Jeune adulte, je découvre ce film qui parle de quelque chose que, quand on était un jeune homme qui se posait plein de questions sur l’amour, la liberté sexuelle, on voyait peu. Dans Deep End, Jerzy Skolimowski suit le point de vue d’un garçon empêtré dans ses propres maladresses, ses fantasmes, une pudeur sentimentale inavouable à la fin des années soixante où règne encore un virilisme ambiant. On s’y prenait mal, surtout quand on était amoureux d’une fille légèrement plus âgée. Jerzy Skolimowski montre la peur de la sexualité d’un garçon encombré par les normes masculines, à un moment où la sexualité était, et demeure, une chose qui est extrêmement difficile à aborder avec sentimentalité dans ces années de mutation, de changements, avec ce corps dont on ne sait pas trop quoi faire. Deep End, c’est un film qui raconte l’imbroglio du désir dans la tête d’un jeune garçon avec beaucoup de délicatesse, même si la fin est terriblement tragique.