« On a découvert ce film dans un festival de film numérique à Lyon au début des années 2000 alors qu'il n'avait toujours pas de distributeur en France. Et on a immédiatement été séduites par le geste de Jonathan Caouette. Le fait qu'il se filme lui-même, avec toutes sortes de caméras, et qu'il filme sa mère et sa maladie mentale depuis qu'il était enfant, pendant des années, puis qu’il fasse lui-même le montage, c'était une révolution. A l'époque, les caméra mini-dv venaient d'apparaître et nous faisions des courts-métrages à l'arrache avec notre bande d'amis. Grâce à notre rencontre avec le producteur Louis Becker, on allait bientôt tourner notre premier long-métrage Foon avec un mini-budget. Mais ce qu'avait fait Jonathan Caouette avec Tarnation, un long-métrage sans scénario, sans acteurs, sans argent, ça nous a fasciné et donné envie de faire la même chose. Nous avons réfléchi dans ce sens pendant des années. Il fallait trouver une histoire qui se prête à être filmée avec une mini-caméra sur le vif. En cinéma direct. Mika ex Machina s'est imposé à nous. Nous ne savions pas où on allait mais Tarnation nous accompagnait. » D.S.