Jack London avait rendu hommage au « hobo », ce déclassé célébré par Woody Guthrie, qui voyage en « brûlant le dur » – sur les essieux des trains. Kerouac, lui, a célébré le « clochard céleste », vagabond et poète. Mais le voyage n’est plus seulement un « agrément » : on est sorti du romantisme de Rimbaud, pour qui la bohème était idéale. Désormais, le routard revendique son déracinement et, lorsqu’il croise d’autres égarés, c’est l’errance, pas toujours heureuse, qui est en partage. Pour l’écrivain, la route est une page blanche qu’il faut remplir, et écrire consiste alors aussi à « trouver le passage ».