Vive la Culture ! c'est 738 sélections et 8662 oeuvres choisies à la main.

Magique Belgique

la playlist

En partenariat avec

« De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont le plus brave », disait déjà Jules César. Vingt siècles plus tard, on ne le contredira pas : coincés au carrefour de l’Europe, mais ainsi exposés aux vents de toutes les influences, nos cousins en ont conçu le goût de l’audace, des trésors de créativité qui n’ont pas cessé de s’illustrer en France et d’y irriguer notre culture, quand ils ne lui fournissaient pas ses vedettes sportives ou artistiques. De Brel à Stromae en passant par l’électro, de l’art moderne à la BD et de Simenon aux frères Dardenne, promenade dans un immense petit pays.

Le livre des frites

Anne de La Forest, Guillaume Czerw
2013 - Hachette
En savoir plus

Astérix chez les Belges

Goscinny, Uderzo
1979 -
En savoir plus

Ca s'est fait comme ça

Gérard Depardieu, Lionel Duroy
2014 - XO
En savoir plus

The Sound of Belgium

Jozef Devillé
2012 - Visualantics
En savoir plus

L'ami ostendais de Marvin Gaye

Richard Olivier
2004 - Editions Christian Pirot
En savoir plus

L'emmerdeur

Edouard Molinaro
1973 -
En savoir plus

Choco

TC Matic
1983 -
En savoir plus

Stupeur et Tremblements

Amélie Nothomb
1999 - Livre de poche
En savoir plus

CoBrA

Michel Draguet
2008 - Hazan
En savoir plus

James Ensor au Musée d'Orsay

Collectif
2009 - Beaux-Arts Editions
En savoir plus

Six enquêtes de Maigret

Georges Simenon, Loustal
2014 - Omnibus
En savoir plus

C'est arrivé près de chez vous

Rémy Belvaux
1992 -
En savoir plus

Deux jours, une nuit

Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne
2014 - Diaphana
En savoir plus

Le duel Tintin / Spirou

Hugues Dayez
1997 - Editions Luc Pire
En savoir plus

Merckx / Ickx 70 ans

Exposition au Trade Mart Brussels
Jusqu'au 21 juin 2015 -
En savoir plus

Le livre des frites

Anne de La Forest, Guillaume Czerw - 2013 - Hachette

Une vraie pomme (de terre) de discorde : ce plat devenu universel est-il une création française, datant de l'importation du légume en France par Parmentier à la fin du XVIIIe siècle ? Ou une invention de la Belgique, comme le revendiquent plusieurs de ses historiens ? Sachant que les frites alimentent un bon paquet de nos blagues belges, mais que le monde anglo-saxon les appelle «French fries», nous ne conclurons pas, l'essentiel étant de bien les préparer et de découvrir les mille et une variantes de la recette, grâce à ce livre indispensable.

Astérix chez les Belges

Goscinny, Uderzo - 1979 -

Le bilinguisme et les belgicismes («c'est le sauve qui sait général !»), les frites, les mornes plaines et un petit garçon énurésique, une parodie du récit de Waterloo par Victor Hugo et une autre de Brueghel l'Ancien dans la scène du banquet final... Pour son dernier scénario confié à Uderzo avant sa mort, René Goscinny (1926-1977) a bourré chaque planche de tous les clins d'œil et calembours belges possibles !

Ca s'est fait comme ça

Gérard Depardieu, Lionel Duroy - 2014 - XO

L'exil belge a longtemps été, pour les Français, une affaire de liberté. Un moyen d'échapper à la répression (Victor Hugo en 1851, après le coup d'Etat de Bonaparte, mais aussi Boulanger, le général antirépublicain, en 1889), un endroit où publier ce que la censure réprouvait chez nous (entre autres, les Chants de Maldoror de Lautréamont en 1869, Une Saison en enfer de Rimbaud en 1873, certains textes de Jean Genet...). C'est désormais une question d'optimisation fiscale, pour les artistes comme pour les grandes fortunes. Avant de devenir citoyen russe, Gérard Depardieu s'est ainsi installé fin 2012 à Néchin, à un kilomètre de la frontière française, où il est voisin de la famille Mulliez (les propriétaires d'Auchan). Ce long entretien transcrit par le romancier Lionel Duroy rappelle pourtant que ce monstre sacré au parcours étonnant est bien plus qu'un simple exilé fiscal.

The Sound of Belgium

Jozef Devillé - 2012 - Visualantics

Carrefour de la new wave européenne à l'époque des TC Matic d'Arno, la Belgique y ajoute quelques années plus tard l'effervescence acid house pour devenir (dans les boîtes d'Anvers, notamment) le laboratoire du new beat, un genre électro ultra créatif et très fécond puisqu'il donnera naissance à de multiples sous-genres dans les années 90. Ce documentaire récent, en VOD sur Arte, en retrace soigneusement la passionnante histoire.

L'ami ostendais de Marvin Gaye

Richard Olivier - 2004 - Editions Christian Pirot

En 1980, le prince de la Motown est au plus mal : divorce difficile, carrière en berne, cocaïne plein le nez et fisc aux fesses, il s'enfuit à Londres. C'est là que Freddy Verdussen, un simple fan de musique noire, restaurateur à Ostende, le trouve et lui offre une porte de sortie. Pendant près de deux ans, il l'héberge, le requinque à coups de bons petits plats et de jogging. Pendant cette retraite belge, Marvin Gaye écrit l'album de son come-back, « Midnight Love » (avec le tube « Sexual Healing », 1982). Richard Olivier, qui avait à l'époque tourné un documentaire sur cet exil, raconte ici cette rencontre incongrue qui finit mal : son Dieu reparti vers la gloire, Freddy sombre dans la folie ; Marvin Gaye, lui, tombera deux ans plus tard sous les balles de son propre père.

L'emmerdeur

Edouard Molinaro - 1973 -

Pour replonger dans l'œuvre du Grand Jacques, on se reportera à l'intégrale Barclay (15 CD, 193 titres de 1954 à 1977), et pour suivre les méandres de sa vie à la seule biographie correcte (celle d'Olivier Todd, «Une vie», chez Robert Laffont). Mais il faut (re)voir cette comédie pour prendre la (dé)mesure du personnage. En VRP cocu (première apparition de «François Pignon», le personnage récurrent du scénariste Francis Veber) dont la dépression suicidaire contrarie les plans d'un tueur à gages (Lino Ventura), Brel crève l'écran de sa présence et de ses outrances, un numéro rodé dès 1950 dans les cabarets bruxellois, avant sa carrière française.

Choco

TC Matic - 1983 -

A 65 ans, sa longue carrière et sa voix aussi déglinguée que ses textes (en anglais, français ou néerlandais) ont fait de lui un monument, le «Tom Waits belge». Mais avant d'incarner le chanteur beat à la sauce européenne, ce natif d'Ostende s'est trouvé au cœur de la révolution new wave, à l'époque où Bruxelles, comme Paris, louchait vers Londres et New York pour dépoussiérer le rock. Actifs de 1977 à 1986, ses TC Matic montrent sur ce troisième album qu'ils ont digéré les premiers disques de Talking Heads, XTC... et sonnent souvent comme le Bashung de Play Blessures (1982). La perle : le morceau «Putain Putain», récemment repris par Arno en duo avec son compatriote Stromae...

Stupeur et Tremblements

Amélie Nothomb - 1999 - Livre de poche

Fille d'un diplomate belge, élevée à Bruxelles puis en Asie au gré des postes paternels (Japon, Chine, Bangladesh, Birmanie...), Amélie Nothomb anime les rentrées littéraires parisiennes avec un livre par an depuis 1992. Récompensé par le Grand prix de l'Académie française, ce roman (adapté au cinéma par Alain Corneau) est l'un de ses meilleurs. La trame est autobiographique : Amélie, une jeune femme belge, retourne au Japon, où elle a grandi, pour travailler dans une grande entreprise locale. Mise en scène d'un choc culturel, mais aussi d'une déchéance fantasmée (la jeune femme est peu à peu rétrogradée jusqu'au rang de «dame pipi») et d'une quête des souvenirs d'enfance, ce triple voyage est du grand Nothomb.

CoBrA

Michel Draguet - 2008 - Hazan

L'existence de ce mouvement fut brève (1948-1951) mais féconde. Tenant son nom des villes d'origine de ses principaux membres, les peintres Asger Jorn (Copenhague), Pierre Alechinsky (Bruxelles) et Karel Appel (Amsterdam), ce groupe appelait à revenir aux sources de l'art primitif, préhistorique et médiéval pour mieux surmonter le récent désastre de 1939-1945, vu comme une preuve de la décomposition du monde moderne. Venus du surréalisme dont ils rejettent la rigidité idéologique, tout comme le carcan de l'art engagé au côté de l'URSS, les membres de CoBrA privilégient une création spontanée, pluridisciplinaire, souvent collective et libérée du milieu de l'art parisien. C'est d'ailleurs à Bruxelles, en 1951, que certains d'entre eux participeront avec Guy Debord à la création de l'Internationale lettriste, la matrice du mouvement situationniste.

James Ensor au Musée d'Orsay

Collectif - 2009 - Beaux-Arts Editions

Né et mort à Ostende, James Ensor (1860-1949), qui n'a presque plus peint passé la trentaine, est le chaînon manquant entre la tradition flamande et l'art moderne. Ses scènes de foules, de carnaval, de défilés populaires (en 1889, dans son « Entrée du Christ à Bruxelles », on voit une banderole « Vive la sociale »...), trouvent leurs sources chez Jérôme Bosch ou Brueghel l'Ancien. Mais dès 1883, il fonde le cercle avant-gardiste « Les Vingt », partisans d'une « libre esthétique » en peinture comme en musique et en littérature (le sculpteur Rodin les rejoindra en 1889) et peu à peu, son sens du grotesque, ses personnages déformés par sa subjectivité, annoncent, comme Edvard Munch et Vincent Van Gogh dont il est contemporain, l'expressionnisme et le surréalisme du XXe siècle.

Six enquêtes de Maigret

Georges Simenon, Loustal - 2014 - Omnibus

Quoi de belge chez le créateur de Maigret, le plus français des flics de papier, installé à Paris dès l'âge de dix-neuf ans ? Les connaisseurs de Georges Simenon (1903-1989) et de son Liège natal jurent pourtant que l'esprit de la ville (qui lui consacrera bientôt un musée) traverse son abondante production, notamment l'œuvre autobiographique (Pedigree, dès 1945), comme un sens de l'observation aigu mais détaché face à la noirceur du monde. Les illustrations de Loustal, dessinateur venu de la BD, le plus belge des arts, vont en tout cas comme un gant à cet univers.

C'est arrivé près de chez vous

Rémy Belvaux - 1992 -

Ce vrai-faux reportage en noir et blanc sur les tribulations du tueur à gages Ben (le premier rôle au cinéma de Benoît Poelvoorde) a fait un triomphe à Cannes en mai 1992, puis en salles. Etonnant pour ce qui était le film de fin d'études de Rémy Belvaux (dont le frère Lucas est également acteur et réallisateur). Un succès sorti de nulle part, féroce et dérangeant, où l'on bascule vite de l'humour noir des situations et répliques culte vers une forme de malaise voyeuriste, à la manière de l'équipe de journalistes du film, qui perd peu à peu toute distance avec son monstrueux sujet. Comme en épilogue à son chef d'œuvre désespéré, Rémy Belvaux, brillamment reconverti dans le cinéma publicitaire, a mis fin à ses jours en 2006, à 39 ans.

Deux jours, une nuit

Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne - 2014 - Diaphana

Avec dix films coréalisés en une quinzaine d'années, dont deux Palmes d'Or à Cannes (Rosetta en 1999 et L'Enfant en 2005), ces deux natifs de la province de Liège ont mis la Belgique sur la scène du cinéma mondial, sans jamais démordre de leurs méthodes (indépendance de la production et attachement aux décors de leur région natale) ni de leur rigoureuse fibre «sociale», qui les classe du côté des britanniques Ken Loach et Mike Leigh, le manichéisme en moins. Leur dernier film, pour lequel Marion Cotillard était nommée à l'Oscar de la meilleure actrice 2015, met ainsi en scène une employée dépressive dont le retour à l'emploi va dépendre du verdict de ses collègues.

Le duel Tintin / Spirou

Hugues Dayez - 1997 - Editions Luc Pire

Ce livre (introuvable sauf en téléchargement gratuit) retrace l'un des plus curieux phénomènes artistiques du siècle écoulé : comment, au côté des comics américains et des mangas japonais, la BD européenne s'est trouvée deux capitales rivales... en Belgique, à 60 km l'une de l'autre. A Bruxelles, autour du Tintin de Hergé, est née la «ligne claire» à la postérité fameuse, de E.P. Jacobs à Yves Chaland ; à Charleroi, autour du Spirou créé par Rob-Vel puis repris par Jijé, «l'école de Marcinelle» (un quartier de la ville) qui donnera Franquin (Spirou, Gaston Lagaffe, Idées Noires...), Morris (Lucky Luke) ou Peyo (Les Schtroumpfs...). Dans les années 50 et 60, chacun avait son hebdomadaire à grand tirage (notamment en France) et ses auteurs maison. Via l'hebdo «Pilote», créé en 1959, la BD française d'aujourd'hui doit presque tout à la guéguerre entre les fans du reporter et ceux du groom...

Merckx / Ickx 70 ans

Exposition au Trade Mart Brussels - Jusqu'au 21 juin 2015 -

Ces deux champions ont bien plus en commun que d'avoir un prénom en « y », un nom en « ckx », et 70 ans cette année : ils incarnent la capacité de ce pays minuscule à s'imposer parmi les grands en produisant dans tous les domaines des légendes et des révolutions. A l'heure du séparatisme entre Flamands et Wallons, ils restent des emblêmes (Merckx est issu d'une famille mixte, Ickxx du melting pot bruxellois), et surtout des champions simples, dont l'étonnant palmarès (525 victoires dont 5 tours de France, 6 victoires aux 24 Heures...) a été dépassé, mais l'image «populaire» jamais égalée. Cette expo vous entraînera dans leurs biographies, leurs garages (vélos et bolides sont en bonne place) et leurs archives, au « café des Sports » reconstitué. Le meilleur endroit pour revivre les exploits du « Cannibale » et de « Mister Le Mans »...

se connecter

Créer votre compte

Vous aurez la possibilité de créer votre médiathèque et sauvegarder les oeuvres de nos sélections
Voulez-vous vous inscrire à notre Newsletter hebdomadaire ?