« C’est un film qui m’a marqué profondément. Au début des années soixante, Mikhaïl Kalatozov est envoyé à Cuba faire un film à la gloire des révolutionnaires, une critique de cette vie tapageuse que menaient les américains avant la révolution castriste. Mais Kalatozov filme tellement bien les Américains avec leurs cigares, les femmes élégantes et la musique, autant de sujets censés représenter une vie de stupre et de péchés, que l’on sent la fascination du cinéaste à filmer ces scènes ! Et puis il y a ces plans séquences très longs, magnifiques, notamment celui, sidérant, d’un enterrement filmé au départ au niveau du cortège, puis la caméra s’élève jusqu’à une terrasse, traverse la rue, passe à travers un atelier de confection de cigares et ressort pour retrouver la procession. Un travail sur le dedans et le dehors qui illustre les différentes strates de la réalité. »