Run Devil Run
Paul McCartney
Parlophone
1999
Une superstar rend hommage aux disques de sa jeunesse : depuis Bowie (
Pin Ups, 1973) et Lennon (
Rock'n'Roll, 1975), l'exercice est convenu. McCartney s'y était lui-même déjà livré en 1988 (
Back in the USSR). Mais cet album est différent : sous couvert de nostalgie, accompagné par des requins de son âge (David Gilmour de Pink Floyd et Ian Paice de Deep Purple), l'ex-Beatles exorcise ici l'un des pires moments de sa vie, le décès de sa première femme, la photographe Linda Eastman (1941-1998). Il reprend les plus grands (Elvis, Carl Perkins, Fats Domino...), mais choisit des morceaux presque inconnus. Il ressuscite des artistes oubliés (« No Other Baby » du groupe de skiffle The Vipers). Et il rappelle à coups de hurlements, échos et hoquets qu'il n'est pas seulement un chanteur de douces ballades, mais aussi un immense aboyeur de rock'n'roll. Poignant et réjouissant à la fois.
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