Rothko : Rêver de ne pas être
Stéphane Lambert
Arléa
2014
Avec « Carré noir » (1915), Malévitch va donner à la peinture le coup de grâce et la renouveler tout à la fois. A la fin des années 40, c’est aux Etats-Unis que des artistes vont s’emparer de l’acte de peindre en se libérant des grands courants européens, et inventer une peinture à l’échelle de ce pays et de cette ville-monde qu’est New York. Mark Rothko (né en Russie en 1903) se réapproprie alors le monochrome pour en faire un grand champ coloré qui doit aussi ouvrir à une expérience intérieure. L’une des œuvres maîtresses de Rothko est l’ensemble des toiles qu’il a peintes pour répondre à une commande du Four Seasons, un restaurant huppé new-yorkais, mais qu’il refusera finalement de livrer. Pour notre bonheur, on peut les voir à la Tate Modern, à Londres, dans une salle spécialement aménagée. Malévitch a inventé le suprématisme et Rothko, qui se suicidera en 1970, se voyait comme :
« le pessimiste suprême ».
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