24 janvier 2026
Le chroniqueur Marcello fait le tour des lieux à scandale pour alimenter les potins d'un journal à fort tirage. Il rencontre une faune corrompue et dérisoire qui feint de s'amuser et dissimule mal son ennui… Avant de s’expatrier à New York et d’y rencontrer Andy Warhol et le Velvet Underground, Nico a fait une carrière de mannequin et d’actrice en Europe. Son apparition dans La Dolce Vita où elle donne la réplique à Marcello Mastroiani révélait déjà une forte présence.
Lorsque Lou Reed fit ses études de littérature à l’université de Syracuse, où il devint proche de son professeur Delmore Schwartz, poète et prolifique auteur de nouvelles. Les six récits réunis dans le recueil L’enfant est la clé de cette vie, racontent la vie d’une famille juive à New York entre 1910 et 1945. Des chroniques et des descriptions qui peuvent passer de la simple observation au fantastique et à l’onirique. European Son, chanson du premier album du Velvet Underground, est dédiée à Delmore Schwartz décédé en 1966.
Cathy Whitaker est une épouse docile et fidèle. Quand elle découvre l’homosexualité de son mari, c'est vers son jardinier noir qu'elle se tourne. Mais dans l'Amérique des années 50, peut-on aimer un homme d'une autre couleur et d'un autre milieu ? Dans le cinéma de Todd Haynes il y a la veine musicale avec Velvet Goldmine (1998), I’m Not There (2007) et aujourd’hui The Velvet Underground. Il y a aussi ses sublimes mélos inspirés par les films flamboyants de Douglas Sirk et notamment Tout ce que le ciel permet (1955) auquel Loin du Paradis est un sublime hommage. Une veine qui évoque cette Amérique bien-pensante et corsetée des années 50 dans laquelle l’homosexualité et les relations entre gens de couleurs différentes sont bannies. L’Amérique dans laquelle a grandi Lou Reed.
Garçon sage natif du Massachusetts, Jonathan Richman a formé les Modern Lovers parce qu’il voulait suivre la trace du Velvet Underground qu’il adulait plus que tout. Nous étions en 1970. Deux ans après, il fit produire ses premières chansons par John Cale. L’une d’entre elles, « Roadrunner », allait devenir un classique repris par les pionniers du punk. Cet album réunit les premiers enregistrements des Modern Lovers, une sorte de Velvet Underground avec un peu plus de couleurs.
Trente-cinq années après sa sortie, l’album The Velvet Underground & Nico fascine encore et, génération après génération, on ne compte plus les musiciens qui se sont essayés à l’exercice - parfois périlleux - de la reprise. Nouvelle éclatante démonstration avec Michael Stipe, Matt Berninger, Kurt Vile, Fontaines D.C, Iggy Pop, ou encore St.Vincent.
Le premier album du Velvet Underground est un flop commercial et critique à sa sortie en 1967. Combinant de manière inédite mélodies pop, instrumentation expérimentale de John Cale (influencé par La Monte Young et John Cage), charme nébuleux de l’ex-mannequin et chanteuse allemande Nico, paroles sombres de Lou Reed décrivant drogue, prostitution, masochisme et le monde étrange de la Factory, sans oublier la célèbre banane d’Andy Warhol sur la pochette, c’est un des albums les plus riches et novateurs de l’histoire du rock ainsi qu’un des hybrides pop les plus fascinants.
Le quatrième album du Velvet Underground, enregistré pendant l’été 1970 sans John Cale qui a quitté le groupe deux ans auparavant, devait - selon Ahmet Ertegun le légendaire patron du label Atlantic qui venait de signer le groupe - être « chargé en hits » (loaded with hits). Les chansons accrocheuses étaient là (Sweet Jane, Rock’n’Roll), la production avait été finement travaillée, mais cela ne changea pas grand-chose : comme avec ses disques précédents, le groupe se heurta à la quasi indifférence du public.
Dans ce film, six acteurs différents (Marcus Carl Franklin, Ben Whishaw, Heath Ledger, Christian Bale, Richard Gere et Cate Blanchett) incarnent des personnages imaginaires fortement inspirés par Bob Dylan à différentes périodes de sa vie. Ainsi, c’est Cate Blanchett qui joue le rôle de Jude Quinn, un personnage qui ressemble au Dylan des années 1965/1966, au moment où il abandonne le folk de ses débuts pour un rock électrique décapant. Résultat : un film d’une liberté rarement vue pour une biographie et une bande son exceptionnelle composée de reprises interprétées par Sonic Youth, Cat Power ou Calexico… tous transportés par la puissance des versions originales.
Les Beatles et le Velvet Underground sont les deux extrémités d’une échelle sur laquelle se mesurerait la popularité des artistes auprès du grand public. L’hystérie d'un côté, l’indifférence de l'autre. Et pourtant, les Beatles et le Velvet Underground influencèrent des générations de musiciens et continuent de fasciner des cinéastes qui pourraient être leurs enfants. Peter Jackson (les trilogies du Seigneur des anneaux et du Hobbit) s’est penché sur l’enregistrement de ce qui restera le dernier album des Beatles, bientôt suivi par le fameux concert sur le toit du studio Apple. Quand ce documentaire sortira en vidéo on le rangera sur la même étagère que One+One de Jean-Luc Godard, du film de Martin Scorsese consacré à George Harrison, ou encore Don’t Look Back le documentaire de D.A. Pennebaker sur Bob Dylan. Liste non exhaustive.
C’est en 1964 que David Hockney découvre la côte ouest des Etats-Unis. Un an auparavant, Andy Warhol avait traversé le continent d’est en ouest, avant de retourner à New York et d’y installer la Factory. Un voyage au cours duquel il avait découvert l’Amérique profonde, couverte de néons et de panneaux publicitaires, qui allaient tant inspirer une partie de sa peinture et le pop art auquel on a, un peu trop rapidement, rattaché David Hockney.
Entre son enfance au Pays de Galles, époque où il découvre à la fois Elvis Presley et la musique contemporaine, et la reformation du Velvet Underground dans les années 90, John Cale aura fait beaucoup de choses. Dans cette autobiographie passionnante, il raconte tout : son arrivée à New York, sa rencontre avec Lou Reed, le Velvet et Andy Warhol, son travail de producteur sur de nombreux disques marquants, comme ceux des Stooges ou de Patti Smith. Une vie aventureuse de musicien aventureux.
Documentaire de Tod Haynes sur le Velvet Underground, raconté à travers les vibrations du cinéma expérimental New-Yorkais - Jonas Mekas, Warhol bien sûr, Jack Smith, Maya Deren... Splendide travail visuel, de montage, une élégance et un raffinement visuels enivrants - jusque dans les interviews, passage le plus casse gueule des documentaires musicaux. On glisse comme sur une rivière le long les courants sombres qui ont agité le groupe autour de son astre noir, Lou Reed.