« Vivre dans le feu est le dernier opus d’une fresque qu’Antoine Volodine a commencée en 1985 avec Biographie comparée de Jorian Murgrave, et dont il a lui-même annoncé clore le cycle qu’il signe de ce nom, Antoine Volodine, l’un des porte-parole de la littérature post-exotique également représentée par Manuela Draeger, Elli Kronauer, Lutz Bassmann… en fait Antoine Volodine lui-même. La littérature post-exotique c’est une œuvre collective composée de dissidents et dissidentes, de prisonniers prisonnières, combattant.e.s, et révolutionnaires. Vivre dans le feu s’ouvre sur un bombardement au napalm. Sam, le protagoniste, sait qu’il lui reste deux ou trois secondes à vivre, le temps nécessaire pour narrer son histoire sous la forme d’un roman. On retrouve une lignée de chamans, comme souvent dans les livres d’Antoine Volodine, qui forment Sam à la technique qui permet de vivre dans le feu, pratique utile pour lui dans la situation dans laquelle il se trouve, et pour nous lecteurs parce qu’il y a un aspect allégorique dans ce feu. Il y a évidemment quelque chose de politique dans les livres de Volodine. Il y a l’intensité de l’art et de la poésie, un rapport à la magie, mais aussi la nécessité de ne jamais se laisser enfermer dans aucune case, aucun genre, aucune catégorie, une chose à laquelle je tiens également beaucoup. Antoine Volodine est un monument. »