Le thriller politique devient un genre très en vogue à partir des années soixante. Il faut dire qu’à cette époque, les thématiques ne manquent pas : guerre froide, sentiment de complot (alimenté par les assassinats de John et Bob Kennedy), scandale du Watergate… le climat est anxiogène. Du coup, le combat d’un homme seul contre une organisation criminelle secrète aux allures de rouleau compresseur devient un thème récurrent de la littérature et du cinéma de l’époque. Robert Redford y trouvera quelques-uns de ses meilleurs rôles, et des écrivains comme Frederick Forsyth (Le Dossier Odessa), ou des cinéastes comme John Frankenheimer (Sept jours en mai), exploiteront brillamment le filon, parfois – comme dans le cas du très prolixe Robert Ludlum – jusqu’à la corde.