Road to death
C’est une exposition photo. Le projet est le suivant : des photographies de lieux où s’est déroulé un accident de voiture. Par exemple, l’accident de voiture de Françoise Dorléac, l’accident de voiture de Fernand Raynaud ou l’accident de moto de Coluche, etc. Ces photos sont accompagnées d’un texte qui raconte précisément les circonstances de l’accident, la vitesse des voitures, les conditions météo… J’ai trouvé assez fascinant le télescopage entre le caractère extrêmement violent, triste, de ce qui s’était déroulé, et le caractère assez paisible des scènes qui sont présentées, ces routes étant vides de toute voiture. Certaines sont belles, certaines sont anodines, banales, rappelant ainsi la banalité de l’existence. Le troisième élément qui me paraissait intéressant dans cette exposition, c’est qu’elle questionne le voyeurisme qui est en nous. J’ai un rapport compliqué avec les photographes, je les adore et je les déteste. Un photographe qui ne serait pas voyeur, c’est comme un cuisinier anorexique : ce n’est pas possible. Là justement, il n’y a rien de voyeur et pourtant, si. Jusqu’au moment où on se demande pourquoi ce type fait cette exposition. Je trouve justement qu’il est intéressant de s’interroger là-dessus.
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