« Il y a longtemps j’ai fait une école de jazz, mais j’étais trop énervé ou trop nerveux pour bien apprendre à cette époque. Pour moi, les grands improvisateurs, que ce soit Charlie Parker, Django Reinhardt ou Wes Montgomery, se promènent dans l’harmonie comme sur un relief, avec des pentes, des âpretés, des cavités, des tunnels, des plaines, du ciel, des complications… C’est tout un monde avec des sentiers plus ou moins aisés à emprunter, et avec l’improvisation il faut vite choisir son chemin. Quand tu vois ce que certaines musiciennes ou musiciens sont capables de faire dans ce domaine, tu te demandes ce que ça serait si cette virtuosité était transposée dans le langage articulé. J’ai beaucoup écouté Wes Montgomery pour ça, pour comprendre ce que c’est que l’improvisation d’un point de vue nerveux, d’expérience physique. S’il existe quelqu’un ou quelqu’une qui arrive à incarner la notion de prodige, Wes Montgomery en est un. »