Patellière
1968 - Studio Canal
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Je te retrouverai

John Irving
2005 - Seuil
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Une anthropologie du tatouage contemporain

Elise Müller
2013 - L'Harmattan
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Relations de voyages autour du monde

James Cook
1768 - 1779 - La Découverte / Poche
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Blood Sugar Sex Magik

The Red Hot Chili Peppers - 1991 - Warner Bros

Jusqu’à ce cinquième album depuis leur formation à Los Angeles en 1983, le “punk funk” des Red Hot était vu comme une excentricité hollywoodienne. Fini de rire quand ils s’associent au producteur Rick Rubin, pionnier de toutes les fusions depuis qu’il a fait travailler les vétérans d’Aerosmith avec les rappeurs de Run-DMC (Walk This Way, 1986) : le disque, sorti le même jour que Nevermind, résiste à la Nirvanamania et devient un succès planétaire (15 millions d’exemplaires vendus). Les tatouages font partie intégrante de l’identité de ce groupe, célèbre pour se déshabiller sur scène : ceux que l’on voit sur les photos de la pochette (signées du cinéaste Gus Van Sant) sont ceux des musiciens.

Rum Sodomy and the Lash

The Pogues - 1985 -

Une pochette rappelant fortement Le Radeau de la Méduse, un titre venu d’une citation attribuée à Churchill (« La tradition navale britannique ? Rien d’autre que rhum, sodomie et coups de fouet »), des uniformes de la Royal Navy au dos de la pochette, des chansons de marins... Ce deuxième album, parfumé aux embruns, a fait décoller la carrière des Pogues, Londoniens d’origine irlandaise, parrainés par les Clash et Elvis Costello. Au son des instruments celtiques revisités par l’énergie punk, défilent les images de docks et de marins en escale, le temps d’une pinte de plus, d’une autre fille et d’un nouveau tatouage...

Cry-Baby

John Waters - 1990 -

Issue des codes des gangs, la larme sur le visage signale qu’un proche a été vengé dans le sang. Avant de s’en faire tatouer une en prison, le délinquant Wade Walker (Johnny Depp) est déjà surnommé Cry-Baby, car une seule de ses vraies larmes suffit à faire fondre les filles. Avec ce film musical, histoire d’amours adolescentes perturbées par une guerre des gangs dans l’Amérique des années 50, le réalisateur John Waters a confirmé, après Hairspray (1988), son passage d’un cinéma underground (ses films précédents, avec la drag queen Divine, étaient souvent classés X) aux gros budgets hollywoodiens, sans renoncer à son univers déjanté, parodique et aussi clinquant que West Side Story, auquel il se réfère constamment.

Tatouage

Manuel Vasquez Montalban - 1974 - Points policiers

Dans ce polar écrit en 15 jours, l’écrivain barcelonais (1939-2003) invente son personnage fétiche, le privé Pepe Carvalho. Sa première enquête : découvrir l’identité d’un noyé retrouvé nu, le visage dévoré par les poissons, avec pour seul signe distinctif, un tatouage dans le dos. Au fil de ce premier épisode de la saga Carvalho (15 romans et 6 recueils de nouvelles suivront), on redécouvre aussi que dans les années 70, le tatouage était devenu totalement confidentiel, les jeunes marins l’ayant délaissé et les repris de justice rechignant désormais à s’affubler de signes particuliers trop voyants...

Les promesses de l’ombre

David Cronenberg - 2007 -

Enquête au sein des mafias russes, ce thriller est aussi un reportage sur la tradition du tatouage dans les milieux criminels. Signe d’appartenance à tel gang ou telle “famille”, véritable pedigree pour se faire respecter en prison et inspirer la crainte dehors (Viggo Mortensen, premier rôle en homme de main, raconte qu’un soir de tournage, dans un bar, ses mains encrées ont fait fuir un couple de Russes...), la piqûre à l’aiguille est aussi la mise en scène de la résistance à la douleur. Et pour ce cinéaste obsédé par la question du corps – transformé dans La mouche (1986), blessé dans Crash (1996) –, ces marques ne sont pas là pour le décorum, mais bien au cœur du film.

La nuit du chasseur

Charles Laughton - 1956 - MGM/United Artists

Le tatouage le plus célèbre de l’histoire du cinéma ! En pasteur prêt à tout pour un magot, dont seuls deux orphelins connaissent la cachette, Robert Mitchum fait un formidable numéro lorsqu’il illustre la lutte du Bien et du Mal à l’aide de ses mains tatouées des mots LOVE et HATE. En plus de ce moment d’anthologie, cette mise en scène du manichéisme livre la clé pour explorer un film tout entier bâti sur des oppositions visuelles et thématiques : adultes et enfants, jour et nuit, tournage en studio contre extérieurs (plusieurs scènes de nature sont le fruit de savants jeux de lumières et de décors)… Sans oublier de remarquer que cette fable, sur la violence américaine, est signée d’un Britannique : l’acteur Charles Laughton.

Hitman : Absolution

- 2012 -

Depuis 2000, la série de jeux vidéo Hitman met en scène l’Agent 47, un tueur à gages cloné avec l’ADN des cinq plus dangereux criminels de la planète, et qui tient son nom du code-barres tatoué à l’arrière de son crâne. Dans un monde contemporain où l’on ne sait plus qui est qui (entre clones et humains, mais aussi entre organisations criminelles et agences gouvernementales...), seul ce signe distinctif permet de le reconnaître à coup sûr, parmi une foule d’agents doubles et autres traîtres. Or, dans ce dernier épisode en date, il fait disparaître sa fameuse marque...

Tatoueurs, tatoués

- Jusqu'au 18 octobre 2015 - Exposition au Musée du quai Branly

Sans doute parce qu’un tatouage est fait pour durer, le musée des arts premiers abritera ce parcours très complet, jusqu’en octobre… 2015. On plongera dans 5000 ans d’Histoire pour appréhender le tatouage dans toutes ses dimensions (religieuse, ethnique et même spectaculaire puisque bien des “porteurs d’encres” furent des phénomènes de foire), mais aussi comprendre son dialogue permanent avec le monde de l’art et enfin, découvrir au travers d’œuvres inédites, la créativité des tatoueurs contemporains.

Dernier été du vieux monde

Jean-Luc Navette - 2012 - Noire Méduse

A l’heure où les tatoueurs se revendiquent artistes, cet illustrateur lyonnais, lui, s’est mis à manier l’aiguille au début des années 2000. Comme d’autres représentants du tatouage graphique, son travail sur la peau s’affranchit des codes traditionnels de ce milieu pour y appliquer le style qu’il continue à distiller sur papier : des images en noir et blanc, précises et denses (il y a toujours beaucoup à voir dans un Navette) et dont l’inspiration, souvent musicale, vient aussi bien des affiches du blues et de la country américaine, d’il y a un siècle, que de la scène rock alternative des années 90.

Tattooisme 2

Frédéric Claquin - 2013 - Herscher

Si, au moment de vous tatouer, l’inspiration vous manque, ce beau livre fera office de catalogue. Il présente le travail de 30 tatoueurs contemporains, dont la moitié opère en France, sans commentaires mais avec force photographies de leurs œuvres. L’ouvrage fait suite à un premier volume édité sur le même principe en 2011, aujourd’hui épuisé. Une bible qui vous évitera de repartir du salon avec un papillon, un dauphin ou un énième motif ethnique vu partout...

Ceci est mon corps… ceci est mon logiciel

Orlan - 2011 - Al Dante

Même si son travail ne se réduit pas à cela, cette artiste française, née en 1947, est célèbre pour sa définition de ce qu’elle appelle “l’art charnel”, un travail d’autoportrait réalisé sur le visage, dans lequel c’est l’intervention chirurgicale (et non le résultat esthétique) qui fait performance. Elle-même, dans les années 90, s’est fait poser divers implants aux tempes, opération retransmise en direct dans plusieurs galeries à New York, Tokyo... et Paris, au Centre Pompidou. Ce livre détaille ses conceptions, qui informent les transformations corporelles, encore marginales, plus radicales que le tatouage, mais de plus en plus pratiquées.

Le tatoué

Denys de La Patellière - 1968 - Studio Canal

Ne boudons pas notre plaisir ! La réunion de Jean Gabin et Louis de Funès devant la caméra du faiseur Denys de La Patellière n’a pas changé l’histoire du cinéma, mais le tandem de monstres sacrés cabotine sans retenue et le scénario alimente, mine de rien, une vraie réflexion sur le statut artistique du tatouage : Gabin, ancien légionnaire, porte dans le dos un encrage signé Modigliani que de Funès, marchand d’art, parvient à vendre à deux collectionneurs américains. Mais comment livrer l’œuvre à ses acheteurs ? Au fil de rebondissements burlesques, elle livrera ses secrets sur le véritable passé du vieux militaire...

Je te retrouverai

John Irving - 2005 - Seuil

Le jeune acteur Jack Burns part à la recherche de son père disparu lorsqu’il avait quatre ans. Guidé par sa mère tatoueuse, il reconstitue le parcours planétaire de ce géniteur qui, de salon en salon, a fini par se faire un “corps complet”, pratique qui consiste à encrer le moindre centimètre carré de son épiderme. Avec cette enquête historique et intime à la découverte d’une “sous-culture” universelle, l’auteur du Monde selon Garp renouvelle magistralement son goût du roman initiatique.

Une anthropologie du tatouage contemporain

Elise Müller - 2013 - L'Harmattan

Parcours de porteurs d’encres. La thèse de cette galerie de portraits et d’entretiens avec tatoueurs et tatoués d’aujourd’hui : la pratique est un voyage dans le temps. Vers le futur puisqu’il y a toujours une quête d’éternité à s’affubler de marques indélébiles. Mais aussi vers le passé : le tatouage, en se démocratisant, devient certes plus une affirmation individualiste qu’un signe d’appartenance religieuse, ethnique ou corporatiste, mais il conserve un aspect initiatique qui le renvoie à ses antiques fonctions sacrées.

Relations de voyages autour du monde

James Cook - 1768 - 1779 - La Découverte / Poche

S’il a sillonné l’Atlantique Nord, ce capitaine de la Royal Navy est surtout célèbre pour ses trois expéditions dans le Pacifique, entre 1768 et 1779, l’année de sa mort à 50 ans. La connaissance du monde à l’époque des Lumières lui doit beaucoup : exploration des côtes australiennes et néo-zélandaises, découverte de Hawaii, de la Nouvelle-Calédonie... et des tatouages polynésiens. Ses journaux ont popularisé l’utilisation du mot local “tatau”, devenu “tattoo” en anglais, pour désigner ce qu’on appelait jusque-là le “piquâge”. Plusieurs membres d’équipage s’étant fait tatouer sur place, les voyages marquent aussi l’arrivée des motifs “ethniques” sur les peaux européennes...

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