Les tableaux de Lichtenstein semblent avoir été produits industriellement. Cette reproduction mécanique et anonyme d’objets graphiques est une continuation (affaiblie) des ready-made de Marcel Duchamp. Là où Dada révolutionnait la définition de l’œuvre d’art et ébranlait fondamentalement les institutions artistiques, le pop art se contente de poser les objets plaisamment colorés de la société de consommation, à peine retouchés, dans les musées. Dès les années trente, le théoricien allemand Walter Benjamin s’était interrogé sur la transformation du concept d’authenticité artistique due aux techniques modernes de reproduction.