Rue du Havre
Ce roman, qui n’est pas le plus connu de l’auteur des
Choses de la Vie, m’a saisi par la manière que Guimard a d’enchevêtrer les destins comme un marionnettiste alors qu’ils n’ont rien à voir les uns avec les autres. Le narrateur est un SDF qui vend des billets de loterie sur le trottoir. Tous les matins, il voit, dans la foule que déverse la gare Saint-Lazare, une jeune femme et il s’imagine sa vie. Onze minutes plus tard dans un autre flot de voyageurs, apparaît un jeune homme dont il imagine également la vie. Et il en conclut que ces deux personnes sont faites pour être ensemble, s’aimer. Mais elles sont séparées par onze minutes. Le narrateur décide donc d’être l’instrument du destin. C’est très beau et j’ai compris qu’un roman pouvait être un tour de magie, que des personnages, qui n’ont rien demandé, se retrouvent à vivre, exister et voient le cours de leur vie changer. Je l’ai lu vers 15, 16 ans sans penser que j’écrirais un jour.
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